crieur, euse s. m. et f. (kri-eur, eû-z')
-
1Celui, celle qui crie, qui élève la voix.
Tous les gens de guerre, qui étaient autant de crieurs à gage pour moi dans les rues et dans la salle du palais
Retz, Mém. t. I, liv. II, p. 374, dans POUGENS- Fais mettre pied à terre à cette crieuse Scarron, Rom. com. 2e part. ch. 11
- C'est bien fait de fermer la porte à ce crieur Racine, Plaid. II, 10
-
2Celui qui fait la proclamation des ordonnances, l'annonce des enchères, etc. Un crieur public. Les crieurs de la bourse. Un crieur de bulletins. Un crieur assiste tous les jours à la Bourse, pour dire à haute voix le cours des effets publics au fur et à mesure des négociations.
- Le crieur des dieux estMercure ; c'est un de ses cent métiers La Fontaine, Psyché, II, p. 146
-
Juré crieur, ou, simplement, crieur, autrefois officier public chargé par la ville de faire des annonces au nom des particuliers, d'inviter aux funérailles et de fournir la tenture, etc.
La physionomie, le maintien et toute la figure de Laurière serrait le cœur de tristesse ; elle [sa physionomie] était faite pour être crieur d'enterrement
Saint-Simon, 199, 152
-
Juré crieur s'est dit aussi de certains officiers qui publiaient des édits.
-
3Celui, celle qui court habituellement les rues en annonçant par un cri ce qu'il vend. Les crieurs des rues.
- Et fût-il crieur de moutarde,Vous en avez toujours pitié Régnier, Mac.
-
Crieuse de vieux chapeaux, nom qu'on donnait aux femmes qui vont par les rues de Paris criant vieux habits, vieux galons, et achetant les vieilles défroques.
La marquise de Charlus était toujours faite comme une crieuse de vieux chapeaux
Saint-Simon, 525, 245
Étymologie
Crier ; provenç. cridaire, cridador ; catal. cridayre, cridadore ; espagn. gritador ; ital. gridatore. Dans l'ancien français, criere, dans le provençal, cridaire est au nominatif, du bas-latin cridátor, avec l'accent sur dá ; crieor et cridador est le régime, de cridatórem, avec l'accent sur tó.