Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

ce dans le Littré

2 articles· 108 citations· rimes· synonymes

1ce, cet ; cette ; ces adjectif démonstratif (ce tas, se tas ; cet homme, sè-t homme ; sè-t', au fém. ; sê, au plur. ; l's se lie : ces hommes, dites : sêz hommes)

  1. 1

    • Ce, cet, cette, ces, suivis d'un substantif quel qu'il soit, permettent de le déterminer de nouveau par les adverbes de lieu ci et là. Ce livre-ci, ce livre-là. Cette plume-ci, ces plumes-là.

    • Ce, cette, ces, s'appliquent à ce qui va suivre.

      • Quand la vertu n'aurait que cet avantage de nous mettre à l'abri de toutes les tempêtes des passions Massillon, Carême, Dégoûts
    • Avec un adjectif pris absolument.

      • S'il restait un seul cas à examiner, ce seul suffirait pour empêcher la définition Pascal, Préf. Vide.
    • Avec un adjectif possessif. Ce mien cousin que vous avez vu chez moi. Tournure archaïque et familière.

      • Nous [Constantin] ordonnons que cette notre donation demeure ferme jusqu'à la fin du monde Voltaire, Mœurs, 10

Supplément

Ajoutez : - REM. 1 : Ces fêtes, les fêtes prochaines. 2. D'Alembert a dit : Cette tournure est un latinisme dont Voltaire s'est servi le premier en traduisant une thèse de ses adversaires : Illa, quam dicunt philosophiam, cette, qu'on nomme philosophie.

2ce

  1. 1Il exprime, d'une façon indéterminée, l'idée que celui qui parle a dans l'esprit. C'est beau. C'est agréable. C'était le bon temps. Ce sera un jour de fête. Ce qui est vrai doit être dit. Ce qui est inspiré par le désintéressement est digne de louange.

  2. 2Ce, placé devant le verbe être, ou les verbes devoir, pouvoir, et précédant, ainsi placé, un pronom, un substantif, un verbe, appelle particulièrement l'attention sur ces mots. C'est vous que je demande. C'est le roi qui vient de passer. Ce ne peut encore être les gens que nous attendons. Ce doit être mes tantes et mon oncle.

    • Si jamais homme a été capable de soutenir un si vaste empire, ç'a été sans doute Alexandre Bossuet, Hist. III, 5
    • Ç'a été dans notre siècle un grand spectacle de voir, dans le même temps et dans les mêmes campagnes, ces deux hommes [Condé et Turenne] que la voix commune de toute l'Europe égalait aux plus grands capitaines des siècles passés.... Bossuet, Louis de Bourbon.
    • Ç'aurait peut-être été le signal d'une révolte dans tout le royaume VERTOT, Rév. de Suède, 222
    • Nous regardons ces confessions comme autant de justices envers Dieu ; mais Dieu nous fera voir que ç'ont été d'énormes injustices Bourdaloue, Avent, Sur la pénit. 194
    • Ce sont vingt mille francs qu'il m'en pourra coûter Molière, Mis. V, 1
    • On verra que c'en sont les figures Pascal, Fig. 9
    • C'est vous, mon cher Narbal, pour qui mon cœur s'attendrit FÉNEL., Tél. III
    • Vous avez fait de grandes choses ; mais, avouez la vérité, ce n'est guère vous par qui elles ont été faites FÉNEL., ib. XXII
    • C'est vous, digne Français, à qui je viens parler Voltaire, Zaïre, II, 1
    • C'est de vous que mes vers attendent tout leur prix La Fontaine, Fabl. VII, à Mme de Montespan.
    • Ce n'est plus le jouet d'une flamme servile,C'est Pyrrhus, c'est le fils et le rival d'Achille Racine, Andr. II, 5
    • Ce avec le verbe être et le pronom le, la. Est-ce là votre voiture ? oui, ce l'est. Sont-ce là vos souliers ? ce les sont.

      • Regardez bien, ne les sont-ce pas [vos tablettes] ? oui, ce les sont là elles-mêmes Boileau, Héros de roman.
    • Il est clair que, grammaticalement, ce est sujet, et que par conséquent le verbe être doit être mis au singulier, mais il n'y aura pas d'irrégularité non plus à considérer, par inversion, le nom qui suit comme le sujet, de sorte qu'on pourra à volonté faire accorder le verbe avec ce ou avec le nom. C'est ce que faisait l'ancienne langue qui disait aussi bien c'estes vous que c'est vous. Mais l'usage moderne a mis des exceptions qu'il faut connaître.

    • a. Avec les pronoms moi, toi, nous, vous, le verbe être se rapporte toujours à ce : c'est moi qui le dis ; c'est toi qui le fais ; c'est nous qui le disons ; c'est vous qui le faites.

    • b. Si le nom est au pluriel, le verbe être s'accorde non avec ce, mais avec le nom : ce sont eux qui le veulent.

      • Ce sont les ingrats, les menteurs, les flatteurs qui ont loué le vice Fénelon, Tél. XVIII
    • c. Néanmoins d'excellents auteurs ont conservé l'ancienne liberté de l'accord et ont mis le singulier même en ce cas. Bien qu'en ces cas l'usage moderne soit pour le pluriel, cependant on pourrait encore user de l'ancienne liberté de l'accord et imiter ces auteurs, en des occasions où soit l'oreille, soit le caractère de l'expression y porteraient.

      • Ce n'est pas les Troyens, c'est Hector qu'on poursuit Racine, Andr. I, 2
      • Ce n'était plus ces jeux, ces festins et ces fêtes,Où de myrte et de rose ils couronnaient leurs têtes Voltaire, Henr. X
      • Qui racontera ces détails, si je ne les révèle ? Ce n'est pas les journaux Chateaubriand, De la Censure.
      • Ce n'est pas seulement les hommes à combattre, c'est des montagnes inaccessibles, c'est des ravins et des précipices d'un côté, c'est partout des forts élevés Bossuet, Louis de Bourbon.
      • C'est eux qui ont bâti ces douze palais Bossuet, Hist. III, 3
      • Des reproches à une tigresse, c'est des marguerites devant des pourceaux MADAME GRIGNAN, 9 septembre 1671, dans JULLIEN, Gramm. p. 235
      • C'est elles [les femmes] qui ont accompli votre vœu FÉNEL., Dial. des morts, 35
      • Ce n'est pas les vaines distinctions que l'usage y attache Massillon, Petit Car. dernier sermon
      • Les dieux décident de tout ; c'est donc les dieux et non pas la mer qu'il faut craindre FÉNEL., Tél. VI
    • d. Si ce et être sont suivis de deux ou plusieurs noms, le verbe être s'accorde avec ce, c'est-à-dire se met au singulier. Cependant il n'y aurait pas de faute à mettre le pluriel ; car c'est ici l'affaire non de la grammaire, mais de l'oreille à laquelle il déplairait de trouver, après un verbe au pluriel, un nom au singulier, et qui tout d'abord ne tient pas compte de ce qui suit.

      • Dans les ouvrages de l'art c'est le travail et l'achèvement que l'on considère, au lieu que dans les ouvrages de la nature, c'est le sublime et le prodigieux Boileau, Longin, 30
      • C'est le nombre du peuple et l'abondance des aliments qui font la force et la vraie richesse d'un royaume Fénelon, Tél. XXII
    • e. Si, de ces noms, un était au pluriel, on n'en mettrait pas moins le verbe être au singulier, à moins que le nom au pluriel ne fût le premier : c'est la gloire et les plaisirs qu'il a en vue ; mais : ce sont les plaisirs et la gloire qu'il a en vue.

    • f. Le verbe être se met toujours au singulier, quand une préposition intervient ; ce restant alors l'unique sujet du verbe. C'est pour eux que je travaille. C'est de ces hommes que j'attends du secours.

    • g. C'est du singulier qu'on se sert avec les nombres exprimant les heures. C'est onze heures qui sonnent.

  3. 3Ce dans une phrase interrogative.

    • Les règles sont les mêmes pour l'accord du verbe être que dans le cas précédent ; l'usage moderne veut le pluriel quand le nom est au pluriel. Mais, ici aussi, de bons auteurs ont gardé la faculté de faire accorder le verbe avec ce.

      • Est-ce ces moments que vous accordez à la religion ? Massillon, Pet. Car. Drap.
      • Est-ce eux qui ont incendié ta cabane ? dit Céluta CHAT., Natc. II, 329
  4. 4Ce dans une phrase interrogative avec qui ou que.

    • Ce redoublé.

      • Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce que ce sera ? Qu'est-ce que c'est que vous m'apprenez là ? Qu'est-ce que c'était ? Qu'est-ce que ç'a été ? Qu'est-ce que c'est que cette logique ? Molière, Bourg. II, 6
      • Ce que je parle avec vous, ce que je vous dis à cette heure, je vous demande qu'est-ce que c'est ? Molière, ib. III, 3
    • Ce que c'est que, dans un membre de phrase non plus interrogatif, mais subordonné. Je sais ce que c'est que cet air. Je vous demande ce que c'est que les paroles que vous dites là.

    • Ce s'emploie dans le même sens en retranchant que.

    • L'analyse grammaticale se fait ainsi : Qu'est-ce que l'orgueil ? se décompose en : ce que (est) l'orgueil, est quoi ? Qu'est-ce que c'est que cette logique ? se décompose en : ce que est ce que (est) cette logique, est quoi ? il y a là un pléonasme, un peu masqué par l'ellipse de est dans le second membre. Le que est ici l'équivalent du quod latin, pronom relatif neutre.

  5. 5C'est.... que, avec un verbe à un mode quelconque, sauf l'infinitif.

    • C'est.... que, suivi d'un infinitif.

    • C'est.... que de, suivi d'un infinitif.

      • Figurez-vous quelle joie ce peut être que de relever la fortune d'une personne que l'on aime, que de donner adroitement quelques petits secours Molière, l'Avare, I, 2
      • Ce n'est pas une petite peine que de garder chez soi une grande somme d'argent Molière, ib. I, 4
      • C'eût été une chose fâcheuse pour moi que d'exposer cette enfant.... Mme de Sévigné, 105
    • L'analyse grammaticale est ainsi : C'est à vous que je parle, se décompose en : ce que est : je parle à vous, est. C'est une peine que de garder, se décompose en : ce que est : de garder, est une peine. Que représente encore le pronom relatif neutre quod du latin.

    • C'est.... de, suivi d'un infinitif, sans que. L'explication grammaticale est ainsi : C'était lui faire injure de l'implorer, se décompose en : ce, de l'implorer, était lui faire injure. Dans le XVIIe siècle il était très habituel de mettre de devant un infinitif qui était sujet d'une phrase ; par exemple : De dire du mal de son prochain est très répréhensible ; c'est cette tournure qui explique le de dans la locution avec ce.

      • C'était lui faire injure de l'implorer Pascal, Prov. 4
      • C'est m'honorer beaucoup de vouloir que je sois témoin d'une entrevue si agréable Molière, Mal. im. II, 5
      • Certes c'est une chose aussi qui scandalise De voir qu'un inconnu céans s'impatronise Molière, Tart. I, 1
      • Concevez quel déplaisir ce m'est de voir que par l'avarice d'un père.... Molière, l'Avare, I, 2
      • Ce serait bien mal connaître le cœur humain de soupçonner qu'il soit possible.... Voltaire, Mœurs, Introduct.
      • C'eût été renoncer à la foi, de ne pas désirer le jour du Seigneur Massillon, Avent, Jug.
  6. 6Ce n'est pas que avec le subjonctif, locution par laquelle on se défend de.... on écarte l'opinion que.... Ce n'est pas que je veuille médire.

    • Ce n'est pas que le pécheur mourant ne trouve dans sa vie passée.... Massillon, Avent, Mort du pécheur.
  7. 7C'est que, c'est de, donnant l'explication de ce qui est, de ce qui se fait. Pourquoi ne venez-vous pas avec nous ? C'est que je suis malade.

    • Le marquis de Seignelay ayant demandé au doge de Gênes ce qu'il trouvait de plus singulier à Versailles, il répondit : c'est de m'y voir Voltaire, Louis XIV, 14
    • L'explication grammaticale est ainsi : C'est que je suis parti, se décompose en : que je suis parti est ce. Ici que répond à la conjonction latine quod. C'est de m'y voir, se décompose en : de m'y voir est ce [cela, cette cause].

  8. 8C'est à.... de, il appartient à. C'est à vous de parler.

    • Avec à en place de la préposition de.

      • C'est aux gens mal tournés, aux mérites vulgaires, à brûler constamment pour des beautés sévères Molière, Mis. III, 1
  9. 9Ce explétif. Ce que je crains, c'est d'être surpris. Le véritable éloge d'un poëte, c'est qu'on retienne ses vers. Ce qui me touche, c'est de voir.... Ce qui est vrai, c'est qu'il est malade. Taire un service qu'on a rendu, c'est ajouter au bienfait. Lire, peindre et faire de la musique, c'est l'occupation de sa vie. L'enfer dans cette vie c'est un mauvais ménage.

    • Le seul moyen d'obliger les hommes à dire du bien de nous, c'est de leur en faire Voltaire, Charles XII, Disc. prélim.
    • Le ce explétif peut être supprimé. Ce que je crains est d'être surpris. Ce qui me touche est de voir. Taire un service est ajouter au bienfait.

      • Ce qu'il y avait de commode dans cet empire était que.... J.-J. Rousseau, Contr. I, 2
      • Ce qui me frappait le plus était de voir.... J.-J. Rousseau, Ém. IV
      • Ce qui me le prouve est que... J.-J. Rousseau, Hél. VI, 7
    • La répétition de ce est indispensable dans le cas où le verbe être est suivi d'un substantif au pluriel ou d'un pronom personnel. Ce qui m'attache à la vie, ce sont mes enfants. Ce qui me console, c'est vous.

  10. 10Ce qui.... ce sont.... ce que.... sont....

  11. 11Ce que, désignant une personne qu'on ne nomme pas.

  12. 12Tout ce qui, tout ce que, toutes les choses qui ou que.

  13. 13Ce que, signifiant tout autant que. Vieux.

  14. 14Ce qui est de, suivi d'un adjectif. Cette tournure, aujourd'hui moins usitée, vaut pourtant mieux que celle que nous y substituons : ce qu'il y a de réel.

    • Ce qui est de réel, est que vous seriez céans libre comme chez vous Fénelon, XXI, 282
    • Le mari ne se doute point de la manigance, voilà ce qui est de bon Molière, G. Dand. I, 2
  15. 15Ce dit-il, tournure archaïque et poétique.

  16. 16Quand ce vient.... quand ce vint.... quand ce viendra.... quand le moment est, fut, sera.

  17. 17Ce semble, il paraît, on peut le croire. Tout, ce semble, conspire contre lui. Tout, ce semblait, allait bien. Tout, ce m'a semblé, est bien allé.

  18. 18En style de pratique et de chancellerie, ce s'emploie absolument pour résumer ce qui a été dit. Et ce, conformément à.... Nonobstant lettres à ce contraires. Et en vertu de ce que dessus.

    • Ce s'emploie aussi de cette façon dans le langage ordinaire.

      • Pour ce faire, il prit.... Ce faisant, il crut.... Et, de ce non content Aurait avec le pied réitéré.... Racine, Plaid. II, 4
      • Le grand prieur dit à Roquelaure des choses aussi fâcheuses que celles qu'il venait d'essuyer de son frère, ce sans altérer un flegme fort à contre temps Saint-Simon, 27, 54
      • Et depuis ce [depuis lors] il n'est pédant.... Voltaire, Cadenas.
      • Et sur ce, je vous salue, et vous embrasse en mon nom Diderot, à Galiani.
      • Le pauvre homme [Courier] reçut un long papier dans lequel on l'accusait d'avoir offensé la morale publique, et de ce non content, d'avoir provoqué à offenser le roi Paul-Louis Courier, II, 7
    • À ce que, loc. conj. usitée en style de pratique et de chancellerie, et signifiant afin que. À ce qu'il n'en prétendit cause d'ignorance.

      • Sur ce, locution par laquelle les souverains terminent leurs lettres. Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.

  19. 19Ce, pour il.

    • C'est plutôt fait de céder à la nature que de.... La Bruyère, XI
  20. 20C'est pour, avec un infinitif, cela mérite que. C'est pour en crever de rire.

    • On dit dans le même sens c'est à. C'est à mourir de rire. C'est à n'y pas croire.

  21. 21C'est pourquoi, locut. conjonct. Telle est la raison, la cause.

  22. 22Que c'est, au lieu de ce que c'est, locution archaïque et, malheureusement, tombée en désuétude ; car elle était plus brève et plus légère que celle que l'usage moderne a consacrée.

Remarque

1. Le temps du verbe être précédé de ce est généralement déterminé par le temps du verbe suivant. Ainsi on dit : ce sera nous qui jouirons de ses bienfaits ; ce fut Cicéron qui sauva la république. Mais on dirait aussi : c'est nous qui jouirons ; c'est Cicéron qui sauva. 2. Quand ce qui ou ce que a après soi deux ou plusieurs verbes, on répète d'ordinaire ce : vous ferez ce qui est juste et ce qui est demandé par les circonstances ; ce que vous dites et ce que vous faites. Cependant on peut aussi faire ellipse du second ce, du moins quand les parties mises en regard n'expriment pas des choses différentes : ce que vous dites et que vous faites. Mais si les parties mises en regard exprimaient des choses différentes, il faut absolument répéter ce : il y a une grande différence entre ce que vous dites et ce que vous faites. 3. Massillon a employé c'est que avec une singulière hardiesse : Il faut remplir l'ellipse et dire : c'est que si vous remontez à l'origine, vous vous demanderez : d'où vient... 4. Ce que a été employé dans le XVIIe siècle pour de ce que, si. Vaugelas cite cette phrase de Coeffeteau : Ce que je réponds sur-le-champ à une harangue que tu as préméditée, c'est un fruit de ce que j'ai appris de toi ; il loue beaucoup cette tournure. Elle est aujourd'hui tout à fait oubliée ; c'était un archaïsme, comme on peut voir à l'historique.

Synonymes

QU'EST-CE-CI ? QU'EST CECI ? Il ne faut pas confondre ces deux locutions. Qu'est-ce-ci veut dire qu'y a-t-il ici ? que se passe-t-il ici ? Mais qu'est ceci veut dire : quelle chose est ceci, la chose dont on parle, que l'on montre : tenez, voyez ; qu'est ceci ? mais on dira : qu'est-ce-ci ? on se querelle pour des riens.

Étymologie

Dans l'adjectif ce, cet, cette, ces, il y a deux formes qui ont une origine différente : 1° ce ; ancien français ço, ceo, iço, ice ; wallon, si ; picard, che, chu, cho, chou, éche, ches, ces ; provenç. aisso et so ; ital. ciò ; du latin ecce hoc, ce-o ou ç'-o ; hoc se trouve dans l'ancien français sous la forme de oc ou o ; 2° cet, cette, ces ; ancien français, cest, cist, icest, icist ; provenç. cest, sest, cist, sist, aicest, aicist, aquest, aquist ; espagn. aqueste ; ital. questo ; du latin ecce iste. Le parler populaire des nations romanes renforça de ecce les pronoms latins ; ecce, encore très visible, dans les formes icest, aicest, aqueste, est réduit au c dans les formes plus syncopées.

Supplément

2. CE. - REM. Ajoutez : 5. M. Terzuolo, Études sur le Dict. de l'Acad. franç. Prospectus, p. 20, discutant les phrases telles que celle-ci : Ce fut le 4 juin que Gustave-Adolphe jeta l'ancre sur la petite île de Rugen, assure que ce fut est illogique et veut qu'on dise exclusivement c'est ; dans cette locution, c'est équivaut à je dis, j'énonce, et c'est pour cela que le présent est requis. Une pareille règle est trop étroite ; en analysant les deux tournures, on trouve : ce, que Gustave-Adolphe jeta l'ancre, est, et ce, que Gustave-Adolphe jeta l'ancre, fut. Cette analyse montre qu'elles sont aussi exactes l'une que l'autre. Dans le courant de sa discussion, M. Terzuolo assure qu'on ne dirait pas : Fut-ce le 4 juin que Gustave-Adolphe jeta l'ancre ? et qu'il faut de toute nécessité est-ce le 4 juin.... Cette exclusion ne peut être acceptée, et l'on dirait certainement fut-ce. Dans le choix de ces tournures équivalentes c'est l'oreille qui doit être consultée. 6. Le temps du verbe être précédé de ce est généralement déterminé par le temps du verbe suivant ; ou, quand on n'admet pas cette détermination comme dans le cas qui vient d'être discuté, on met c'est au présent, et le verbe suivant au temps exigé par le sens. Molière a manqué à cet usage : On dirait plutôt : Ce ne sera point vous que je leur sacrifierai, ou Ce n'est point vous que je leur sacrifierai. Mais comme ce n'est qu'un usage, la construction adoptée par Molière ne doit pas être condamnée. 7. C'est suivi d'un infinitif veut d'ordinaire un de intercalaire ; voy. les exemples au n° 5. Mais autrefois ce de pouvait être supprimé. Cela est bon et pourrait se dire. 8. Voltaire a écrit : Ce qu'étant fait, elle [la femme] courut.... Philosophie, Relation du gouverneur Pilate. Il faudrait ce qui. Rien ne peut expliquer grammaticalement cette phrase. 9. Régnier a dit : Cette tournure est pour : ce ai-je peur, c'est-à-dire : de ce ai-je peur. Ce crains-je serait correct, mais non usité ; ce ai-je peur n'est pas correct. 10. Pour l'emploi de : c'est fait de, c'en est fait, c'en est fait de, voy. FAIT 1, n° 16.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander