Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

conseiller dans le Littré

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1conseiller v. a. (kon-sè-llé, ll mouillées, et non kon-sè-yé)

  1. 1Donner un conseil. Bien, mal conseiller quelqu'un.

    • Absolument.

      • On a dit conseiller quelqu'un de faire quelque chose. Cette tournure est peu usitée.

        • Nous l'avons conseillé de bâtir Pascal, Lett. à Mme Périer, 5 novembre 1648
        • Le vieil Ozius conseilla l'empereur [Constantin] d'assembler un concile Voltaire, Phil. II, 388
  2. 2Suggérer par conseil quelque chose à quelqu'un.

  3. 3Se conseiller, v. réfl. Prendre conseil.

    • Conseillez-vous-en donc avec des gens de bien Tristan L'Hermite, M. de Chrispe, III, 2
    • J'en avais toutes les envies du monde, et je me suis même encore aujourd'hui conseillé au ciel pour cela Molière, Festin de Pierre, V, 3
    • Si vous conseilliez à moi, je serais fort embarrassé Molière, Amants magnifiques, II, 4
    • Ce qui est véritable quoique très surprenant, Mme de Maintenon s'en appuyait [de la duchesse de Bourgogne] et quelquefois se conseillait à elle Saint-Simon, 321, 202

Étymologie

Conseil ; provenç. cosselhar, cosseillar, anc. espagn. consejar ; ital. consigliare.

2conseiller, ère s. m. et f. (kon-sè-llé, llê-r', ll mouillées, et non con-sè-yé ; l'r ne se lie jamais ; au plu riel, l's se lie ; des conseillers habiles, dites : des konsè-llé-z habiles)

  1. 1Celui, celle qui donne conseil.

    • Fig. La passion est une conseillère dangereuse.

      • En toute chose le temps est un excellent conseiller Bossuet, Polit.
      • L'histoire qu'on appelle avec raison la sage conseillère des princes Bossuet, Duch. d'Orl.
    • Dans le langage précieux, le conseiller des grâces, le conseiller des dames, un miroir.

  2. 2Membre d'un conseil ou de certains tribunaux. Conseiller d'État. Conseiller de préfecture. Conseiller à la cour de cassation, etc.

    • Conseiller d'honneur, conseiller en exercice, à la place duquel est attachée cette qualification.

    • Conseiller-né, se disait d'une qualité attribuée à certaines dignités qui donnait à celui qui la possédait entrée au parlement. L'archevêque de Paris était un conseiller-né du parlement.

    • Conseiller du roi, titre d'honneur attaché autrefois à certains offices, et que prenaient aussi les évêques.

    • Conseiller du roi en tous ses conseils, titre des ministres, secrétaires d'État, contrôleurs généraux des finances, et conseillers d'État ordinaires.

    • Conseiller-clerc, conseiller ecclésiastique.

    • Conseillers, notables choisis pour assister les consuls. Conseiller de ville.

    • Autrefois, conseiller à la cour signifiait conseiller au parlement.

    • Titre de magistrat et fonctionnaire dans les cours d'Allemagne. Conseiller intime. Conseiller privé.

  3. 3S. f. Conseillère, la femme d'un conseiller. Mme la conseillère.

    • Dans certaines communautés de femmes, conseillères, celles qui composent le conseil de la supérieure.

  4. 4Adj.

  5. 5Conseiller, un des noms vulgaires du rouge-gorge.

  6. 3Conseiller que. Ajoutez :

    • Je conseille à ces pauvres gens qu'ils aillent plus vite en besogne Malherbe, Lexique, éd. L. Lalanne

Étymologie

Provenç. cosselier, cosseilher, conseiller ; espagn. consejero ; portug. conselheiro ; ital. consigliere ; du bas-latin consiliarius, de consilium (voy. CONSEIL).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander