Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

corvée dans le Littré

1 article· 7 citations· rimes· synonymes

corvée s. f. (kor-vée)

  1. 1Terme de féodalité. Journées de travail gratuit que les vassaux devaient à leur seigneur.

    • Corvées réelles, celles qui étaient dues par le fonds ou à cause du fonds.

    • Corvées personnelles, celles auxquelles étaient soumis les habitants d'un lieu par le fait seuil de leur résidence.

    • Prestation de travail personnel pour l'entretien des chemins.

      • Celui [Turgot] qui vient de supprimer les corvées pourrait bien supprimer l'esclavage [mainmorte] Voltaire, Lett. Christine, 12 août 1775
      • Un impôt en travail, ou autrement dit la corvée, est peut-être une heureuse idée fiscale NECKER, Compte rendu au roi, janvier 1781, p. 70
      • L'impôt qui a remplacé la corvée en nature, impôt connu sous le nom de subvention représentative de la corvée MONTESQUIOU, Rapport, 27 août 1790, p. 8
      • Les beaux chemins sont un bien et un très grand bien ; mais la corvée est un mal et un très grand mal ST-LAMBERT, Saisons, II, note 2e.
  2. 2Terme militaire. Travaux que font tour à tour les hommes d'une compagnie. On commande tant d'hommes de corvée.

  3. 3Nom que les ouvriers donnent à de petits travaux qu'ils vont faire en ville et qui ne leur prennent qu'une partie de leur journée.

  4. 4Par extension, travail obligé et gratuit ; chose qu'on est requis ou prié de faire, et qui est une charge. Je me serais bien passé de cette corvée.

Étymologie

Bas-lat. corvada, dans le capitulaire de Villis de Charlemagne, et dans des textes postérieurs corruweia, corrua, croata ; du bas-lat. corrogata, corvée, de cum, et rogare, prescrire : corrogata opera, le travail commandé. Corrogata est dans un texte presque aussi ancien que corvada du Capitulaire, et décide la question d'étymologie ; mais corvada prouve que dès le temps de Charlemagne la forme romane existait.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander