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un seul est le mot juste.

désert dans le Littré

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1désert, erte adj. (dé-zêr, dé-zèr-t')

  1. 1Qui est sauvage et sans habitants. Une campagne déserte. île déserte.

    • C'est un instinct commun à tous les êtres sensibles et souffrants de se réfugier dans les lieux les plus sauvages et les plus déserts Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virg.
    • L'île était déserte, lorsque les Français y abordèrent en 1720 et changèrent son nom de Maurice en celui d'île de France qu'elle porte encore Raynal, Hist. phil. IV, 20
    • Une contrée déserte et inhabitée est la seule qu'on puisse s'approprier Raynal, ib. VIII, 1
    • Tantôt sur les sommets de ces roches antiques, Tantôt aux bords déserts des lacs mélancoliques Lamartine, Méd. I, 5
    • Dans des sables brûlants, sur des rochers déserts Voltaire, Fanat. II, 4
  2. 2Par exagération, très peu fréquenté. Rue déserte. Quartier désert.

  3. 3Terme d'ancienne pratique. Un appel était désert, quand celui qui l'avait interjeté ne l'avait pas relevé par lettres dans les trois mois.

Synonymes

DÉSERT, INHABITÉ. Le lieu inhabité est celui qui est sans habitants, sans habitations. Un lieu désert non-seulement est inhabité, mais encore offre à l'esprit quelque chose de sauvage, de reculé loin de toute culture et même de toute civilisation.

Étymologie

Bourguig. dézar ; provenç. et catal. desert ; espagn. desierto ; ital. deserto ; du latin desertus, de deserere, abandonner. Dans l'ancienne langue, désert avait sa signification complète et s'appliquait aux personnes dans le sens d'abandonné, de privé de.

2désert s. m. (dé-zêr ; le t ne se lie pas : un dé-zêr affreux ; au pluriel, l's ne se lie pas : des dé-zêr affreux ; cependant quelques-uns lient : des dé-zêr-z affreux)

  1. 1Lieu, pays sauvage et désert.

    • L'esprit de Dieu conduit Benoît au désert Massillon, Panég. St Benoît.
    • Quel climat, quel désert a donc pu te cacher ? Racine, Esth. I, 1
    • Les déserts autrefois peuplés de sénateursNe sont plus habités que par leurs délateurs Racine, Brit. I, 2
    • Étant partis d'Horeb, nous passâmes par ce grand et effroyable désert que vous avez vu Saci, Bible, Deutéron. I, 19
    • Voici le plus beau désert qu'on puisse voir ; n'admirez-vous pas ces ruisseaux qui tombent des montagnes, ces rochers escarpés, et en partie couverts de mousse ? Fénelon, Dial. des morts mod. Léger, Ébroin.
    • De déserts en déserts errant, persécuté Voltaire, Mérope, V, 1
    • Ses sorties journalières [de Napoléon], qu'éclairait toujours un soleil brillant, dans lequel il s'efforçait de voir et de montrer son étoile, ne le distrayaient point ; au triste silence de Moscou morte se joignait celui des déserts qui l'environnent, et le silence encore plus menaçant d'Alexandre Ségur, Hist. de Nap. VIII, 10
    • Fig.

      • Je ne me plais qu'avec le monde, et tout sans lui m'est un désert et m'ennuie Bourdaloue, Pensées, t. II, p. 393
      • Ils voudraient être au fond des déserts, mais ils n'ont pas la force de se faire un désert du monde lui-même Massillon, Profess. relig. Sermon 1
      • Le seul qui m'entendît encore dans ce désert peuplé Mme de Staël, Corinne, XIV, 3
      • Ô toi qui m'apparus dans ce désert du monde, Habitante du ciel, passagère en ces lieux, ô toi qui fis briller dans cette nuit profonde Un rayon d'amour à mes yeux Lamartine, Médit. I, 17
      • J'ai vécu ; j'ai passé ce désert de la vie,Où toujours sous mes pas chaque fleur s'est flétrie Lamartine, ib. I, 18
  2. 2Par extension, lieu, pays peu habité, retiré.

    • Par exagération. Faire un désert de sa maison, ne recevoir personne.

      • Je ne ferai point un désert de ma maison, parce qu'il s'y passe des choses qui me déplaisent comme à vous Diderot, Père de famille, III, 7
    • Familièrement. Parler, prêcher dans le désert, n'être pas écouté.

    • Se retirer au désert, dans le langage de Port - Royal, s'enfermer dans une étroite retraite.

    • Aller entendre la parole de Dieu au désert, locution des protestants qui, après la révocation de l'édit de Nantes, se réunissaient dans des lieux écartés et déserts pour entendre le prêche, qui était interdit sous des peines très sévères.

  3. 3Fig. Absence complète, manque absolu.

    • Quel plan de philosophie plus simple [que celle de Platon] ! quelles vues plus nobles ! mais quel vide ! quel désert de spéculation ! BUFFON, Animaux. Système de génération

Étymologie

Provenç. et espagn. desert ; espangn. desierto ; ital. deserto ; du latin desertum (voy. DÉSERT 1).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander