Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

coteau dans le Littré

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coteau s. m. (ko-tô)

  1. 1Penchant d'une colline ; petite colline. Coteau planté de vignes. Les coteaux qui bordent la Saône.

  2. 2Ordre des coteaux, nom badin qu'on a donné, dans le XVIIe siècle, aux gens d'un goût fin et délicat, qui non-seulement savaient distinguer les meilleurs vins, et de quel coteau ou de quel vignoble ils venaient, mais qui avaient la même délicatesse de goût pour tout ce qui sert à la bonne chère. Un profès de l'ordre des coteaux, ou, simplement, un coteaux, était un gourmand du premier ordre, en faisant entrer dans cette idée tout ce qui fait les délices de la table.

    • Le dîner de M. de Valavoir effaça entièrement le nôtre par l'extrême délicatesse qui a surpassé celle de tous les coteaux Mme de Sévigné, 124
    • Qu'ils se contentent d'être gourmets ou coteaux La Bruyère, IX.
    • Surtout certain hâbleur à la gueule affamée, Qui vint à ce festin, conduit par la fumée, Et qui s'est dit profès dans l'ordre des coteaux, A fait en bien mangeant l'éloge des morceaux Boileau, Sat. III
    • Saint-Évremont dînant chez M. de Lavardin, évêque du Mans, cet évêque se prit à le railler sur sa délicatesse. " Ces messieurs, dit-il en parlant de lui, du comte d'Olonne et du marquis de Bois-Dauphin, outrent tout à force de vouloir raffiner sur tout.... Pour le vin, ils n'en sauraient boire s'il ne vient d'un des trois coteaux d'Aï, d'Haut-Villiers et d'Avenay. " Saint-Évremont ne manqua pas de faire part à ses amis de cette critique ; et ils répétèrent si souvent ce que le prélat avait dit des coteaux, qu'on les appela les trois coteaux ; et bientôt on imagina l'ordre des coteaux.

Remarque

L'orthographe devrait être côteau, puisque l'ancienne forme est costeau ; mais l'usage a effacé l'accent dans l'écriture, après l'avoir effacé dans la prononciation. Il faudrait aussi supprimer l'e (cotau) comme le montre l'étymologie.

Étymologie

Provenç. costal ; bas-latin, costale, coteau, dans un texte du XIVe siècle, de costa, côte.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander