complaisance s. f. (kon-plè-zan-s')
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1Soin, désir de complaire.
Tant il a de complaisance pour les riches
Pascal, Prov. XI- Je refuse d'un cœur la vaste complaisanceQui ne fait du mérite aucune différence Molière, Mis. I, 1
Goûtez, avec complaisance pour Adoam, les plaisirs qu'il vous offre
Fénelon, Tél. VIII- J'avais plus espéré de votre complaisance Racine, Iphig. III, 1
- Un esprit né sans fard, sans basse complaisance,Fuit ce ton radouci que prend la médisance Boileau, Sat. IX
Il est bon d'avoir votre suffrage, mais je veux l'avoir par la force de la vérité, et je ne vous prierai pas même d'avoir la plus légère complaisance
Voltaire, Lett. Mme du Deffant, 30 juillet 1773
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2Acte de complaisance.
Vous voyez comme je m'y prends et les adroites complaisances qu'il m'a fallu mettre en usage pour m'introduire à son service
Molière, l'Avare, I, 1Vous avez bien fait d'avoir cette complaisance pour M. de Grignan
Mme de Sévigné, 557C'est une simple complaisance de l'esprit à la volonté de Dieu
Bossuet, Lett. abb. 145Traître, pour les Romains tes lâches complaisances N'étaient pas à mes yeux d'assez noires offenses
Racine, Mithr. III, 1Ces complaisances douteuses que vous avez pour cette personne
Massillon, Car. F. légères.Il ne me trouvait ni assez jeune, ni assez belle, et il me fut impossible d'en tirer aucune complaisance
Fontenelle, Hélène, Fulvie.Si l'Évangile avait des distinctions à faire et des complaisances à accorder
Massillon, Car. Immutabilité de la loi.Le souvenir des complaisances d'Alexandre à Tilsitt et à Erfurt confirma l'empereur de France dans cette fausse opinion
Ségur, Hist. de Napol. liv. III, 1
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Terme de commerce. Billet de complaisance, billet exprimant une opération fictive.
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3État de l'âme où l'on se complaît, soit à soi-même, soit à quelque chose. Parler d'une personne avec complaisance. Regarder avec un œil de complaisance. Se regarder avec complaisance, être satisfait, outre mesure, de sa personne.
Ne savez-vous pas que la bonne opinion de soi-même et la complaisance qu'on a pour ses ouvrages est un des péchés les plus dangereux ?
Pascal, Prov. IXLa mère est regardée avec complaisance de celui qu'elle a rendu père
Bossuet, Polit.Ce superbe.... se met au rang des gens désabusés [de la religion], il insulte en son cœur aux faibles esprits qui ne font que suivre les autres sans rien trouver par eux-mêmes ; et, devenu le seul objet de ses complaisances, il se fait lui-même son dieu
Bossuet, la Vallière.- Ciel ! avec quel respect et quelle complaisanceTous les cœurs en secret l'assuraient de leur foi ! Racine, Bérén. I, 5
Pour une fille.... Croit-elle en ses valets voir quelque complaisance
Boileau, Sat. XLa complaisance qu'il avait eue à contempler sa modération
Fénelon, Tél. XVIIIJupiter la regarda avec complaisance
Fénelon, ib. IX- Il sommeillait, mollement incliné ;Et le vieillard, seul, assis en silence,Le soutenait d'un air de complaisance MALFIL., Narcisse, ch. II
Il y a dans la domination et la supériorité une complaisance naturelle que le christianisme même a beaucoup de peine à régler
Fléchier, I, p. 257
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4En style biblique, au pluriel, affection. Dieu dit dans l'Évangile : C'est ici mon fils bien-aimé, en qui j'ai mis toutes mes complaisances.
Ce Messie, l'objet de ses complaisances [de Dieu]
Bossuet, Hist. II, 4L'homme est toujours l'objet des complaisances de l'Éternel
Chateaubriand, Mart. II, 89
Synonymes
COMPLAISANCE, DÉFÉRENCE, CONDESCENDANCE. La complaisance est le soin de complaire et est, par conséquent, plus étendue que la déférence qui, comme l'étymologie l'exprime, se déporte pour laisser prévaloir, par égard ou par respect, les idées, les opinions, les goûts, les volontés d'autrui. La condescendance serait la même chose que la déférence, s'il ne s'y joignait, étymologiquement, l'idée de descendre d'une hauteur et de se prêter à la satisfaction des autres, au lieu d'user de sa supériorité et de ses droits.
Étymologie
Complaisant ; provenç. et espagn. comolacencia ; ital. compiacenza.