certes adv. (sèr-t')
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Certainement, en vérité, à coup sûr.
En quoi certes personne ne le surpassa jamais
VAUGELAS, dans BOUHOURSCertes, messieurs, le barreau n'a vu que trop de ces malheureux
PATRU, Plaidoyer, dans BOUHOURS, Nouv. rem.- Mais certes c'en est trop d'aller jusqu'à la joie Corneille, Hor. I, 1
- Certes l'exemple est rare et digne de mémoire Corneille, ib. IV, 2
- Certes les chrétiens ont d'étranges manies Corneille, Poly. IV, 5
- Certes plus je médite, et moins je me figureQue vous m'osiez compter pour votre créature Racine, Brit. I, 2
Remarque
On trouve peu d'exemples de certes écrit sans s ; Ménage en rapporte un de Michel Marot : J'ai trouvé certe une chose bien rare Au cabinet de mon père Marot. En voici un de Molière : Cela certe est fâcheux. - Oui, plus qu'on ne peut dire, Tart. IV, 5. Cette licence a été prise aussi par V. Hugo : Certe on peut parler de la sorte, Quand c'est au canon qu'on répond, Orient. 35.
Étymologie
Provenç. et anc. espagn. certas ; catal. certes. Il y avait l'ancien adjectif cert, dont certes, certas, est le pluriel féminin. La locution complète est à certes, que l'on trouve en effet, et sous-entendu un substantif indéterminé féminin pluriel, comme voies, manières, choses ; elle suppose une forme latine a certis ; c'est pour cela que certes s'est toujours écrit avec une s, qui, comme on voit, n'est point un caprice d'orthographe et qui seule permet de comprendre comment certes a un sens adverbial. Certus est, par métathèse, pour cretus, participe passé de cernere, séparer, distinguer, le même que le grec ϰρίνειν, juger (voy. CRISE).