Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

déloger dans le Littré

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1déloger v. n. (dé-lo-jé. Le g prend un e devant a et o : je délogeais, délogeons)

  1. 1Sortir d'un logement pour aller s'établir ailleurs. Ils délogent à chaque terme.

  2. 2Familièrement, sortir d'un lieu.

    • Fig.

      • Il se perd aussitôt et déloge du monde Malherbe, I, 4
      • .... Elle sent chaque jourDéloger quelques ris, quelques jeux, puis l'amour La Fontaine, Fabl. VII, 5
      • Il y a des païens qui croient qu'après la mort d'un homme son âme ne fait que déloger d'un corps à un autre Hist. des Bramines, dans RICHELET
      • Il faut que tout déloge, pièce à pièce, jusqu'à ce qu'on retombe dans l'état où l'on était avant de naître Voltaire, Lett. Mme du Deffant, 30 oct. 1777
      • Il se renferma seul dans une petite maison, où il attendit en philosophe que son âme délogeât de son corps pour passer dans un autre Diderot, Opin. des anc. phil. (Sarrasins).
      • Délogez à l'instant ! - Déloger ! ah fi ! que c'est mal parler ! BEAUMARCHAIS, Barb. de Sév. II, 12
  3. 3Partir, en parlant de troupes logées par étapes. Vieux en ce sens.

    • Les troupes qui y étaient sont délogées Mme de Sévigné, 194
  4. 4V. a. Ôter un logement à quelqu'un, lui faire quitter son appartement. Je n'ai pas dessein de vous déloger.

    • On a bien délogé des gens de Sorbonne, mais cela ne me déloge pas de chez moi Pascal, Prov. 17
  5. 5Terme de guerre. Faire quitter un poste. On a délogé l'ennemi de cette place.

  6. 6Fig. et familièrement, faire sortir quelqu'un d'une position commode où il s'était mis.

    • Aurait aussi attenté ladite Raison, par une entreprise inouïe, de déloger le feu de la plus haute région du ciel, et prétendu qu'il n'avait là aucun domicile, nonobstant les certificats du dit philosophe [Aristote] et les visites et descentes faites par lui sur les lieux Boileau, Arrêt burlesque.
    • La veille de son arrivée, on me délogea de la chambre de faveur que j'occupais, contiguë à celle de Mme d'Épinay ; on la prépara pour M. Grimm J.-J. Rousseau, Confess. IX
    • Pourquoi entre-t-il [le serpent, le démon] tous les jours dans le corps des gens par sa seule vertu, et tant de gens sages prétendent-ils l'en déloger par des paroles ? Voltaire, Taureau blanc, 5

Remarque

Déloger, v. n. se construit avec l'auxiliaire avoir, quand on veut exprimer l'action, et avec l'auxiliaire être, quand on veut exprimer l'état : il a délogé aujourd'hui ; il est délogé depuis huit jours.

Étymologie

Dé.... préfixe, et loger.

2déloger s. m. (dé-lo-jé)

  1. L'action de déloger, de s'en aller, de décamper.

Étymologie

Déloger, à l'infinitif, pris substantivement.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander