détromper v. a. (dé-tron-pé)
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1Tirer d'erreur. Il croit qu'on le dessert secrètement ; il faut le détromper.
- Il veut par cet affront qu'elle soit détrompée Racine, Brit. I, 2
La diète fut bientôt détrompée de la fausse nouvelle de la mort du roi de Suède
Voltaire, Charles XII, 2- Le bonheur m'aveugla ; la mort m'a détrompé Voltaire, Alz. V, 7
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Absolument.
Avant d'instruire, il faut détromper
Montesquieu, dans le Dict. de BESCHERELLE.
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Détromper de quelqu'un, ôter à quelqu'un l'opinion qu'il avait d'une autre personne.
On est quelquefois moins malheureux d'être trompé de ce qu'on aime que d'en être détrompé
La Rochefoucauld, dans RICHELETLe dessein d'épouser Lucinde devient un dessein très inutile, si l'on ne la détrompe de Moncade
BARON, Homme à bonnes fort. I, 1
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Détromper se dit des choses dans le même sens.
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2Se détromper, v. réfl. Sortir d'une erreur.
C'en serait assez pour se détromper de tels docteurs
Bossuet, dans LAVEAUXRien n'aide tant à se détromper du monde que le monde même
Massillon, Car. Resp. hum.Les meilleurs princes sont souvent trop crédules ; et, quand ils ont donné leur confiance à quelqu'un de leurs sujets, ils ont peine à la retirer et ne se détrompent pas aisément
Rollin, Hist. anc. Œuvres, t. III, p. 120, dans POUGENS
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3Substantivement. Le détromper, état de celui qui est détrompé.
Il ne m'est resté qu'un détromper complet de toutes les choses que poursuit le monde
Chateaubriand, Mém. d'outre-tombe (éd. de Bruxelles), t. VI, Conclusion, l'idée chrétienne et l'avenir du monde.
Remarque
Vaugelas dit qu'il a vu venir détromper à la cour, qu'on le trouvait étrange au commencement, mais qu'aujourd'hui il est entièrement en usage.
Étymologie
Dé.... préfixe, et tromper.