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1Prêtre placé à la tête d'une paroisse, et soumis dans l'exercice de ses fonctions à l'évêque du diocèse.
On ne peut pas faire une loi qui obligeât les curés à dire la messe
Pascal, Prov. 6
Ce que je trouvai de plus ferme à Paris dans la consternation, furent les curés ; ils travaillèrent dans ces sept ou huit jours-là parmi le peuple avec un zèle incroyable
Retz, Mém. liv. III, p. 105, dans POUGENS
Feu M. le duc de Bourgogne avait la plus grande estime pour les curés de Paris ; il était persuadé qu'il fallait leur faire l'accueil le plus favorable à la cour, et leur accorder, autant qu'il était possible, les petites grâces qu'ils demandaient pour des familles
SAINT-FOIX, Ess. Paris, Œuvres, t. IV, p. 214, dans POUGENS
Mon bon ami, je ne trouve rien de si beau que d'être curé ; un bon curé est un ministre de bonté, comme un bon magistrat est un ministre de justice
J.-J. Rousseau, Ém. IV
De bons curés seront, quand on le voudra bien, dans les villes et dans les campagnes, des missionnaires perpétuels, et de plus des arbitres, des conciliateurs, de fidèles dépositaires de la confiance des familles, des liens de concorde, de zélés surveillants de la tranquillité publique
MARMONT., Élém. litt. t. VI, p. 70, dans POUGENS
Le curé ne doit connaître ni saisons, ni distance, ni contagion, ni soleil, ni neige, s'il s'agit de porter l'huile au blessé, le pardon au coupable, ou son Dieu au mourant
Lamartine, dans le Dict. de DOCHEZ.
- Coupable ou malheureux, vous n'avez rien à taire ;Pardonner, soulager, c'est tout mon ministère ;Je suis l'œil et la main et l'oreille de Dieu,Sa providence à tous, le curé de ce lieu Lamartine, ib.
- Un mort s'en allait tristementS'emparer de son dernier gîte ;Un curé s'en allait gaiementEnterrer ce mort au plus vite La Fontaine, Fabl. VII, 1
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Spécialement, en termes d'administration, le curé d'une église paroissiale, par opposition à la succursale.
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Dans le langage ordinaire, par politesse, on donne le nom de curé au simple succursaliste.
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Familièrement. C'est Gros-Jean qui remontre à son curé, se dit d'un ignorant qui prétend conseiller un plus habile que lui.
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Curé primitif, titre porté par certaines communautés régulières qui avaient jadis possédé des cures et qui en avaient gardé quelques droits.
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Monsieur le curé n'aime pas les os, que lui donnez-vous à manger ? Jeu d'enfants ou attrape fondée sur l'homophonie d'os et de la voyelle o. Il faut répondre par un mot dans le nom duquel la voyelle o n'entre pas : des navets, du veau, un canard, etc. Mais si l'on dit des carottes, des abricots, etc. on donne un gage.
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2Morceau de chapeau dont le coutelier se sert pour tenir les pointes des pièces sur le polissoir.
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3Variété de tulipe d'un gris de lin fort pâle.
Proverbes
Il faut faire carême-prenant avec sa femme et Pâques avec son curé
. Vous allez trop vite à l'offrande, vous ferez choir M. le curé
, se dit à ceux qui s'empressent trop de faire quelque chose. Il a affaire au curé et aux paroissiens
, se dit de celui qui a affaire à plusieurs parties ensemble. Qui croit sa femme et son curé est en danger d'être damné
, c'est-à-dire une femme est capable de faire damner un homme nonobstant les bonnes instructions de son curé.
Étymologie
Bas-latin, curatus, curé, de cura, soin (voy. CURE 1) : celui qui est chargé d'un soin, du soin des âmes. Quelques-uns ont voulu le rattacher au latin curio, prêtre de la curie ; mais la forme du mot ne le permet pas.
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1Soin, souci. Ce mot ne se dit guère qu'avec le verbe avoir et sans article. Il n'a cure de rien.
- L'âne, qui goûtait fort l'autre façon d'aller,Se plaint en son patois ; le meunier n'en a cure La Fontaine, Fabl. III, 1
Les Biron le sucèrent [Noyer] si parfaitement qu'il est mort sur un fumier, sans que pas un d'eux en ait eu souci ni cure
Saint-Simon, 479, 192
Sa femme languit et meurt ; le mari n'en a cure, et c'est là, dit-on, ce qui l'a tuée
Paul-Louis Courier, Lett. II, 95
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2Terme de médecine. Traitement d'une maladie, d'une blessure, qui en produit la guérison. Il a entrepris cette cure. Cure difficile.
- Il en fit prendre soin, la cure fut complète Corneille, Poly. I, 4
Un médecin d'importance qui fait des cures merveilleuses
Molière, Am. médecin, III, 4
S'il fait cette cure, il ne sera pas mal à la cour
Mme de Sévigné, 422
Votre prieur a fait là une belle cure
Mme de Sévigné, 441
Ce qui arriva de cela [une saignée de pied], c'est que ma difficulté de respirer ne diminua point, et que, le lendemain, ayant marché mal à propos, le pied m'enfla de telle sorte que j'en fus trois semaines dans le lit ; c'est là toute la cure qu'il [Perrault le médecin] m'a jamais faite, que je prie Dieu de lui pardonner en l'autre monde
Boileau, Longin, Subl. réflex. I
- Tous deux s'étant trouvés différents pour la cure,Leur malade paya le tribut à nature La Fontaine, Fabl. V, 12
Par là, le plus difficile étant fait, il formait en lui-même le plan de la cure et le suivait avec une constance inébranlable....
Fontenelle, Chirac
Cette cure coûta à M. Littre quatre mois de soins les plus assidus et les plus fatigants
Fontenelle, Éloges, Littre.
Chaque médecin [en Égypte], si l'on en croit Hérodote, se renfermait dans la cure d'une seule espèce de maladie, les uns pour les yeux, d'autres pour les dents, et ainsi du reste
Rollin, Hist. anc. Œuvres, t. I, p. 94, dans POUGENS
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Cure radicale, celle qui consiste à faire disparaître complétement une affection interne ou chirurgicale. Cure palliative, celle qui ne fait qu'enlever quelques-uns des symptômes d'une maladie et qui en laisse subsister le fond.
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Cure d'eaux minérales, cure de bains de mer, saison passée aux eaux, afin d'en faire un emploi méthodique pour un but déterminé.
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On dit de même : cure de petit-lait, cure de raisin, usage du petit-lait, du raisin pendant un certain temps et en grande quantité chaque jour.
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3Terme de fauconnerie. Peloton de chanvre, de coton ou de plume qu'on fait avaler à an oiseau de chasse pour dessécher son flegme. Les oiseaux se portent mieux quand ils ont rendu leur cure. Ce faucon tient sa cure. Armer les cures, les préparer pour les faire avaler
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4Revêtement des moules à laiton avec de la bouse de vache.
Synonymes
1° CURE, CURATION. Il y a cette différence entre cure et curation, que le premier de ces mots indique un traitement achevé et le second un traitement proposé ou actuellement employé. 2° CURE, GUÉRISON., Il y a cette différence entre cure et guérison, que le premier se rapporte au médecin, et le second au malade. On fait une cure, on procure une guérison. On dit une belle cure, c'est-à-dire qui fait honneur à celui qui l'a entreprise ; et l'on dit une guérison prompte et parfaite. Enfin, cure exigeant l'intervention d'un traitement, ne se dit guère que des maux qui ont quelque durée, quelque gravité, tandis que guérison se dit de toute espèce de maux, petits ou grands.
Étymologie
Wallon, keure ; provenç. espagn. et ital. cura ; du latin cura, coira, coera, que quelques étymologistes ont essayé de ramener à une forme cov, cav, radical de cavere, avoir soin, prendre garde.