Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

coup dans le Littré

1 article· 211 citations· rimes· synonymes

coup s. m. (kou ; le p ne se prononce pas et ne se lie pas : un kou audacieux ; coup se comporte comme loup, où le p ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des kou-z audacieux ; Bèze, au XVIe siècle, remarque que le p se prononce au singulier et non au pluriel)

  1. 1Impression qu'un corps fait sur un autre en le heurtant. Donner un coup de bâton, un coup de fouet, un coup de marteau. Se donner un coup contre un mur, se faire une contusion en se heurtant.

    • Faire le coup de poing, se battre avec le poing fermé.

    • Coup de poing, instrument pour percer les tonneaux ; espèce de pistolets fort petits.

    • Fig. Rabattre les coups, adoucir, apaiser des gens aigris les uns contre les autres.

    • Casser le nez à coups d'encensoir, donner en face des louanges exagérées et grossières.

    • Faire d'une pierre deux coups, venir à bout de deux choses par un seul moyen.

    • Frapper les grands coups, employer les moyens décisifs.

    • Frapper des coups en l'air, perdre sa peine.

    • C'est un coup dans l'eau, c'est un coup d'épée dans l'eau, se dit d'une tentative inutile.

    • Avoir un coup de hache à la tête, ou, simplement, avoir un coup de hache, un coup de marteau, être un peu fou.

    • Terme de manége. Coup de hache, dépression existant au point de jonction de l'encolure avec le garrot. Coup de lance, cavité à la base de l'encolure, à l'épaule, au bras ou à la fesse. Coup de reins, mouvement par lequel le cheval roidit les reins.

    • Coup de fouet, coup porté avec un fouet. Le soldat anglais reçoit des coups de fouet. Un coup de fouet vigoureusement assené fit partir le cheval au galop.

    • Terme de pathologie. Coup de fouet, rupture de fibres musculaires ou de muscles minces, qui survient à la jambe pendant un effort, et qui fait éprouver au patient une sensation comme s'il recevait un coup de fouet.

    • Terme de vétérinaire. Coup de fouet, mouvement brusque observé aux flancs dans la respiration d'un cheval poussif, surtout pendant l'expiration.

    • Dans le langage général, coup de fouet, effort redoublé par lequel on tente d'obtenir ou d'emporter quelque chose, et, en musique, effort plus brillant que tout le reste, par lequel on finit un morceau. Coup de fouet signifie aussi excitation, action d'animer, de presser.

    • Terme de marine. Coup de fouet, la dernière crise du coup de vent, ou le coup de vent lui-même, s'il est de peu de durée.

    • Coup de talon, choc qu'éprouve un navire en passant sur un écueil.

    • Coup de boutoir, coup porté par le sanglier avec son boutoir ; et, figurément, attaque brusque et inattendue en paroles.

    • Terme de maréchalerie. Coup de boutoir dans la sole, plaie faite par le maréchal, lorsque avec le boutoir il pare trop profondément la sole du cheval.

    • Terme d'escrime. Coup pour coup, action de deux tireurs qui se touchent en même temps. Coup de temps, coup pris d'opposition sur un développement ; et fig. circonstance inopinée, ou occasion qui passe vite. Il a su profiter du coup de temps.

    • Coup fourré, dans un combat au fleuret, à l'épée, se dit quand chacun des deux adversaires en même temps donne et reçoit un coup. Et, figurément faire un coup fourré, se rendre mutuellement et en même temps de mauvais offices. Ils ont fait un coup fourré.

    • Dans un autre sens, porter un coup fourré, rendre en secret un mauvais office.

    • Terme de jeu de paume. Coup de brèche, coup qui fait entrer la balle dans le dedans, près des encoignures.

    • Terme de fauconnerie. On dit qu'un oiseau prend coup, quand il heurte trop rudement sa proie.

    • Terme de maçonnerie. Un mur prend coup, il menace de chute, il fait ventre, il n'est plus à plomb.

  2. 2Les coups, le combat.

    • Fig. Juger des coups, rester spectateur d'une lutte, d'un débat.

      • Nous étions neutres et nous jugions des coups Mme de Sévigné, 344
    • Sans coup férir, sans combattre, sans en venir aux mains. Il s'empara des positions de l'ennemi sans coup férir. Et fig. et familièrement, sans résistance. Il en est venu à bout sans coup férir.

  3. 3Blessure, contusion. Il est tout couvert de coups. Il tomba percé de coups.

    • Coup de feu, plaie produite par une arme à feu.

    • Le coup de la mort, la blessure, l'accident qui la détermine.

      • Il se jeta à son cou, disant qu'il devinait bien ce qu'il avait à lui dire, que c'était le coup de sa mort, qu'il le recevait de la main de Dieu Mme de Sévigné, 173
      • L'amour lui a donné le coup de la mort Bossuet, I, Ass. 1
    • Le coup de grâce, celui par lequel le bourreau achevait le patient ; et, par extension, ce qui consomme la ruine de quelqu'un.

      • Il souhaite la mort comme le coup de grâce Mme de Sévigné, 32
    • Populairement et ironiquement. Il a été le plus fort, il a porté les coups, il a été battu.

  4. 4La décharge d'une arme à feu. Tirer un coup de canon.

    • Tirer à coup perdu, tirer hors de portée.

    • Fusil à deux coups, fusil à double canon.

    • Faire le coup de fusil, prendre part à un combat d'infanterie, se battre en tirailleurs. On dit de même pour la cavalerie, faire le coup de pistolet.

      • Les Mazarins venaient faire le coup de pistolet dans le faubourg St-Antoine Retz, II, 213
    • Se dit aussi de la charge de l'arme. J'ai encore deux coups de poudre et un coup de plomb.

    • Terme de chasse. Coup double, coup qui tue deux pièces de gibier. Et fig.

      • Le cardinal prit si bien son temps et ses mesures qu'il fit coup double ; le confesseur fut renvoyé, et il en donna un autre auquel il était assuré de faire dire ce qu'il voudrait Saint-Simon, 8, 55
    • Par extension. Coup de tonnerre, bruit violent qui accompagne une décharge d'électricité dans un orage. Un violent coup de tonnerre fit trembler toutes les vitres.

    • Familièrement et par ironie, il est secret comme un coup de tonnerre, comme un coup de canon, il divulgue ce qu'on lui confie.

    • Coup de foudre, coup que frappe l'électricité dans un orage. Un coup de foudre fendit le peuplier.

    • Fig.

  5. 5Fig. Atteinte, attaque, blessure morale. Le dernier coup, ce qui achève d'accabler, de ruiner, etc.

    • Tenir coup, tenir tête.

    • Le coup de pied de l'âne, insulte qu'un lâche adresse à un homme jadis puissant et maintenant hors d'état de se venger. Locution tirée de la fable où l'âne vient en dernier frapper le lion mourant.

    • Coup de Jarnac, manœuvre perfide, déloyale.

      • François de Vivonne fut tué en combat public et singulier par Guy Chabot, fils du seigneur de Jarnac, d'où est venu le proverbe du coup de Jarnac Saint-Simon, 352, 133
  6. 6Son, bruit que rendent certains corps par le choc. Le premier coup de cloche le réveilla. Au coup de minuit, de midi. Les coups de marteau retentissaient dans toute la maison. Tout est prêt ; nous partirons au coup de dix heures.

    • Familièrement. N'être pas sujet au coup de cloche, au coup de marteau, n'être pas sujet à la cloche, au marteau qui demande que la porte soit ouverte et qui indique qu'on vient réclamer votre office, être libre et maître de son temps.

  7. 7Action rapide d'un organe, d'un instrument, etc. Un coup de langue. Des coups de gosier sonores. En quelques coups de balai la maison fut nettoyée.

    • Un coup de dent, action de faire aller la mâchoire pour manger.

    • Coup de pinceau, application du pinceau pour peindre ; et fig. description.

      • Tu demeures surpris et changes de couleur à ce discours ; ce n'est là qu'une ébauche ; et, pour achever le portrait, il faudrait bien d'autres coups de pinceau Molière, D. Juan, I, 1
      • Si Molière a rendu Tartuffe odieux au cinquième acte, c'est par la nécessité de donner le dernier coup de pinceau à son personnage MARMONT., Élém. litt. t. VI, p. 141, dans POUGENS
    • Coup de chapeau, salutation donnée au passage.

    • Traduire à coups de dictionnaire, ne pouvoir traduire qu'en ayant recours fréquemment au dictionnaire.

      • La plupart des livres de certains savants ne sont fabriqués qu'à coups de dictionnaires, et ils n'ont guère lu que les tables des livres qu'ils citent, ou quelques lieux communs ramassés de différents auteurs Malebranche, Rech. liv. IV, ch. 8
    • Coups de ciseaux, coupures qu'on fait avec des ciseaux dans quelque écrit pour les insérer textuellement dans une composition. Faire un journal à coups de ciseaux.

    • Donner à quelqu'un un coup de main, d'épaule, lui venir en aide, unir momentanément ses efforts aux siens.

    • Donner un coup de collier, faire un nouvel effort, locution prise des chevaux qui, faisant un effort, appuient sur le collier.

    • Familièrement. Donner un coup de pied jusqu'à tel endroit, y aller : cela ne se dit que d'un endroit peu éloigné.

    • Terme de peinture. Application, sur la toile, de la brosse ou du pinceau chargé de couleur. Peindre au premier coup, peindre d'une manière large, facile, rapide. Coup de jour, trait vif de lumière ou de clair placé à propos.

    • Terme de musique. Coup de langue, coup de gosier, coup d'archet, manière de lancer le son.

    • Fig. Coup de bec, de dent, de langue, de patte, propos médisant.

      • Les absents sont assassinés à coups de langue Scarron, Rom. com. ch. 3
      • Pour vous, vous représentez une de ces personnes qui prêtent doucement des charités à tout le monde, de ces femmes qui donnent toujours le petit coup de langue en passant Molière, Impromptu, 1
    • Coup de filet, action de lancer le filet, et résultat de cette action, prise de poisson ; et fig. une capture, un gain. La police, d'un coup de filet, a saisi plusieurs malfaiteurs. Ce seul coup de filet lui a rapporté une grosse somme.

    • Terme de typographie. Coup de planche, action de poser la planche sur le papier pour l'imprimer.

    • Coup de piston, la course entière accomplie par un piston dans un corps de pompe, pour se rendre d'une extrémité à l'autre.

  8. 8Terme de guerre. Coups de main, ceux qui se donnent avec les armes ordinaires, sans artillerie. Une place emportée à coups de main, c'est une place emportée d'emblée, l'épée à la main.

    • Coup de main, expédition, attaque de vive force, et, en général, toute espèce d'entreprise hardie.

      • S'il est permis, sous ce prétexte, de faire des coups de main, quels États sont en sûreté dans la jeunesse des rois ? Bossuet, Variat. Déf. 1er disc. § 16
      • La Grande-Bretagne n'oublia pas, à Utrecht, que ces voisins entreprenants, soutenus des Canadiens, accoutumés à la chasse et aux coups de main, avaient porté, durant les deux dernières guerres, la désolation dans ses divers établissements Raynal, Hist. phil. XVII, 12
  9. 9Coup d'œil, vue, regard. Jetez un coup d'œil sur ce tableau.

    • Fig.

    • Coup d'œil, sûreté dans l'appréciation des choses.

      • Il avait ce qu'on appelle le coup d'œil d'une justesse et d'une promptitude singulière et peut-être unique ; c'était une sorte d'inspiration dont la clarté et la force prouvaient la vérité, du moins pour lui Fontenelle, Chirac
      • Un Condé, dont le premier coup d'œil décidait toujours de la victoire Massillon, Or. fun. Louis le Grand.
      • Descartes a envisagé la nature comme un homme qui, plongeant sur elle un vaste coup d'œil, l'embrasse tout entière et en fait pour ainsi dire le plan à vue d'oiseau TURGOT, Ébauche du 2e discours. Progrès de l'esprit humain, p. 278
      • Il avait reçu de la nature ce coup d'œil prompt et juste qui saisit tout ce qui mérite d'être observé et qui ne voit les objets que tels qu'ils sont Condorcet, Linné.
    • Coup d'œil, aspect.

      • La vertu n'a de triste que le premier coup d'œil Massillon, Car. Dégoûts.
      • Il n'a de beau que la surface et le premier coup d'œil Massillon, Profess. relig. 1
      • Le coup d'œil de son retour à sa toute-puissance en Espagne [la princesse des Ursins] ne la dérangea pas plus qu'avait fait la chute de la foudre sur elle à Madrid Saint-Simon, 144, 100
  10. 10Action vive, effet subit de certaines choses. Un coup de vent fit écrouler une partie de la muraille.

    • Du premier coup de vent il me conduit au port Corneille, Poly. IV, 3
    • L'hiver était si près de nous, qu'il n'avait fallu qu'un coup de vent de quelques minutes pour l'amener âpre, mordant, dominateur Ségur, Hist. de Nap. IX, 7
    • Terme de marine. Coup de mer, choc d'une grosse lame. Bien tenir le coup, résister aux coups de vent et de mer. Faire un coup d'écoute, forcer sa voilure par une brise fraîche.

    • Terme de médecine. Coup de sang, attaque d'apoplexie, et aussi congestion momentanée du sang vers la tête.

    • Coup de lumière, effet subit d'une lumière qui apparaît.

      • Malgré l'obscurité du crépuscule où les nations semblent encore errer, des coups fréquents de lumière annoncent l'aurore et la venue du grand jour HOLBACH, dans DU MARSAIS, Essai préj. ch. 14
    • Coup de soleil, effet produit, sur une partie quelconque d'un être vivant, animal ou végétal, par l'action d'un soleil ardent.

    • Coup de soleil, sorte d'érysipèle causé par le soleil.

      • J'attrapai un coup de soleil sur une main Chateaubriand, Itin. 243
    • Coup de soleil, ensemble d'accidents cérébraux causés par le soleil, et qui peuvent causer rapidement la mort.

    • Populairement. Coup de soleil, action de rougir soudainement par honte ou par embarras.

    • Coup d'air, fluxion ou douleur causée par un courant d'air.

    • Terme de vétérinaire. Coup de chaleur, congestion sanguine, brusque, rapide, du poumon, quelquefois de l'intestin et plus rarement de l'encéphale, arrivant communément sur les chevaux de trait rapide, pendant le travail et au temps des chaleurs.

    • Terme d'arts. Coup de feu, action d'activer le feu pour la cuisson ou la fusion de différentes matières.

      • Toute porcelaine, au moment qu'elle reçoit son dernier coup de feu, se trouve dans un état de fusion commencée Raynal, Hist. phil. V, 27
    • Terme de cuisine. Coup de feu, l'action d'activer le feu des fourneaux au moment d'achever la cuisson des mets ; et figurément, moment de presse.

    • Coup de feu, action d'un feu trop ardent sur une préparation culinaire. Le rôti a un coup de feu.

  11. 11Chance favorable ou défavorable, circonstance imprévue. Coup du ciel. Coup de bonheur.

  12. 12Action. Voilà un coup d'étourdi. C'est un coup de désespoir.

  13. 13Coup d'État, mesure violente à laquelle un gouvernement a recours.

    • Action qui décide de quelque chose d'important pour le bien de l'État. La bataille de Denain fut un coup d'État.

    • Entreprise violente par laquelle un personnage s'empare du pouvoir (coup d'État du 18 brumaire par lequel le général Bonaparte devint maître de la France), ou mesure par laquelle un gouvernement change violemment et en dehors des lois la constitution (le coup d'État tenté par Charles X en 1830).

    • Fig. Tout ce qui est décisif dans quelque affaire importante. Ce mariage fut un coup d'État dans cette famille.

      • C'était un coup d'État Molière, le Dép. III, 7
    • Coup d'autorité, usage extraordinaire qu'une personne fait de son autorité envers ceux qui lui résistent.

    • Coup de théâtre, se dit en poésie dramatique, d'un événement ou d'une situation, qui frappe tout d'un coup l'esprit, parce qu'on ne s'y attendait pas. Et fig. Son arrivée fut un coup de théâtre. Cela fit un coup de théâtre.

      • On ne forme point les esprits avec des tableaux et des coups de théâtre MARMONT., Élém. litt. Œuvres, t. IX, p. 16, dans POUGENS
  14. 14Fois, occasion, moment.

  15. 15Coup de vin, ce qu'on boit de vin en une fois.

    • Le coup du milieu, le coup qu'on boit entre les deux services.

    • Le coup de l'étrier, le coup qu'on boit en montant à cheval pour partir.

    • Familièrement. Boire un coup, un verre de vin.

    • Boire à petits coups, peu à la fois, mais souvent.

      • L'aîné [Bellisle] était fort sobre ; le cadet aimait à souper et à boire le petit coup, mais sans excès Saint-Simon, 523, 221
      • Du vin vieux d'un hôte aimable Il faut boire à petits coups Béranger, P. coups.
    • Boire un coup est aussi faire un excès de vin. Il avait bu un coup.

    • Populairement. Boire un coup, être en danger de se noyer.

  16. 16Terme de jeu. Manière de jouer, chance du jeu. Il a fait un beau coup.

    • Le donner en trois coups, quatre coups, etc. se dit pour exprimer qu'on défie quelqu'un de faire la chose dont il s'agit, qui est difficile, et qu'on n'a pas su ou qu'on ne saurait pas faire soi-même.

    • Coup se dit de chaque fois qu'un des joueurs a donné une carte, lancé des dés, etc. Coup forcé, coup qu'il n'est pas possible de parer. Remettre un coup, autoriser quelqu'un à recommencer un coup mal joué.

    • Coup sûr, coup qui ne peut manquer de réussir. Fig.

      • Imperceptiblement ensemble ils se rendront, Et malgré vos efforts, mon fils, ils se joindront ; C'est un coup sûr.... La Fontaine, Florentin, 3
    • À coup sûr, loc. adv. Immanquablement, avec certitude de gain, de succès. Nous réussirons à coup sûr. Ce n'est pas toujours à coup sûr qu'on spécule.

      • Coup de dés, toute combinaison que les dés peuvent présenter. Et figurément, c'est un coup de dés ou de dé, c'est une affaire où le hasard aura beaucoup de part.

        • De leurs différentes combinaisons [osselets à quatre faces dont se servaient les anciens] résultent trente-cinq coups auxquels on a donné les noms des dieux, des princes, des héros, etc. Barthélemy, Anach. ch. 20
      • Rompre le coup, arrêter, détourner une chance des dés, en les empêchant de rouler librement ; et fig. empêcher le succès d'une entreprise.

      • Au trictrac, coup et dés, veut dire que la primauté appartiendra à celui qui amènera le dé le plus fort.

      • Tout coup vaille, arrive ce qu'il pourra.

      • Au billard, coup du roi, coup où, la bille étant placée en arrière de la blouse du milieu près de la bande, on va frapper de sa bille la bande du haut, de manière qu'en revenant elle pousse l'autre dans la blouse.

      • Dans toute espèce de jeux, faux coup, se dit, en général, d'un coup qui n'a pas réussi ou qui n'a pas porté.

      • Au billard, faux coup de la queue, faute que commet le joueur quand il touche la bille à faux.

      • Coup de partie, ce qui décide du succès d'une partie de jeu ; et fig. du succès d'une affaire.

      • Coup de bourse, opération de bourse qui réussit, qui apporte un grand profit.

  17. 17Tout à coup, loc. adv. Soudain et sans qu'on s'y attende.

    • Faire accroire tout à coup à tout un peuple que.... Bossuet, Hist. II, 13
    • Tout à coup elle aperçut les débris d'un navire Fénelon, Tél. I
  18. 18À coup, à la fois.

    • Le sang des veines y entre si à coup et en si grande quantité que.... Descartes, Pass. 122
    • Selon que ce froid vient plus lentement ou plus à coup Descartes, Météor. 5
    • Au lieu de descendre doucement dans leur matière, ils y tombent soudainement et à coup Guez de Balzac, liv. VII, lett. 50
  19. 19Tout d'un coup, loc. adv. Tout en une fois, à la fois, du premier coup.

    • Dans le sens de tout à coup.

      • Non, monsieur, elle a fermé tout doucement la fenêtre, et s'est allée mettre sur son lit ; là elle s'est prise à pleurer amèrement ; et tout d'un coup son visage a pâli, ses yeux se sont tournés, le cœur lui a manqué, et elle m'est demeurée entre les bras Molière, l'Am. méd. I, 6
      • La fille unique de notre maître, attaquée d'une maladie qui lui a ôté tout d'un coup l'usage de la langue Molière, Méd. m. lui, I, 5
      • Comment ! il y avait six jours entiers qu'il ne pouvait mourir, et cela le fit mourir tout d'un coup Molière, le Fest. III, 1
      • Ne disons plus que la mort a tout d'un coup arrêté le cours de la plus belle vie du monde ; disons qu'elle a mis fin aux plus grands périls dont une âme chrétienne peut être assaillie Bossuet, Duch. d'Orl.
      • Il arrive aussi quelquefois qu'un écrivain, parlant de quelqu'un, tout d'un coup se met à sa place et joue son personnage Boileau, Sublime, 23
      • Le roi fit un grand ha ! comme un homme oppressé qui tout d'un coup respire Saint-Simon, 94, 116
  20. 20Coup sur coup, loc. adv. Successivement et sans interruption.

    • Coup sur coup je verrai par leur intelligenceDe mes soins vigilants confondre la prudence Molière, Éc. des f. IV, 7
    • Trois rendez-vous coup sur coup furent pris La Fontaine, Magn.
    • Elle a été deux fois à la Trappe coup sur coup Bossuet, Lett. 846
    • La reine écrivit coup sur coup quatre lettres Bossuet, Déf.
    • Les prophètes qu'il envoie coup sur coup Bossuet, Hist. II, 4
    • Tant de malheurs qui arrivaient coup sur coup entre ses mains Bossuet, Char. frat. 2
    • Tandis que.... coup sur coup, Pour ma santé je bois beaucoup Béranger, Deo grat.
    • Il produisit coup sur coup divers ouvrages qui certainement devaient lui faire honneur D'OLIVET, Hist. acad. t. II, p. 173, dans POUGENS
  21. 21Après coup, loc. adv. Après que la chose est faite.

    • Ces actes n'ont été faits qu'après coup PATRU, Plaid. 5, dans RICHELET
    • Qu'Esdras y ait ajouté après coup les prédictions Bossuet, Hist. II, 13
    • Elles n'étaient que des additions après coup Bossuet, Rem.
    • L'amour-propre a voulu après coup vous déguiser votre crime Massillon, Car. Tiéd. 1
    • Dans tous les autres États les lois sont faites après coup Voltaire, Lettres à Cath. 45
    • Quelques mots auxquels je n'ai réfléchi qu'après coup J.-J. Rousseau, Conf. III
  22. 22À tous coups, loc. adv. À tous propos, chaque fois.

  23. 23Pour le coup, loc. adv. Pour cette fois.

    • Ah ! c'est pour le coup qu'il faut se croire heureux en bêchant son jardin MARMONT., Bélis. II
    • Expression d'impatience et d'humeur.

      • Pour le coup, c'en est trop ! Pour le coup, l'enfant n'y est plus ; comment concevoir qu'on le laisse sortir seul ? J.-J. Rousseau, Ém. III
  24. 24Encore un coup, loc. adv. Encore une fois.

  25. 10Ajoutez :

    • Terme d'exploitation houillère. Coup d'eau, accident que cause la rencontre fortuite, dans les travaux de mines, d'une source ou bain d'eau auquel on donne issue.

      • La section a entendu le rapport de M. Habets, ingénieur, sur les moyens de prévenir les explosions et les coups d'eau dans les mines Journ. offic. 22 nov. 1876, p. 8528, 2e col.
      • Une meilleure organisation des travaux de sondage dans les mines où il existe des travaux antérieurs prémunira les mineurs contre les coups d'eau ib. 3e col.
    • Coup de feu, nom d'un des actes d'un feu d'artifice.

      • Ce coup de feu (c'est le terme technique) était accompagné de douze pyramides, de chacune desquelles jaillissait un bouquet de chandelles romaines Monit. univ. 16 et 17 août 1867, p. 1116, 3e col.
  26. 18Aux exemples de à coup, ajoutez celui-ci :

    • Tel fut le coup de foudre qui tomba sur Mme la duchesse, si à coup au premier voyage de ses filles à Marly Saint-Simon, t. VIII, p. 285, éd. Chéruel.
  27. 25Donner un coup de télégraphe, expédier une dépêche télégraphique.

    • Maintenant, si la chambre insiste pour qu'on recule la révision des chevaux, un coup de télégraphe sera donné ce soir, et demain la revue sera ajournée Journ. offic. 30 mars 1876, p. 2283, 2e col.
  28. 26Les trois coups, les trois coups que l'on frappe dans une salle de spectacle pour annoncer que la pièce ou qu'un acte va commencer.

  29. 27Familièrement. Être aux cent coups, être fort embarrassé.

  30. 28À coup près, ancienne locution qui signifie à peu de chose près, peu s'en faut.

    • Parmentier.... m'assura qu'il disposerait à coup près de Brigalier, conseiller de la cour des aides, capitaine de son quartier et très puissant dans le peuple Retz, Mém. t. I, p. 165, éd. Feillet.
    • Je vous demande excuse, monsieur, dit Sancho ; mais comment voulez-vous que je trouve à coup près la maison de notre maîtresse ? Don Quichotte, trad. par Filleau Saint-Martin. t. III, ch. IX, de l'édit. de 1678, p. 134 et 135
    • Harcourt manque à coup près d'entrer au conseil Saint-Simon, t. VII, p. 98, éd. Chéruel.

Remarque

Les grammairiens font observer que tout d'un coup se dit de ce qui se fait en même temps : Ils ont résolu de partir tout d'un coup ; et tout à coup de ce qui se fait soudainement et comme à l'improviste : Ils ont disparu tout à coup. Il faut en effet distinguer tout à coup, de tout d'un coup ; mais la distinction indiquée n'est pas exacte. Tout à coup ne peut pas s'employer pour tout d'un coup ; mais tout d'un coup peut avoir le sens de tout à coup. Voy. les exemples.

Proverbes

Le coup vaut la balle, le coup vaut l'argent, la chose vaut bien la peine qu'on a prise. Ses plus grands coups sont rués, s'est dit jadis d'un homme qui est sur l'âge.

Étymologie

Picard, keu ; bourguig. cô ; saintong. cot ; provenç. colp, cop, colbe ; espagn. et portug. golpe ; ital. colpo ; bas-latin, colpus, dans la loi salique, de colapus, colaphus qui se trouve avec le sens général de coup ; du latin colaphus, coup de poing, soufflet.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander