Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

décerner dans le Littré

1 article· 5 citations· rimes· synonymes· conjugaison

décerner v. a. (dé-sèr-né)

  1. 1Prononcer une peine, en parlant de la loi. Les lois ne décernent aucune peine contre ce méfait.

    • Pourquoi leur [aux prêtres fainéants] décernerait-il [le concile de Trente] des censures et des privations et retranchements de leurs revenus ? Fléchier, Serm. II, 276
    • Le parlement décerna que, si quelqu'un entreprenait de le délivrer, Richard II serait digne de mort Voltaire, Mœurs, 78
    • Enjoindre, par un acte juridique, certaines mesures. Décerner une contrainte.

  2. 2Accorder certaines récompenses, certaines distinctions honorifiques, en parlant de l'autorité publique.

    • Par extension, accorder un prix, en parlant de certaines compagnies. Les prix que l'Académie décerne tous les ans à de belles actions.

    • Il se dit aussi des prix des colléges. On décerne les prix à la fin de l'année scolaire.

    • Fig. Décerner la palme à quelqu'un, déclarer sa supériorité sur ses rivaux.

  3. 3Se décerner, v. réfl. Être décerné. Les récompenses qui se décernent à ceux qui les méritent.

Remarque

Décerner, qui fut d'abord, comme en latin, un terme juridique, passa, par extension, dans le courant du XVIe siècle, au sens de accorder ; et dans le XVIIe siècle on contestait encore quelquefois la légitimité de cet emploi : " Ce n'est guère qu'au palais que l'on dit décerner une prise de corps contre quelqu'un ; cependant je crois qu'on peut employer décerner les honneurs divins, dans un style relevé et pompeux, VAUGEL. Nouv. rem. observ. de M***, p. 133, dans POUGENS. " Aujourd'hui la seconde acception de décerner est admise sans conteste.

Étymologie

Provenç. decernir ; du latin decernere, de de, et cernere, résoudre, le même que ϰρίνειν (voy. CRISE).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander