dédaigneux, euse adj. (dé-dè-gneû, gneû-z')
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1Qui a du dédain.
Dédaigneuse princesse
Racine, Phèd. I, 1Cet homme est abstrait, dédaigneux, et semble toujours rire en lui-même de ceux qu'il croit ne le valoir pas
La Bruyère, I- D'un peuple industrieux les talents mercenairesDe mon goût dédaigneux ne sont plus tributaires Voltaire, Scythes, II, 1
- Et notre langue même, à tout esprit vulgaireDe nos vers dédaigneux fermant le sanctuaire,L'avertit tout d'abord que, s'il y veut monter,Il doit savoir tout craindre et savoir tout tenter André Chénier, l'Invention.
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Substantivement.
C'était par faiblesse qu'il faisait le dédaigneux
Bossuet, Avert. 6
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2Se dit, en parlant des femmes, de celles qui n'ont aucun regard pour les hommages des adorateurs.
Il se trompait pourtant sur le caractère de Formosante, elle n'était pas si dédaigneuse qu'elle le paraissait
Voltaire, Princ. de Babyl. 3
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Substantivement.
- Elles aiment ailleurs, ces belles dédaigneuses Corneille, Agésil. I, 4
- C'était ceci, c'était cela ;C'était tout ; car les précieusesFont dessus tout les dédaigneuses La Fontaine, Fabl. VII, 5
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3Qui exprime le dédain. Une réponse dédaigneuse.
- Mais tu sais bien aussi de quel œil dédaigneuxJe regardais ce soin d'un vainqueur soupçonneux Racine, Phèd. II, 1
- Cela lui sied fort bien, et cet air dédaigneuxQu'elle a pris à la cour, lui sied encore mieux Regnard, Démocr. IV, 2
Silence dédaigneux
Voltaire, Triumv. II, 4Courroux dédaigneux
Voltaire, Tanc. IV, 5Le portier, qu'on aurait pris pour un grand seigneur, les introduisit avec une espèce de bonté dédaigneuse
Voltaire, Zadig, 20Il se retira en me jetant un coup d'œil dédaigneux accompagné d'un souris moqueur
Marivaux, Pays. parv. 6e part. t. III, p. 90, dans POUGENSAcquérez le droit d'être dédaigneux, et ne le soyez pas
Diderot, Salon de 1767, Œuvres, t. XIV, p. 313J'y insérai une petite note assez dédaigneuse qui mit Vernes en fureur
J.-J. Rousseau, Conf. XIC'est la sévérité despotique, c'est la dédaigneuse médiocrité de ma belle-mère
Mme de Staël, Corinne, XVI, 3
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4Dédaigneux de, qui dédaigne, qui néglige.
- Tout monarque indolent, dédaigneux de s'instruire,Est le jouet honteux de qui veut le séduire Voltaire, Ép. XLVI, 45
Je me flattai longtemps que, fidèle à sa gloire, Dédaigneux de sa vie et regardant l'histoire, Fiesque.... Vengerait Gêne esclave et nos droits envahis
ANCELOT, Fiesque, I, 4De ces riches atours une autre [plante] dédaigneuse Laisse à ses sœurs l'azur, la pourpre, le saphir, Et se livre sans voile aux baisers du zéphyr
Delille, Trois règnes, VIOn était si préoccupé des affaires politiques, si dédaigneux de la poésie, que les vers admirables de Thompson restèrent d'abord ignorés du public et du protecteur que le poëte avait invoqué
VILLEMAIN, Litt. fr. XVIIIe siècle, 2e part. 2e leçon.
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5Terme d'anatomie. Le muscle dédaigneux, et, substantivement, le dédaigneux, le muscle droit externe de l'œil ; ancien nom de ce muscle qui tire l'œil en dehors et de côté.
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6Qui mérite, qui excite le dédain.
C'est chose contraire à la nature de se nourrir de viandes sales, grossières et dédaigneuses
Malherbe, Lexique, éd. L. Lalanne. Inusité en ce sens.
Étymologie
Dédaigner ; provenç. desdenhos ; espagn. desdeñoso ; portug. desdenhoso ; ital. disdegnoso.