diviser v. a. (di-vi-zé)
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1Séparer par parties. Diviser un corps avec un instrument tranchant. Diviser un sermon en trois points.
- Mais parce qu'elle voit avec la BithyniePar trois sceptres conquis trop de puissance unie,Il faut la diviser Corneille, Nicom. II, 3
Si la reine en eût été crue, si, au lieu de diviser les armées royales et de les amuser, contre son avis, aux siéges infortunés de Hull et de Glocester, on eût marché droit à Londres, l'affaire était décidée, et cette campagne eût fini la guerre
Bossuet, Reine d'Anglet.Rohault assure qu'un cube d'or de 5 lignes et 1/7 est divisé par des ouvriers en 651590 parties égales à la base
Rollin, Traité des Ét. liv. VI, art. 3 et 4Ce mage divisa en plusieurs parties ce qui n'avait pas besoin d'être divisé
Voltaire, Babouc.
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Terme de typographie. Diviser un mot, le séparer en deux parties, dont la première reste à la fin d'une ligne.
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Fig.
- Il faudra que je perde ou divise son cœur Rotrou, Herc. mour. II, 2
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Séparer par parties pour partager. Je divisai mon argent entre eux.
- À ce tendre dépôt du sort abandonnéJe divisai le pain que le sort m'a donné Voltaire, Guèb. IV, 6
Il fonde les cités, familles immortelles, Et, pour les soutenir, il élève les lois, Qui, de ces monuments colonnes immortelles, Du temple social se divisent le poids
Lamartine, Harm. II, 1
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Absolument. Établir des divisions. Diviser et classer.
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2Par extension, séparer l'un de l'autre.
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3Diviser se dit avec de et d'avec.
Vous diriez qu'il [Jésus-Christ] ne saurait se passer d'eux, et que son royaume ne lui plairait pas s'il ne le possédait en leur compagnie et s'il ne leur en faisait part ; il ne veut pas même que son père les divise de lui dans son affection
Bossuet, 2e serm. pour la Toussaint, IIICes mers qui divisent la Grèce d'avec l'Italie
Fénelon, Tél. XIRien de plus matériel que la théogonie antique ; loin qu'elle ait songé, comme le christianisme, à diviser l'esprit du corps, elle donne forme et visage à tout, même aux essences, même aux intelligences
Victor Hugo, Cromwell, préf.
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Ces exemples prouvent que Voltaire a eu tort de blâmer Corneille d'avoir dit : Une âme d'avec soi divisée (voy. DIVISÉ).
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4Terme de mathématiques. Diviser un nombre, une quantité, une grandeur par une autre, chercher combien de fois cette autre est contenue dans la première.
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5Semer la discorde, la désunion entre les personnes.
- Lorsque deux factions divisent un empire Corneille, Sertor. III, 2
- J'aurai pu jusqu'ici brouiller tous les chapitres,Diviser cordeliers, carmes et célestins Boileau, Lutr. I
Si une maison est divisée contre elle-même, il est impossible que cette maison subsiste
Saci, Bible, Év. St Marc, III, 25- Mais que notre intérêt jamais ne nous divise Voltaire, Triumv. I, 4
- .... Diviser les esprits,Aigrir des gens brouillés ou brouiller des amis Gresset, Méchant, IV, 4
Cet arrangement mêlait trop des hommes qui ne pouvaient s'unir, et la jalousie divisa bientôt ceux qu'un intérêt momentané avait unis
Raynal, Hist. phil. XIV, 14
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Absolument. Diviser pour régner.
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6Se diviser, v. réfl. Être séparé en parties. L'armée se divisa.
- Seul on s'acquitte mieux d'une grande entreprise ;Le travail s'affaiblit alors qu'il se divise Rotrou, Antig. III, 5
Tout le temps de l'histoire romaine depuis Romulus jusqu'à Auguste, qui est de 753 ans, peut se diviser en cinq parties
Rollin, Traité des Ét. liv. V, chap. 1, 3e part. § 1
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Fig.
C'est en cette sorte que les esprits une fois émus, tombant de ruines en ruines, se sont divisés en tant de sectes
Bossuet, Reine d'Anglet.Si Dieu tire un si grand bien de l'hérésie même, il le tire d'une manière encore plus douce et plus avantageuse des troubles qui s'excitent parmi les enfants de l'Église, sans qu'aucun d'eux, pour cela, se divise de son unité
ARNAULD, Apologie pour les saints Pères, préf.
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7Terme d'arithmétique. Contenir un certain nombre de fois. Vingtcinq se divise exactement par cinq.
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8N'être pas de même opinion.
Les juges se divisèrent sur la question de droit
Chateaubriand, Natch. II, 213
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Être en dissension. Les esprits se divisèrent bientôt.
Remarque
Lorsqu'on dit diviser en, les substantifs qui suivent doivent être employés sans article : Le poëme dramatique se divise en tragédie et en comédie, et non pas : en la tragédie et en la comédie.
Synonymes
DIVISER, PARTAGER. Diviser, c'est séparer les parties d'un tout ; partager, c'est faire les parts ou portions ; de sorte que, dans partager, il y a une idée d'attribution qui n'est pas dans diviser. On divisa l'armée, c'est-à-dire qu'on en fit deux ou plusieurs corps séparés ; on partagea l'armée, c'est-à-dire qu'on en attribua les parts à tel ou tel officier, à telle ou telle occupation. Pourtant diviser étant plus général que partager, peut s'employer pour ce verbe ; seulement alors la nuance d'attribution disparaît.
Étymologie
Lat. divisum, supin de dividere, de di-, préfixe, et d'un radical vidĕre, que quelques-uns rattachent à l'étrusque iduo (voy. IDES), et d'autres à vidēre, voir, par abréviation de la voyelle. Dans les autres langues romanes la dérivation est faite de l'infinitif : provenç. devire, devezir, dividir, divizir ; espagn. dividir ; ital. dividere.