dot s. f. (dot' ; au pluriel, le t se prononce aussi : les dot' ; l's ne se lie pas : des dot' en argent ; cependant quelques-uns la lient : des dot'-z en argent)
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1Ce qu'on donne à une fille en mariage, le bien qu'elle apporte à son mari. Une riche dot.
- Et il s'engage à la prendre sans dot Molière, l'Av. I, 7
Lorsqu'on s'offre de prendre une fille sans dot, on ne doit point regarder plus avant
Molière, ib. I, 10- Je sais qu'avec mes vœux vous me jugez capableDe vous porter en dot un bien considérable Molière, Femm. sav. V, 1
AEgine qu'on vous propose, et qui, avec une riche dot, apporte de riches dispositions à la consommer, et tout votre fonds avec sa dot
La Bruyère, XIV
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Par extension.
- Mes filles n'ont pour dot que le nom de leur père Corneille, Agésil. III, 2
- Quand on ne prend en dot que la seule beauté,Le remords est bien près de la solennité Molière, l'Étour. IV, 5
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Fig.
- Elle n'est qu'un effet du malheur qui me suit,Je l'ai porté pour dot chez Pompée et chez Crasse Corneille, Pomp. III, 4
- Voyant ce que pour dot Rome lui veut donner Corneille, Sertor. I, 2
- Ce n'est qu'au meurtrier que Mahomet te donne,Quelle effroyable dot ! Voltaire, Fanat. IV, 3
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Terme de jurisprudence. Ce que la femme apporte au mari pour soutenir les charges du ménage. Une dot mobilière.
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2Apport que fait au couvent une fille qui entre en religion.
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3Se dit aussi, abusivement, de ce qu'on donne à un fils. Ils ont eu chacun, le mari et la femme, 30 000 francs de dot.
Remarque
Molière a fait ce mot masculin : ; (des éditions, rajeunissant le texte, ont mis sa dot). Vaugelas et Perrot d'Ablancourt le faisaient aussi masculin. C'est un archaïsme. Mais Ménage remarque que le féminin l'emportait. Patru voulait qu'on écrivît dote, et Regnard a suivi cette orthographe dans le Bal, SC., 14, pour rimer avec il radote : Je fais arrêt sur vous, sur la fille et la dote.
Étymologie
Provenç. dot, s. f. ; espagn. et ital. dote ; bas-lat. dotum ; du latin dos, qui, représentant dot-s, se rapporte à l'adjectif verbal δοτὸς, donné, et dérive du radical δοῦ dans δοῦναι et do dans do-num (voy. DON). Dotum explique le masculin qui a été souvent donné à dot ; et l'exemple de Despériers témoigne qu'au XVIe siècle le t ne se faisait pas sentir.
Supplément
DOT. - REM. Ajoutez : Il faut aussi compter Mme de Sévigné parmi ceux qui ont fait dot du masculin : Son esprit est son dot, 15 juin 1680.