douleur s. f. (dou-leur)
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1Impression anomale et pénible reçue par une partie vivante et perçue par le cerveau ; souffrance physique. Sentir, éprouver une douleur, de la douleur dans un membre. Une douleur aiguë. La douleur que cause une incision. La douleur est différente suivant les parties qui sont lésées.
Ne croyez pas que ses excessives et insupportables douleurs aient tant soit peu troublé sa grande âme
Bossuet, Duch. d'Orl.- La santé que j'appelle et qui fuit mes douleurs André Chénier, Élég. VI
C'est son bien dissipé, c'est son fils, c'est sa femme, Ou les douleurs du corps si pesantes à l'âme
André Chénier, ib. XXXIIIC'est une douleur terrible, mais qui n'a rien de hideux
Diderot, Salon de 1767, Œuvres, t. XIV, p. 301, dans POUGENS.
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Au plur. Les souffrances de l'accouchement. Elle est dans les douleurs. Les grandes douleurs ont commencé.
Ma fille sentit de petites douleurs
Mme de Sévigné, 5
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2Souffrance qui est à l'âme ce que la souffrance physique est au corps. Navré de douleur.
Que j'ai de douleur de voir que Dieu vous abandonne !
Pascal, Prov. 17Nous ne songeons plus qu'il y ait eu un comte de Guiche au monde : vous vous moquez avec vos longues douleurs
Mme de Sévigné, Lett. 28 déc. 1673Cette autre sorte de douleur qu'on appelle repentir
Bossuet, Libre arb. 2- Il faut dans la douleur que vous vous abaissiez ;Pour me tirer des pleurs il faut que vous pleuriez Boileau, Art p. III
Il devrait y avoir dans le cœur des sources inépuisables de douleur pour de certaines pertes
La Bruyère, IV- Il vit chargé de gloire, accablé de douleurs Racine, Mithr. V, 4
- La douleur qui se tait n'en est que plus funeste Racine, Androm. III, 3
- De quel nom sa douleur me va-t-elle appeler ? Racine, ib. II, 5
- Je te laisse trop voir mes honteuses douleurs Racine, Phèdre, I, 3
- Vos amis et les miens....Viennent de confier leur douleur à Narcisse Racine, Brit. III, 5
- La douleur est injuste ; et toutes les raisonsQui ne la flattent point aigrissent ses soupçons Racine, ib. I, 2
- Elle aura devant lui fait parler ses douleurs Racine, Baj. III, 3
Dans sa douleur elle se trouvait malheureuse d'être immortelle
Fénelon, Tél. IVotre lettre, que la douleur a écrite, pénètre mon cœur
Voltaire, Lett. d'Argental, 23 déc. 1774- Le jour, sur leur tombeau, j'allais verser des pleurs,Et je veillais la nuit pour sentir mes douleurs ST-LAMBERT, Saisons, hiver.
Ne le lui proposez pas comme une dissipation ; les grandes douleurs y répugnent ; il faut à leur insu tâcher de les distraire et les tromper pour les guérir
Marmontel, Mém. IJe nomme en général douleur ou déplaisir toute situation de mon âme qu'elle aime mieux ne pas éprouver qu'éprouver
Bonnet, Œuvres mêlées, t. VIII, p. 265, dans POUGENS- Le ciel rit à la terre, et la terre fleurit ;Aréthuse serpente et plus pure et plus belle ;Une douleur plus tendre anime Philomèle André Chénier, Élég. XXVI
- De douleur en douleur je traverse la vie Ducis, Abufar, III, 2
- Quelquefois la douleur n'est pas loin de la joie Ducis, Oscar, I, 2
Je ne sais pourquoi dans le trouble de la douleur on est plus capable de superstition que de piété
Mme de Staël, Corinne, XVIII, 5- Tu fais l'homme, ô douleur, oui, l'homme tout entier,Comme le creuset l'or.... Lamartine, Harm. II, 7
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Fig. et familièrement. Avaler la douleur, boire un coup. Allons, avalez la douleur. C'est une ironie au buveur qui feint de ne vouloir plus boire.
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3Fig. Expression de la douleur. Les douleurs de l'élégie. Un chant plein de douleur.
Proverbes
À la Chandeleur, grande douleur
, c'est-à-dire grande froidure. Ce dicton, la Chandeleur étant le 2 février, ne paraît pas fondé ; on peut croire qu'il n'a été suggéré que par la consonnance, laquelle a fourni en effet un certain nombre de mots ou de locutions incompréhensibles. Pour un plaisir mille douleurs
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Étymologie
Provenç. et espagn. dolor ; portug. dôr ; ital. dolore ; du latin dolorem.