Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

chantre dans le Littré

1 article· 10 citations· rimes· synonymes

chantre s. m. (chan-tr')

  1. 1Celui qui chante ou est supposé chanter. Ce mot, dans ce sens, est aujourd'hui réservé au style poétique et à la haute éloquence. Le chantre de la Thrace, Orphée. Le chantre thébain, Pindare. Le chantre d'Ionie, le chantre d'Ilion, Homère. Le chantre d'Énée, Virgile. Le chantre de Roland, l'Arioste. Le chantre des jardins, Delille.

    • Par extension, nom donné aux oiseaux chanteurs. Le chantre du printemps, le rossignol.

    • Espèce du genre roitelet.

  2. 2Celui qui chante au lutrin dans l'église. Voix de chantre. Tous les grands chapitres ont des chantres et des chapelains pour soulager les chanoines et faire l'office en leur absence.

    • Chez les protestants, celui qui entonne et soutient le chant des psaumes.

    • S. f. Religieuse qui sait le chant et les rubriques de l'office, afin de redresser les manquements qui peuvent se faire au chœur.

      • La chantre dira tout haut ce qui regarde l'office du lendemain Constitutions de Port-Royal, dans RICHELET
  3. 3Nom d'un dignitaire qui est le maître du chœur présidant au chant dans une église cathédrale ou collégiale et dans les chapitres. Il porte la chape et le bâton dans les fêtes solennelles et donne le ton aux autres en commençant les psaumes et les antiennes. Le chantre porte dans ses armoiries un bâton de chœur derrière l'écu pour marque de sa dignité. Le grand chantre. Le chantre de Notre-Dame.

Étymologie

Provenç. cantre, cantor ; du latin cantor, qui vient de canere, chanter. Dans le provençal et le vieux français, cantre est le nominatif, cantor est le régime, répondant, selon l'accent, à cántor et cantórem. C'est suivant la même analogie que se sont formés pâtre et pasteur.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander