dépêcher v. a. (dé-pê-ché)
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1Faire promptement, hâter l'exécution d'une chose. Dépêchez ce que vous avez à faire. Il dépêcha ses petites affaires.
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Absolument. Se hâter.
C'est trop perdre de temps à souffrir ces discours ; Dépêche, Octavian
Corneille, Héracl. V, 3- Dépêche seulement et cours vers ma rivaleLui porter de ma part cette robe fatale Corneille, Médée, IV, 2
- Dépêchez.... faites tôt, et hâtez nos plaisirs Molière, F. sav. III, 1
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2Familièrement, faire vite quelque chose.
Ayant dépêché toutes ces bonnes actions avec ce sang-froid actif qui m'étonnait toujours
Voltaire, Jenni, 5
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Manger vite.
Il dépêcha le sien [son gâteau] pour me demander le troisième
J.-J. Rousseau, Ém. II
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Dépêcher quelqu'un, expédier vite son affaire.
Il n'est pas de ces médecins qui marchandent les maladies ; c'est un homme expéditif qui aime à dépêcher ses malades
Molière, Pourc. I, 7
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Familièrement, se défaire de quelqu'un en le tuant. Pendant qu'il criait au secours, les brigands qui l'avaient arrêté le dépêchèrent.
Ils se mirent à assassiner les soldats romains ; s'ils en avaient de logés chez eux, ils trouvaient moyen de les dépêcher
Malherbe, Le XXXIIIe livre de T. Live, ch. 29- C'est que cet enragé sait déjà la façonDont il faut dépêcher ceux de notre lignage Scarron, Jodelet, IV, 5
- Oui, j'ai juré sa mort ; rien ne peut m'empêcher :Où je le trouverai, je le veux dépêcher Molière, Sgan. 21
Un vieille tante qu'un grand médecin dépêcha dans l'autre monde
Voltaire, l'H. aux 40 écus, Lettre à l'homme...De jeunes médecins de Venise viennent dépêcher les cadis et les agas
Chateaubriand, Itin. 96
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3Envoyer, expédier en toute diligence. Dépêcher une nouvelle.
On vient de lui dépêcher un courrier
Mme de Sévigné, 300Comme Portland ignorait les intentions du roi son maître sur une proposition toute nouvelle et d'une telle importance, il demanda le temps de lui dépêcher un courrier et de recevoir ses ordres
TORCY, Mém. t. I, p. 43Cet accord étant fait, les deux rois dépêchèrent chacun dans leur pays un ordre exprès d'assembler une armée de trois cent mille hommes pour enlever Formosante
Voltaire, Princ. de Babyl. 1Ajoutez à cela les courses de ce même laquais dont je vous ai parlé, que mon fils dépêche quatre fois par jour et avec qui, quand il revient, il a toujours de fort longs entretiens
Marivaux, Vie de Marianne, 4e partie, p. 225
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Absolument. Envoyer des dépêches, faire ses dépêches.
Il les fit avertir qu'il dépêchait en Macédoine
Vaugelas, Q. C. 395Ce fut avec Grimaldo que je traitai en Espagne, et que j'y trouvai le seul ministre avec qui le roi dépêchait
Saint-Simon, 456, 180- Si mon frère était mort, doutez-vous que son roi,Pour m'apprendre sa mort, eût dépêché vers moi ? Voltaire, Adélaïde, I, 3
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4Se dépêcher, v. réfl. Se hâter.
- Dépêchezvous, Cléone, aidez mon faible bras Corneille, Médée, V, 4
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5À dépêche compagnon, voy. DÉPÊCHE COMPAGNON.
Étymologie
Wallon, dispêchi, débarrasser ; bourg. dépoché ; espagn. et portug. despachar ; ital. dispacciare, spacciare, substantif, dispaccio, spaccio. Il est bien naturel de considérer comme identiques d'une part le français, de l'autre l'espagnol et l'italien ; aussi, admettant cette identité, Diez rejette l'étymologie de dis-pedicare, débarrasser, empedicare, embarrasser, empêcher, et se demande si impingere, frapper sûr, arrêter, ne serait pas le radical d'empêcher, par l'intermédiaire d'une forme impactare (la discussion pour em-pêcher est la même que pour dé-pêcher). Quoi qu'on pense de l'étymologie des mots espagnols et italiens, il ne faut pas les faire intervenir ; car l'identité n'en est qu'apparente avec le français ; en recourant à la plus ancienne forme, on reconnaît que le mot n'est pas, comme l'espagnol ou l'italien, de trois syllabes, despachar, dispacciar, mais de quatre, depeecher ; il est donc composé comme preecher (prêcher) de praedicare, et conduit nécessairement au bas-latin dis-pedicare, de pedica, piége (voy. PIÉGE). Pieg-e est monosyllabe (en ne comptant pas la finale) parce que pédica a l'accent sur pe, et peech-er est dissyllabe parce qu'il vient de pedicare, où, comme cela arrive dans le passage des mots latins en français, la consonne intermédiaire est tombée, pe-i-care. Il aurait été possible que la formation du français fût autre, et qu'au lieu de perdre la consonne intermédiaire, le mot latin eût perdu l'i bref, ce qui arrive souvent aussi : pedcare ou pedciare, ce qui eût donné en français pieger. En tout cas, la forme despeecher ne peut être rapportée à l'origine indiquée par Diez, et il faut la réserver pour l'espagnol et l'italien ; tout en admettant qu'il y a eu peut-être, dans la langue d'oïl, confusion et assimilation entre depeecher, venant de pedica, et depecher, venant de dis-pactare (voy. EMPÊCHER).