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un seul est le mot juste.

dieu dans le Littré

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dieu s. m. (dieu)

  1. 1Nom du principe, unique ou multiple, qui, dans toutes les religions, est placé au-dessus de la nature.

  2. 2L'être infini créateur et conservateur du monde dans la religion chrétienne, et aussi dans le mahométisme, dans le judaïsme, et parmi ceux qu'on nomme déistes. En ce sens il est employé sans article.

    • Il est devant Dieu, c'est-à-dire il est mort.

    • Dieu sur tout, locution dont on se sert pour dire que l'avenir est inconnu et qu'il adviendra selon la volonté de Dieu.

    • Entre Dieu et soi, secrètement.

    • Par la grâce de Dieu, formule qu'emploient les princes souverains pour indiquer qu'ils tiennent leur pouvoir de Dieu.

    • Il ne relève que de Dieu et de son épée, se dit d'un souverain qui n'en reconnaît aucun autre au-dessus de lui, et se disait autrefois particulièrement du roi de France.

    • Paix ou trêve de Dieu, paix imposée, durant le moyen âge, par l'autorité religieuse aux seigneurs féodaux à des époques déterminées.

    • Adjectivement. L'Homme-Dieu, Jésus-Christ, par allusion au mystère de l'Incarnation.

      • Il est aussi adjectif dans cette phrase de Bossuet : Tout était dieu, excepté Dieu lui-même, Hist. II, 3.

  3. 3Locutions composées où le nom de Dieu est employé.

    • Familièrement. Cela va comme il plaît à Dieu ; cela va Dieu sait comme, se dit d'une affaire dont la conduite est négligée.

    • S'il plaît à Dieu, avec l'aide de Dieu, Dieu aidant, se dit pour exprimer le désir, l'espoir qu'on a de réussir.

    • Dieu merci, grâce à Dieu, se dit pour exprimer le contentement.

    • Ne craindre ni Dieu ni diable, se dit d'un méchant homme ou d'un homme déterminé que rien n'arrête.

    • C'est un homme de Dieu, tout de Dieu, tout en Dieu, se dit d'un homme fort pieux, fort dévot.

    • Cela lui vient de la grâce de Dieu, lui vient de Dieu grâce, se dit de tout ce qui arrive d'avantageux sans qu'on y ait contribué par ses soins.

    • Devant Dieu, Dieu m'est témoin, Dieu m'en est témoin, sur mon Dieu, formules d'affirmation.

    • Dieu sait, locution qui exprime la négation ou le doute. Dieu sait si j'en ai la pensée, c'est-à-dire je n'en ai certainement pas la pensée. Dieu sait ce qu'il en arrivera, c'est-à-dire ce qui arrivera est caché dans l'avenir.

    • Dieu le sait, locution qui exprime l'affirmation ou qui indique qu'on ignore. Je suis innocent, Dieu le sait. Où serons-nous l'an prochain ? Dieu le sait.

    • Plaise à Dieu, plût à Dieu ! locution qui exprime le désir. Plaise à Dieu qu'il en soit ainsi ! Plût à Dieu qu'il vécût encore !

    • On dit dans le même sens : Dieu le veuille !

    • À Dieu ne plaise ! locution exprimant la crainte. À Dieu ne plaise qu'une vie si précieuse soit tranchée !

    • Dieu vous bénisse, Dieu vous assiste, Dieu vous entende, Dieu vous soit en aide ; façons de parler qu'on emploie (ou plutôt qu'on employait, car cette habitude se perd) quand quelqu'un éternue, et aussi pour adoucir le refus qu'on fait à un pauvre de lui donner l'aumône.

    • Dieu vous entende signifie aussi : Plaise à Dieu. Votre enfant guérira. - Dieu vous entende !

    • Dieu vous gard' ou vous garde, ancienne façon de parler qui s'employait pour saluer quelqu'un en l'abordant.

      • Dieu vous gard', mon frère Molière, F. sav. II, 2
    • Dieu merci et vous, Dieu merci et à vous, locution dont le peuple se servait autrefois pour exprimer la reconnaissance d'un service.

    • Pour l'amour de Dieu, dans la seule vue de plaire à Dieu et, par suite, sans aucun intérêt.

    • Pour l'amour de Dieu, signifie aussi je vous prie en grâce.

    • Comme pour l'amour de Dieu, ironiquement, exprime qu'une chose a été dite ou faite à contre-cœur. On lui en a donné comme pour l'amour de Dieu.

  4. 4Locutions archaïques conservées où Dieu est joint sans préposition au mot qu'il détermine. Le lever-Dieu, le moment de la messe où le prêtre élève l'hostie.

    • La fête-Dieu, la fète du Saint-Sacrement.

    • Hôtel-Dieu, nom donné à l'hôpital principal de plusieurs villes.

  5. 5Il s'emploie explétivement, dans le langage familier, pour ajouter à la force de l'expression.

    • Belles comtés, Beaux marquisats de Dieu qu'il possédait La Fontaine, Faucon.
    • Diamants, brillants, et belles guinées de Dieu Hamilton, Gramm. 6
  6. 6Diverses interjections, exclamations, où le nom de Dieu est employé.

  7. 7Le Dieu vivant, Dieu, l'Éternel.

  8. 8Le bon Dieu, Dieu.

    • Un enfant répète après sa mère une prière au bon Dieu Chateaubriand, Génie, I, VI, 4
    • Par extension, l'hostie consacrée et particulièrement le viatique. Porter, recevoir le bon Dieu.

    • Un homme du bon Dieu, un homme simple, doux, crédule.

      • Un vrai Parisien de Paris, un archiparisien du bon Dieu J.-J. Rousseau, Conf. IV
  9. 9Dieu, être surhumain du polythéisme qui présidait au gouvernement d'une classe de phénomènes, d'un astre, d'un domaine de la nature. Les dieux des gentils. Les douze grands dieux, Jupiter, Mars, Neptune, Pluton, Vulcain, Apollon, Junon, Vesta, Minerve, Cérès, Diane et Vénus. Mercure était le dieu du commerce. Un dieu Gaulois. Rome ouvrit son Panthéon aux dieux des nations qu'elle avait soumises. Les dieux du premier, du second ordre.

  10. 10Demi-dieu, être surhumain d'un ordre inférieur dans le polythéisme, ou homme né d'un dieu et d'une mortelle, comme Hercule.

  11. 11Par extension, les dieux de la terre, les rois, les puissants du jour.

    • Ce qui flatte les ambitieux, c'est une image de la toute-puissance qui semble en faire des dieux sur la terre Bossuet, Politique, X, 2, 5
  12. 12Personnage qui excite l'enthousiasme, la vénération, l'amour. Ils le regardaient comme leur sauveur et leur dieu. Pour eux c'était un dieu.

  13. 13Fig. L'objet d'un culte. L'argent est le dieu du jour.

    • Délaissés des faux dieux en qui vous aviez mis votre espérance Massillon, Car. Rech.
    • Faire son dieu, se faire un dieu de quelqu'un ou de quelque chose, avoir pour quelqu'un, pour quelque chose un attachement excessif. Il n'aime que les richesses ; il en fait son dieu.

Remarque

1. Quand Dieu signifie le créateur incréé du monde, il prend un grand D ; dans les autres cas, il prend un petit d. 2. Hôtel-Dieu, lever-Dieu, fête-Dieu sont non pas des ellipses de la préposition de, mais un archaïsme. L'ancien français, ayant conservé du latin deux cas seulement, le sujet et le régime, marquait la possession en mettant le complément au cas régime. 3. Dans Dieu vous gard', gard' ne devrait pas avoir d'apostrophe, n'étant pas pour garde. Dans l'ancien français le présent du subjonctif se distinguait du présent de l'indicatif en supprimant l'e muet.

Proverbes

Ce que femme veut, Dieu le veut, c'est-à-dire les femmes viennent ordinairement à bout de ce qu'elles veulent. La voix du peuple est la voix de Dieu, d'ordinaire le sentiment général est fondé sur la vérité. Qui donne aux pauvres prête à Dieu, c'est-à-dire que Dieu récompense ceux qui font l'aumône. L'homme propose et Dieu dispose, c'est-à-dire l'issue de ce que l'homme projette est dans les mains de Dieu. Chacun pour soi, Dieu pour tous, se dit pour exprimer que chacun défend ses intérêts, sous la protection de Dieu, qui veille sur tous les hommes.

Étymologie

Picard, guiu, diu, djiu ; bourguig. dei ; franc-comtois, due ; provenç. deus, dieus ; catal. deu ; espagn. dios ; portug. deos ; ital. dio ; du latin deus. Dans le vieux français, deus, dex, diex, au nominatif ; deu, dieu, au régime.

Supplément

DIEU. 2° Ajoutez : Faire Dieu, dans le langage des adversaires du catholicisme, changer l'hostie au corps et au sang de Jésus-Christ. 15°

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander