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coupe dans le Littré

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1coupe s. f. (kou-p')

  1. 1Action de couper. La coupe d'un taillis. La coupe des foins se fait en juin. La coupe des cheveux, La coupe du gâteau qu'on fait pour le jour des Rois.

    • Rien n'est plus efficace pour redresser les arbres et pour leur donner une tige droite et nette, que la coupe faite au pied Buffon, Exp. sur les végét. 2e mém.
    • Cette association puissante a tourné ses vues vers la coupe du bois, vers la multiplication des troupeaux, vers le coton et le cacao, mais principalement vers le tabac Raynal, Hist. Phil. XIII, 12
    • Vers le temps de la coupe des blés, on entendait au lever de l'aurore les petites sonneries de nos hameaux Chateaubriand, Génie, IV, I, 1
    • Faire des coupes dans une substance, la couper en différents sens pour en examiner la structure.

      • Il faisait d'une partie qu'il examinait toutes les coupes différentes qu'il pouvait imaginer, pour la voir de tous sens Fontenelle, Du Verney.
    • Coupe, chaque tonsure qu'on donne aux étoffes de laine.

    • Partie abattue d'une masse d'ardoise.

    • Terme de menuiserie. Coupes carrées, celles qui se font dans une pièce de bois perpendiculairement à sa longueur.

  2. 2Coupe de bois, étendue de forêt abattue ou à abattre. Les coupes réglées sont les aménagements suivant lesquels on coupe chaque année une portion de bois déterminée.

    • On a des bois en coupe réglée autant qu'on en peut consommer J.-J. Rousseau, Hél. V, 2
    • Le fripon qui me vola la moitié d'une coupe de bois, obtient de l'équité des juges un encouragement de 800 francs Paul-Louis Courier, I, 148
    • Coupe sombre ou d'ensemencement, opération qui consiste à enlever, dans un massif, une partie des arbres qui le composent, de manière à permettre à ceux qu'on laisse sur pied d'ensemencer ce sol au moyen des graines qu'ils produisent et qui se disséminent naturellement. Coupe claire, opération qui consiste à abattre une partie des arbres précédemment conservés afin d'habituer peu à peu le jeune recru à la lumière. Coupe définitive, opération qui consiste en l'extraction des derniers arbres laissés sur pied, quand la nouvelle forêt est assez vigoureuse pour n'avoir plus rien à redouter des influences atmosphériques. Coupe de nettoiement, opération qui consiste à enlever les pieds nuisibles, parasites, rachitiques. Coupe à tire et à aire, celle qui se fait sans rien laisser [en tirant, ôtant ce qui est sur l'aire, sur l'emplacement].

    • Fig. Coupe réglée, prélèvement qui se répète régulièrement. Sous le premier empire la population de la France était mise en coupe réglée par la conscription. Mettre quelqu'un en coupe réglée, imposer à quelqu'un, d'une façon régulière, des privations, des sacrifices d'argent.

  3. 3Endroit où une chose a été coupée. Ce drap est beau à la coupe. La coupe d'un tronc d'arbre.

    • À la coupe, loc. adv. À la condition de couper pour essayer. Acheter un melon à la coupe. On n'a reconnu qu'à la coupe la fausseté de cette pièce de monnaie.

  4. 4Terme d'architecture. Plan qu'on suppose couper l'intérieur d'une construction, pour en montrer les dimensions relatives et les détails intérieurs. Coupe perpendiculaire.

    • Fausse coupe, assemblage qui se trace avec la sauterelle, sans le secours de l'équerre, ni de l'onglet. Fausse coupe, direction d'un joint de tête oblique à la douelle d'une voûte.

  5. 5L'art de tailler les pierres. La coupe des pierres est un art particulier.

    • M. Desargues, qui était du petit nombre de mathématiciens de Paris, et M. Bosse, fameux graveur, avaient fait une première partie d'un traité de la coupe des pierres, matière alors toute neuve Fontenelle, Lahire.
    • Action de couper le verre avec le diamant.

  6. 6Manière dont la coupe est pratiquée, disposition qui en résulte. La coupe de ce cintre est élégante et hardie. La coupe d'un habit.

  7. 7Manière de découper les étoffes, les cuirs. On vante cet ouvrier pour l'habileté de sa coupe.

    • Terme de marine. Maître de coupe, celui qui coupe les manœuvres d'un bâtiment. Coupe des voiles, action, art de les tailler.

  8. 8Fig. Division, distribution. La coupe d'un poëme, d'un ouvrage.

    • Arrangement des repos dans le vers, dans la phrase. La coupe d'un vers, d'une phrase. Les coupes du style.

      • Un écrivain, qui a de l'oreille et assez d'art pour donner à son style le mouvement de la pensée ou du sentiment qu'il exprime, saura bien varier encore la coupe et le rhythme du vers MARMONT., Élém. litt. Œuvres, t. X, p. 472, dans POUGENS
  9. 9Terme de jeu de cartes. Séparation qu'on fait en deux parties du jeu de cartes qu'un joueur a mêlé.

    • Faire sauter la coupe, rétablir avec dextérité les deux paquets comme ils étaient avant d'avoir fait couper.

    • Fig. Cet homme est heureux à la coupe, manière adoucie de dire qu'un homme triche au jeu.

    • Être sous la coupe de quelqu'un, être le premier en carte, le premier après la coupe. Les joueurs ont souvent cette superstitieuse croyance qu'il y a des gens qui ont une coupe malheureuse, et ils ne veulent point être sous leur coupe.

    • Fig. Être sous la coupe de quelqu'un, être dans sa dépendance, être exposé à son ressentiment.

      • Chamillart et Tessé ne purent se résoudre à retomber une autre fois sous sa coupe [de Catinat], quelque généreux et chrétien qu'il se fût montré alors Saint-Simon, 180, 2
      • Un étranger qui n'a rien en France et peu sous une coupe étrangère et souvent ennemie n'était pas un parti aisé à établir Saint-Simon, 76, 247
    • Terme de gravure. Action et manière d'entamer la planche avec le burin.

  10. 10Terme de verrier. Quantité de verre en fusion que l'on prend pour faire une glace soufflée.

  11. 11Terme de maçonnerie. Espèce de petit canal qui, placé sous les appuis de croisée, sert à l'écoulement des eaux.

  12. 12Manière de nager, qui, consistant à porter, alternativement et avec force, chaque bras en avant et à le ramener le long du corps, d'avant en arrière, coupe l'eau rapidement. Nager à la coupe. Faire la coupe.

Étymologie

Voy. COUPER.

2coupe s. f. (kou-p')

  1. 1Vase à boire, ordinairement plus large que profond.

    • Il se dit surtout en poésie.

  2. 2Fig.

    • Boire la coupe jusqu'à la lie, souffrir une humiliation, une infortune complète.

  3. 3La partie de la communion de l'Eucharistie qui se fait avec le vin qu'on met dans la coupe. Le concile de Constance a retranché la coupe aux laïques qui en avaient autrefois l'usage.

    • Le commandement pour tous les fidèles de participer à la coupe Bossuet, Comm.
    • Quant au désir qu'il a du rétablissement de la coupe Bossuet, Déclar.
  4. 4Terme d'architecture. Coupe de fontaine, petit bassin en marbre ou en pierre, recevant l'eau du jet.

    • Partie concave d'une voûte ronde, qui se nomme autrement coupole, d'après les Italiens.

    • Donner plus ou moins de coupe aux joints des voussoirs d'un arc, en rendre l'inclinaison plus ou moins forte.

  5. 5Terme d'astronomie. Constellation de l'hémisphère austral.

  6. 6La fausse coupe, certaine partie d'un calice.

    • Les calices seront marqués et contre-marqués au bouge, fausse coupe et couvercle, Règlem. orfévr. 30 déc. 1679
  7. 7Terme de turf. Prix décerné dans les courses anglaises.

Étymologie

Picard, cope ; provenç. espagn. et portug. copa ; ital. coppa ; du latin cuppa ou cupa (voy. aussi CUVE).

3coupé, ée part. passé. (kou-pé, pée)

  1. 1Tranché.

    • Avoir le cou coupé, perdre la tête sur l'échafaud.

      • Pomenars ne fait que sortir de ma chambre ; nous avons parlé assez sérieusement de ses affaires, qui ne sont jamais de moins que de sa tête ; le comte de Créancé veut à toute force qu'il ait le cou coupé ; Pomenars ne veut pas ; voilà le procès Mme de Sévigné, 70
    • Barbe coupée. Cheveux coupés.

    • Familièrement.

      • Elle venait d'être coupée [d'avoir les cheveux coupés] Mme de Sévigné, 44
    • Cette locution n'est plus usitée du tout.

  2. 2Terme d'architecture. Pan coupé, surface qui remplace l'angle à la rencontre de deux pans de mur.

    • Terme de peinture. Contour coupé, contour qui n'est pas bien tournant et qui, étant tranché trop net, paraît dur.

  3. 3Interrompu. Pays coupé de canaux.

    • La route est fort coupée et le pays difficile J.-J. Rousseau, Ém. V
    • Le royaume de Siam, quoique coupé par une chaîne de montagnes qui va se réunir aux rochers de la Tartarie, est d'une fertilité prodigieuse Raynal, Hist. phil. IV, 12
    • Terme militaire. Dont la retraite est interceptée. L'ennemi coupé par une manœuvre audacieuse.

      • Il annonce que la première ligne de Murat a été surprise et culbutée, sa gauche tournée à la faveur des bois, son flanc attaqué, sa retraite coupée Ségur, Hist. de Nap. VIII, 11
  4. 4Terme de marine. Pont coupé, élévation d'une partie du pont de certains bâtiments de commerce.

  5. 5Châtré.

    • L'Angleterre ne permet pas la sortie de ses chevaux s'ils ne sont coupés Montesquieu, Esp. XX, 12
  6. 6Fig. Voix coupée par les sanglots.

    • Les échos assoupis ne livrent au zéphyre Que des soupirs mourants, de silence coupés Lamartine, Méd. II, 2
    • Terme de littérature. Style coupé, style à phrases courtes, et aussi celui où l'orateur, paraissant entraîné par la passion, ne fait pas toujours les phrases complètes, supprime quelque liaison entre les propositions, n'achève pas toujours sa pensée et la laisse deviner en partie.

      • Sa conversation était légère, agréable et instructive par le grand nombre d'hommes et de peuples qu'il avait connus, elle était coupée comme son style, pleine de sel et de saillies, sans amertume et sans satire D'ALEMBERT, Éloges, Montesquieu.
    • Phrase, strophe bien coupée, phrase, strophe où les repos sont bien ménagés.

  7. 7Point coupé, espèce de dentelle faite avec des feuilles pointues.

  8. 8Terme de blason. Écu coupé, écu divisé par le milieu, de droite à gauche, par une ligne horizontale ou dans le sens de la fasce.

    • Animaux coupés, têtes de loups, de sangliers et autres animaux, ou pieds et autres membres, quand ils paraissent nettement séparés du corps. Coupé de l'un ou l'autre, se dit quand, sur un écu ainsi coupé, il y a un animal ou autre pièce ou meuble brochant sur le tout, qui est pareillement coupé, en sorte que l'émail du chef se trouve en la pointe, et, réciproquement, celui d'en bas se trouve en haut.

  9. 9Mélangé avec un autre liquide de force moindre. Du vin coupé d'eau. Les vins forts sont coupés avec des vins plus légers.

    • Absolument. Mélangé avec de l'eau. Lait coupé. Bouillon coupé.

4coupé s. m. (kou-pé)

  1. 1Voiture bourgeoise, dont la caisse n'a qu'un fond. Un joli coupé.

    • Adjectivement. Carrosse coupé.

      • Compartiment antérieur d'une diligence. Prendre une place dans le coupé.

      • Dans les chemins de fer, coupé-lit, wagon disposé pour le transport de malades ou de blessés. Coupé simple, compartiment où l'on n'a pas de vis-à-vis, exactement comme dans le coupé d'une diligence.

  2. 2Pas de danse autrefois fort en usage. On en distinguait plusieurs : le plus ordinaire comprenait un demi-coupé, c'est-à-dire un plié relevé avec changement de pied, suivi d'un pas glissé.

    • Demi-coupé, pas de danse qui commence le coupé. Il consiste à rapporter devant le pied qui est derrière, ou réciproquement, en pliant les genoux et se relevant aussitôt. Le demi-coupé exige deux temps ; il se fait en avant, en arrière ou de côté.

  3. 3Terme d'escrime. Coupé sur pointe ou, simplement, coupé, mouvement de l'épée qui équivaut, quant au résultat, à un dégagement.

  4. 4Terme de musique. Mot qui, écrit sur une note, marque que l'on doit la frapper, mais l'abandonner à l'instant, sans lui donner sa valeur de durée.

  5. 5Terme de blason. Une des quatre partitions de l'écu.

  6. 6Terme de marine. Élévation de quelques centimètres faite à l'arrière sur le pont d'un bâtiment.

  7. 10Spectacle coupé, spectacle où l'on joue des parties de différentes pièces.

Étymologie

Coupé 1.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander