choir (choir)
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V. n. Tomber.
Le Pô.... dans sa caverne profonde, S'apprête à voir en son onde Choir un autre Phaéthon
Malherbe, II, 2- Fais choir en sacrifice au-dessus de la FranceLes fronts trop élevés de ces âmes d'enfer Malherbe, II, 12
- Tout va choir en ma main, ou tomber dans la vôtre Corneille, Rodog. I, 5
- Et pour te faire choir je n'aurais aujourd'huiQu'à retirer la main qui seule est ton appui Corneille, Cinna, V, 1
- Vous laissez choir ainsi ce glorieux courage Corneille, Cid, II, 5
- Et ma tête en tombant ferait choir sa couronne Corneille, Cid, II, 1
- Combien en trompe un tel espoir,Et combien en laisse-t-il choirDans le plus beau de leur carrière ? Corneille, Imit. I, 23
- Mais plus dans un haut rang la faveur vous a mis,Plus la crainte de choir vous doit rendre soumis Thomas Corneille, Essex, I, 2
- Pour nous saluer laissant choir son chapeau Régnier, Sat. X
- Un jeune enfant dans l'eau se laissa choirEn badinant sur les bords de la Seine La Fontaine, Fabl. I, 19
Je l'ai laissé choir
Molière, Sgan. 22- Nous l'avons, en dormant, madame, échappé belle ;Un monde près de nous a passé tout du long,Est chu tout au travers de notre tourbillon Molière, Fem. sav. IV, 3
- Ainsi qu'on voit, sous cent mains diligentes,Choir les épis des moissons jaunissantes Voltaire, dans GIRAULT-DUVIVIER
J'ai très bien pu, par distraction, faire choir sur le bouquin la bouteille à l'encre
Paul-Louis Courier, I, 93Cet insolent chut du ciel en terre
Bossuet, II, Démons, 2
Remarque
Prenez garde de choir, façon de parler bourgeoise, dit de Caillières, 1690 ; ce qui montre que, bien qu'alors les meilleurs écrivains, Corneille, Molière, La Fontaine, usassent du mot choir, les puristes l'écartaient comme vulgaire. La forme du futur je cherrai, due à la prononciation normande de la diphthongue oi, est une des traces de la confusion des prononciations dialectiques qui s'est faite.
Synonymes
CHOIR, TOMBER. Des auteurs de synonymes ont dit que choir désignait particulièrement un choc, un coup, une impulsion qui fait perdre l'équilibre, renverse et porte de haut en bas, tandis que tomber marque une chute d'un lieu très élevé. Distinction illusoire ; ces deux mots, venus l'un du latin, l'autre des idiomes germaniques, expriment exactement la même idée, comme on le voit dans le vers de Corneille cité plus haut : Tout va choir en ma main ou tomber en la vôtre ; et dans cet exemple de Chapelle et Bachaumont : Toute la nuit donques il plut, Et tant d'eau cette nuit il chut, Que.... La seule différence c'est que choir vieillit, tandis que tomber est en plein usage. Si l'on ne dit pas que la pluie ou la foudre choit, cela tient uniquement à la désuétude qui frappe le verbe choir ; et la preuve que rien d'intrinsèque n'empêche de le dire, c'est que nos pères le disaient.
Étymologie
Saintonge, chère, choir, chet, chu, tombé ; Berry, cheir, prononcé cher ; picard, tcher, kère, keu, keute, tombé, tombée ; norm. quaire ; bourg. choi, et aussi chezai ; ital. cadere. L'ancien français cheoir, en deux syllabes, vient de cadēre, 2e conjugaison, au lieu de la vraie conjugaison latine cadĕre, avec l'accent sur cá, qui, si elle eût donné un mot français, aurait produit chedre, et à laquelle l'italien cadere est fidèle.
Supplément
CHOIR. - REM. Ajoutez : 2. On trouve chet au lieu de choit : 3. L'exemple où Bossuet a employé le prétérit chut est ainsi conçu :