Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

dru dans le Littré

1 article· 14 citations· rimes· synonymes

dru, drue adj. (dru, drue)

  1. 1Bien venant, venant serré, en parlant de l'herbe, des blés, etc. Ces blés sont fort drus.

    • L'herbe était haute et drue Vaugelas, Q. C. liv. III, dans RICHELET
  2. 2Par extension, se dit des personnes que l'on compare à une herbe drue, bien venant, vif et gaillard.

    • Je te promets à ce printemps Une petite camusette, Friponne, drue et joliette, Avec qui l'on t'enfermera ; Puis s'en démêle qui pourra La Fontaine, Poésies mêlées, XXXII, pour Mignon, chien de Son Altesse royale
    • Malgré moi l'on m'a jointe avec vous, Vous vieux penard, moi fille jeune et drue La Fontaine, Cal.
    • Lucrèce jeune et drue et bien taillée La Fontaine, Mandr.
    • La fillette était drue, honnête toutefois La Fontaine, Cas.
    • La petite femme est à cet hôtel de la Rochefoucauld, toute gaillarde et toute drue Mme de Sévigné, 389
    • Catherine de Navarre, dit-on, fut fille amoureuse et drue, qui eut un mari débile Paul-Louis Courier, Lett. I, 339

Étymologie

Provenç. drut ; génois, druo, dense, épais ; piémontais, dru, fertile, en parlant du sol. On a fait venir ce mot de dur par métathèse ; mais ni le sens ni le t du provençal ou de l'ancien français ne permettent cette dérivation. Dru vient probablement du celtique : kimry, drud, hardi ; gaélique, drûth, volontaire ; Cornouailles, dru, beaucoup ; bas-bret. druz, gras. Quel que soit le sens primitif en celtique, le sens primitif en français, d'après les textes, est celui d'herbe drue ; c'est par extension que dru s'est appliqué aux personnes. Il y avait dans l'ancien français un autre mot dru, drue, qui signifiait un fidèle, un amant, une amante ; un substantif, druerie ; dru en ce sens est d'origine germanique.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander