1dérive s. f. (dé-ri-v')
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Terme de mer.
La quantité dont un navire, poussé par le courant ou l'effort du vent, s'éloigne de la route qu'il s'était proposé de suivre ; cette quantité est mesurée par l'angle que fait la quille avec la direction donnée du bâtiment
JALLettre portant qu'il a été fait [à Toulon] une troisième épreuve, sur un moyen vaisseau, de la nouvelle invention du sieur Caze, pour empêcher la dérive et le roulis des vaisseaux, et que tous les officiers qui y ont assisté en sont très édifiés
Le roi à Colbert de Terron, dans JALLes navigateurs sont souvent obligés d'attribuer à l'action des courants la dérive de leur vaisseau
Buffon, Théorie de la terre, article XII
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Il se dit aussi du nombre de brasses qui se trouvent entre le lieu où l'on a jeté la sonde et le lieu du vaisseau.
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L'angle de la dérive ou, simplement, la dérive, l'angle que la quille du bâtiment fait avec la direction réelle de sa route.
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La dérive vaut la route, c'est-à-dire le bâtiment qui est en panne ou à la cape est poussé par la dérive du côté où il doit aller.
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Il y a de la dérive, avoir belle dérive, se dit quand on est assez loin d'un endroit dangereux pour ne pas craindre d'y être entraîné par la dérive.
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Ce bâtiment va en dérive, il est détourné de sa route par les vents, par les courants.
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Aller, être en dérive, se dit aussi d'un bâtiment qui, ne gouvernant plus ou n'étant plus amarré, est entraîné par le courant.
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Être en dérive, flotter au gré du vent, des flots. Un radeau en dérive.
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Dérive ou drive, se dit, dans un bâtiment à plates varangues, de chacune des deux ailes dont on se sert pour empêcher le navire de dériver.
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2Sorte de quille qui s'adapte à une embarcation.
Tout a été prévu d'avance pour faire de la dunette un bateau naviguant : mâture en place, voilure, ancre et grelin, canot de sauvetage, quille ou plutôt dérive qui, cachée dans une coulisse, se développe une fois le navire à flot [le Buss hollandais], qu'une simple dérive placée sur le côté rend parfaitement navigable
Extr. du Journ. du Havre, dans Journ. offic. 13 fév. 1873, p. 1056, 2e et 3e col.
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3Terme d'artillerie. Quantité dont il faut porter la hausse en dehors du plan de tir pour tenir compte de la dérivation en pointant un canon rayé.
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4Sardine de dérive (voy. SARDINE au Supplément).
Étymologie
La première idée qui se présente est de rattacher dérive à dériver 2, qui signifie proprement sortir du ruisseau (lat. de rivo, hors du ruisseau). Mais cela ne peut se concilier avec la forme très réelle quoique plus rare qu'on trouve : drive et driver. Il faut donc en venir, comme a fait de Chevallet, à l'anglais to drive, qui a ce sens et qui sera entré très facilement parmi les populations maritimes. Néanmoins il faut admettre qu'il y a eu confusion entre l'anglais to drive et le français dériver. L'anglais to drive est l'anglo-saxon drifan, holland. dryven, danois driver, allem. treiben, pousser.