Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

donc dans le Littré

1 article· 8 citations· rimes· synonymes

donc conj. (don ou donk, suivant les cas : on prononce don, sans lier le c, quand il est placé dans le milieu de la phrase et qu'une voyelle ne le suit pas : Allons don nous promener ; jusqu'à quand prétendez-vous don me dicter des lois ? Au contraire, on prononce donk en faisant sentir le c, quand donc commence ou termine la phrase : Donk vous devez l'aider ; que pourrait-ce être donk ? Cependant on dit plutôt adieu don, que adieu donk. On prononce donk et on lie le c, quand donc, placé dans le milieu de la phrase, est suivi d'une voyelle : votre frère est don-k arrivé ? Même en ce dernier cas, Chifflet, Gramm. p. 208, remarque, pour son temps, qu'on prononçait don sans lier : qu'est-il don arrivé ?)

  1. 1Sert à marquer la conclusion qu'on tire d'un raisonnement. Vous avez fait une faute, il faut donc la réparer. Il se plaint, on l'a donc maltraité.

    • Je pense, donc Dieu existe, car ce qui pense en moi je ne le dois point à moi-même La Bruyère, XVI
  2. 2Exprime, en général, qu'une chose est ou doit être la conséquence d'une autre.

  3. 3Sert souvent de simple transition pour revenir au sujet après une digression.

  4. 4Sert à marquer une sorte d'étonnement, la surprise que l'on éprouve d'une chose à laquelle on ne s'attendait point.

  5. 5Sert aussi à rendre plus pressante une demande, une injonction. Dites donc ce qu'il y a. Gare donc !

  6. 6Ironiquement, allons donc ! marque d'incrédulité, de défi. Lui, oser prendre la parole en cette occasion ; allons donc !

Remarque

1. Et donc qui se disait au commencement du XVIIe siècle, et que Vaugelas admet encore, n'est plus usité. 2. Donques est une forme ancienne, encore employée par Molière, et que la poésie pourrait se permettre.

Étymologie

Provenç. donc, dunc, doncas, alors, donc ; catal. doncs ; anc. espagn. doncas ; anc. ital. dunqua ; ital. mod. dunque ; pays de Come, donch ; vénitien, donca. Ce mot présente des difficultés. On trouve dans de très anciens textes ad tunc pour alors ; Diez en tire adonc, ce qui en effet explique la substitution, dans toutes les langues romanes, du d au t de tunc ; et il regarde adonc comme la forme primitive, et donc comme une abréviation par aphérèse de la première voyelle. Cela est très satisfaisant pour le sens, donc a yant eu évidemment la signification d'alors, et le passage d'alors à donc se comprenant sans peine. Mais, sans parler du retranchement de l'a initial dans le français, qui en offre si peu d'exemples avérés, les formes en as, doncas, en a, dunqua, en e, dunque, ne se prêtent pas à la dérivation de tunc, tandis qu'elles se prêtent à la dérivation de unquam, ce mot ayant donné unca, unqua, oncas, onke ; de sorte que, quant à la forme, donc serait de-unquam ; mais alors c'est le sens qui fait difficulté. Ces deux alternatives étant posées, on peut penser pourtant que cet adverbe composé de-unquam a pris la signification d'alors et les significations subséquentes, comme l'adverbe composé de-usque a pris le sens de jusque.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander