déçu, ue part. passé (dé-su, sue)
-
1Qui a éprouvé une déception.
- Que feront nos amis, si vous êtes déçue ? Corneille, Cinna, I, 4
- Quelque chose le trouble, ou je suis fort déçu Molière, le Dép. II, 7
Ceux que les armes n'avaient pu vaincre ni les conseils ramener, sont revenus tout à coup d'eux-mêmes ; déçus par leur liberté, ils en ont à la fin détesté l'excès, honteux d'avoir eu tant de pouvoir, et leurs propres succès leur faisant horreur
Bossuet, Reine d'Anglet.- Malgré mes vœux, seigneur, honteusement déçus Racine, Andr. IV, 3
- âme lâche et trop digne enfin d'être déçue Racine, Baj. IV, 3
- Madame, je vois bien que vous êtes déçue Racine, Bérén. III, 3
- Mais sans chercher au fond si notre esprit déçuSait rien de ce qu'il sait, s'il a jamais rien su Boileau, Sat. VIII
- Mais combien d'écrivains, d'abord si bien reçus,Sont de ce fol espoir honteusement déçus ! Boileau, Sat. IX
-
2Au déçu, loc. adv. En décevant.
Proche de la tour on me vint avertir Que pour voir les Romains vous en alliez sortir, Et qu'à notre déçu, de puissance absolue, Vous aviez avec eux une trêve conclue
MAIR., M. d'Asdrub. IV, 3- Ma mère, à mon déçu, par Éphite avertie,Avec tous ses efforts empêchait ma sortie Rotrou, Antig. III, 2
Apprends.... qu'au sort de Babet les nœuds de l'hyménée, Au déçu de mon père, ont joint ma destinée
HAUTEROCHE, le Deuil, sc. 4
-
Cette locution vieillit ; cependant elle est bonne.
Supplément
DÉÇU. Ajoutez : - REM. La locution au déçu est mal placée à DÉÇU ; ce n'est pas le participe passé de décevoir ; c'est celui du verbe savoir, et elle doit être écrite desçu, comme on écrivait anciennement (voy. DESÇU au Supplément). L'orthographe au déçu se trouvait aussi ; et c'est ce qui a induit en erreur.