1drue s. f. (drue)
-
Nom d'une espèce d'alouette.
Nom d'une espèce d'alouette.
1Bien venant, venant serré, en parlant de l'herbe, des blés, etc. Ces blés sont fort drus.
L'herbe était haute et drueVaugelas, Q. C. liv. III, dans RICHELET
Par extension. Une pluie drue et menue.
Dru, adv. D'une manière serrée. Il pleut dru. Semer dru. Les balles pleuvaient dru comme mouches.
Fig. Vivement, sans façon. Vous y allez dru.
Allant.... Plus dru qu'une navette au travers d'un métierRégnier, Sat. X
Haussant et baissant les mains dru et menu sur ses cuissesScarron, Roman com. II, 7
Le nœud du mariage Damne aussi dru qu'aucuns autres étatsLa Fontaine, Belph.
Eh ! mais, mais.... mon oncle, un peu de patience ; comme vous allez dru sur les questions !PONT DE VESLE, Somnamb. sc. 2
2Par extension, se dit des personnes que l'on compare à une herbe drue, bien venant, vif et gaillard.
Je te promets à ce printemps Une petite camusette, Friponne, drue et joliette, Avec qui l'on t'enfermera ; Puis s'en démêle qui pourraLa Fontaine, Poésies mêlées, XXXII, pour Mignon, chien de Son Altesse royale
Malgré moi l'on m'a jointe avec vous, Vous vieux penard, moi fille jeune et drueLa Fontaine, Cal.
La petite femme est à cet hôtel de la Rochefoucauld, toute gaillarde et toute drueMme de Sévigné, 389
Catherine de Navarre, dit-on, fut fille amoureuse et drue, qui eut un mari débilePaul-Louis Courier, Lett. I, 339
Il se dit des petits oiseaux assez forts pour s'envoler du nid. Ces moineaux sont drus comme père et mère.
Par extension.
Provenç. drut ; génois, druo, dense, épais ; piémontais, dru, fertile, en parlant du sol. On a fait venir ce mot de dur par métathèse ; mais ni le sens ni le t du provençal ou de l'ancien français ne permettent cette dérivation. Dru vient probablement du celtique : kimry, drud, hardi ; gaélique, drûth, volontaire ; Cornouailles, dru, beaucoup ; bas-bret. druz, gras. Quel que soit le sens primitif en celtique, le sens primitif en français, d'après les textes, est celui d'herbe drue ; c'est par extension que dru s'est appliqué aux personnes. Il y avait dans l'ancien français un autre mot dru, drue, qui signifiait un fidèle, un amant, une amante ; un substantif, druerie ; dru en ce sens est d'origine germanique.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander