1dupe s. f. (du-p')
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1Personne qui a été jouée, trompée, ou qu'il est facile de jouer, d'abuser.
Isidore est entre les mains du cavalier qu'elle aime ; vous êtes pris pour dupe
Molière, Sicil. sc. 20- Lui qui connaît sa dupe et qui veut en jouir,Par cent dehors fardés a l'art de l'éblouir Molière, Tart. I, 2
- Et ne pense pas, toi, trouver ta dupe aussi Molière, le Dép. IV, 4
- Et moi, la bonne dupe à trop croire un vaurien Molière, l'Ét. II, 5
- Allez, vous êtes une vraie dupe Molière, Bourg. gent. III, 4
Ne point mentir, être content du sien, C'est le plus sûr ; cependant on s'occupe à dire faux pour attraper du bien ; Que sert cela ? Jupiter n'est pas dupe
La Fontaine, Fabl. V, 1Vous le croyez votre dupe ; s'il feint de l'être, qui est plus dupe de lui ou de vous ?
La Bruyère, VUn homme d'esprit et d'un caractère simple et droit peut tomber dans quelque piége ; il ne pense pas que personne veuille lui en dresser et le choisir pour être sa dupe
La Bruyère, II- Il faut opter des deux, être dupe ou fripon Regnard, Joueur, I, 7
- Le désir de gagner qui nuit et jour occupeEst un dangereux aiguillon ;Souvent, quoique l'esprit, quoique le cœur soit bon,On commence par être dupe,On finit par être fripon Mme DESHOULIÈRES, Réflexions diverses.
Il est très malaisé que la plupart des principaux d'un État soient malhonnêtes gens, et que les inférieurs soient gens de bien ; que ceux-là soient trompeurs, et que ceux-ci consentent à n'être que dupes
Montesquieu, Esp. III, 5
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Dupe, bien que se rapportant à un nom ou à un pronom au pluriel, se met au singulier, quand il s'agit d'un seul et même moyen employé pour tromper. Nous fûmes la dupe de son stratagème.
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Il se met au pluriel quand il s'agit de duperies successives. Nous fûmes les dupes de ses stratagèmes.
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Faire des dupes, abuser de la confiance d'un certain nombre de personnes, les tromper, leur soustraire de l'argent, etc.
Si je vous rends dupe une fois, c'est pour vous empêcher d'en faire
IMBERT, Jaloux sans amour, III, 1
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Journée des dupes, le 11 novembre 1630, jour où Richelieu, que l'on croyait disgracié, reprit son autorité auprès du roi, et, par extension, tout événement qui tourne à la confusion de ceux qui comptaient sur le succès. C'est une journée des dupes.
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Être la dupe d'une affaire, d'un marché, n'y pas trouver son compte, y perdre.
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Fig.
Notre esprit est la dupe de notre cœur
Mme de Sévigné, 278Son cœur était souvent la dupe, plus souvent encore l'esclave de ses engagements
Hamilton, Gramm. 6- Et, dupe des méchants, la générositéOffre trop d'avantage à leur iniquité Lemercier, Frédég. et Bruneh. III, 1
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2Adj.
La suite fera voir que ces derniers ne seront pas les plus dupes
Pascal, Prov. 2- Allez, j'étais trop dupe, et je vais ne plus l'être Molière, Mis. V, 5
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3Dupe, sorte de jeu de cartes, appelé quelquefois jeu de Florentini.
Remarque
La Fontaine a fait dupe masculin. Du fil et du soufflet pourtant embarrassé, Un des dupes un jour alla trouver un sage, Fabl. IX, 8. Mais c'est une faute ; dupe, comme on verra à l'historique et à l'étymologie, est le nom féminin d'un oiseau ; et l'on ne peut pas plus dire un dupe qu'on ne pourrait dire un linotte pour un homme étourdi.
Étymologie
Berry, dube, la huppe. On a proposé l'allemand (de la Souabe) düppel, imbécile. Mais dupe est du féminin et a été le nom de la huppe, oiseau qui passe pour un des plus niais. De la sorte la huppe ou la duppe fut prise, dans le jargon ou argot du temps, pour une personne aisée à tromper, sens que pigeon a de nos jours. Chevallet a mis en lumière cette étymologie, qui est la véritable. Maintenant duppe ou dupe est-il une altération de huppe ? cela est possible, sans être certain.