Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

chenu dans le Littré

1 article· 11 citations· rimes· synonymes

chenu, ue adj. (che-nu, nue)

  1. 1Tout blanc de vieillesse. Une tête chenue.

    • Hommes, enfants, les personnes chenues Lamentent pêle-mêle aux places et aux rues GARN., M. Ant. IV
    • Pour moi, je cède au temps, et ma tête chenue M'apprend qu'il faut quitter les hommes et le jour MAINARD, dans RICHELET
    • Ce vieillard chenu qui s'avance,Le temps dont je subis les lois Voltaire, Ép. XLV
    • La vieillesse.... Sous mes faux cheveux blonds déjà toute chenue Boileau, Épît. X
    • Vos ans chenus GARN., les Juives, III
  2. 2Fig. Couvert de neige.

    • Quoique les Alpes chenues Les couvrent de toutes parts Malherbe, II, 2
    • Montagnes.... Dessus vos têtes chenues, Je cueille au-dessus des nues Toutes les fleurs du printemps Fénelon, XXI, 289
    • [Superbes monts] Vous qui sur vos cimes chenues Voyez, dans le vague des airs, Les tonnerres et les éclairs GODEAU, Poésies, ps. 148, dans RICHELET
  3. 3Par analogie.

  4. 4Arbre chenu, arbre dont la cime est dépouillée.

  5. 5Fig. Hors d'usage.

    • Les mêmes choses avaient besoin d'être récrites dans le français nouveau qui devenait bien vite vieux et chenu VILLEMAIN, Préf. du Dict. de l'Acad. 1835
  6. 6Dans le langage populaire, chenu se dit pour excellent, fort, riche, à cause que ce qui est vieux s'est amélioré. Voilà du vin qui est chenu. Cet emploi est ancien dans Paris, Leroux en parle dans son Dict. comique.

    • Substantivement. C'est du chenu.

Étymologie

Provenç. canut ; ital. canuto ; du latin canutus, dérivé de canus, pour casnus ; sanscrit, kas, briller : ce qui est blanc est brillant (voy. CANDEUR).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander