décrasser v. a. (dé-kra-sé)
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1Ôter la crasse. Décrasser la tête, les mains d'un enfant.
Ce monde, fort mauvaise machine qui a besoin d'être décrassée
Voltaire, Newton, I, 6
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Décrasser du linge, en ôter la partie la plus sale avec une première eau.
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Restaurer un tableau.
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2Fig. Donner à quelqu'un une certaine instruction dont il ne peut manquer sans honte. On le mit quelque temps au collége pour le décrasser.
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Former aux habitudes du monde. Il faut bien un peu décrasser un pédant.
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Revêtir d'une charge, d'un titre une personne de basse condition.
César Alexandre Patin est un financier fort bon à décrasser, madame
Dancourt, Été des coquettes, sc. 3Saint-Laurent fit prendre le petit collet à Dubois pour le décrasser
Saint-Simon, 2, 42Il est généalogiste : ces nouveaux riches auront besoin de lui pour décrasser leurs ancêtres
MONTESQUIEU, Lett. pers. 132" M. Marmontel, me dit-il, le roi me décrasse ; " je répondis, comme je le pensais, que sa noblesse à lui était dans l'âme, et valait bien celle du sang
MARMONT., Mém. liv. v.J'avais cru qu'en épousant une fille de condition comme il a fait, cela le décrasserait ; mais point du tout
D'ALLAINVAL, Éc. des bourg. I, 2Il n'est vilain qui, pour se faire un peu décrasser, n'aille du roi à l'usurpateur et de l'usurpateur au roi
Paul-Louis Courier, I, 118
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3Se décrasser, v. réfl. Ôter la crasse dont on est couvert.
Il passa le reste de la journée à se décrasser
Hamilton, Gramm. 9
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Fig. Se former, se faire aux manières du monde. Il commence à se décrasser un peu.
N'allez-vous pas dans le temple du goût vous décrasser ?
Voltaire, Goût.Nous étions de grands ignorants et de misérables barbares quand les Arabes se décrassaient
Voltaire, Lett. Paulet, 21 avril 1768Bientôt, changeant de mœurs et de langage, Je me décrasse ; et m'étant dérobé à cette fange où j'étais embourbé, Je prends mon vol....
Voltaire, Pauvre diable.
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Sortir de la roture.
Étymologie
Dé.... préfixe, et crasse.