durer v. n. (du-ré)
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1Être dur contre les causes de destruction, continuer d'être, persister à être. Les pyramides d'Égypte, si anciennes, durent encore.
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Fig.
- Quand on saura mon crime et que ta flamme dure Corneille, Cid, III, 4
- Dure à jamais le mal, s'il y faut ce remède ! Corneille, Hor. I, 3
- Dure, dure à jamais l'esclavage de Rome ! Corneille, Cinna, III, 3
- Tant qu'il verra durer ces restes du parti Corneille, Pomp. II, 4
- Ni que des sentiments que j'aime à voir durer.... Corneille, Nicom. IV, 3
- Vous ne voyez donc pas qu'elle a peine à durer ? Corneille, Sertor. III, 4
- Et n'eût tout mon bonheur que deux jours à durer Corneille, ib. V, 5
La mémoire de Sem a toujours duré dans le peuple hébreu
Bossuet, Hist. I, 2
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Durer à quelqu'un, en parlant d'un sentiment, d'une idée, persister en lui.
- C'est le dernier remède ; et s'il y faut venir,Et que de mes malheurs cette pitié vous dure Corneille, Cid, III, 2
Si l'envie que vous avez de me connaître vous dure encore, venez
Scarron, Rom. com. 2e part. ch. 19- Ah ! méritez, mon fils, que cet amour vous dure Rotrou, Vencesl. I, 1
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Faire durer, prolonger.
On fera durer cette privation aussi longtemps qu'on voudra
Bossuet, Pass.
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2Ne pas s'user, ne pas dépérir facilement. Ce drap dure beaucoup.
Meubles faits de manière à durer longtemps
Fénelon, Tél. XI
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Il est bien neuf, il durera longtemps, se dit d'un niais qui n'a pas vu le monde.
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3Il se dit du temps qui se prolonge.
- Marcelle en ma faveur agit trop lentement,Et laisse trop durer cet ennuyeux moment Corneille, Théod. IV, 1
- Et nos jours criminels ne pourront plus durerQu'autant qu'à sa clémence il plaira l'endurer Corneille, Hor. V, 2
- Mes amis, l'hiver dure, et ma plus douce étudeEst de vous raconter les faits des temps passés Voltaire, Gertrude.
Puisse ce sentiment que je vous inspire aujourd'hui durer autant que ma vie, dit Corinne, ou du moins puisse ma vie ne pas durer plus que lui !
Mme de Staël, Corinne, V, 3
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4Sembler long.
Ce n'est qu'avec ceux que j'aime que les heures ne me durent pas
Guez de Balzac, liv. III, lett. 10Ce sont les seuls charmes.... qui sont capables d'évoquer la paix et de la faire voir encore à la terre après une si longue absence et qui lui dure si fort
Guez de Balzac, Disc. à la régente- Un moment loin de vous me durait une année Racine, Théb. II, 1
J'eus l'honneur de voir Mme de Maintenon, avec qui je fus une bonne partie d'une après-dînée, et elle me témoigna même que ce temps-là ne lui avait pas duré
Racine, Lett. à Boileau, 5Je sais que ce délai lui dure autant qu'à moi
J.-J. Rousseau, Hél. IV, 8
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Impersonnellement. Il me dure que vous soyez de retour.
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5En parlant des personnes, continuer à vivre.
- Il s'est fait admirer tant qu'ont duré ses frères Corneille, Hor. III, 6
Son fils ne dura guère
Bossuet, Hist. I, 7
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Fig. Se conserver dans ses dignités, dans son crédit, dans sa fortune, etc.
Il est aisé de durer, quand on s'accommode aux conjonctures
Massillon, Vérité de la religion.
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6Supporter, rester, vivre avec.
Et je ne puis Durer plus longuement à la peine où je suis
Régnier, Élég. IIQuelle sécheresse de conversation ! on n'y dure point, on n'y tient pas
Molière, Préc. 5Pensez-vous que je puisse durer à ses turlupinades perpétuelles ?
Molière, Critique, 1Il a tant bu que je ne pense point qu'on puisse durer contre lui
Molière, G. Dand. III, 12- Ne pouvant plus durer en tel tourment La Fontaine, Rich.
La petite vérole le prit avec une telle corruption qu'on ne pouvait durer dans la chambre
Mme de Sévigné, 128Il aimait Veret [un château], quand il n'était pas obligé d'y demeurer ; il ne peut plus y durer, parce qu'il n'ose en sortir
Mme de Sévigné, 343Elle était assise, elle ne peut durer au lit
Mme de Sévigné, Lett. 20 avril 1672Aurait-on pu durer huit jours chez vous avec un cœur droit et sincère ?
FÉNEL., Dial. des morts mod. 15Afin de faire vie qui dure
Mme de Sévigné, 506
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Ne pouvoir durer avec quelqu'un, ne pouvoir plus vivre avec lui.
Il faudrait une plus grande pénétration et une plus grande patience que la mienne pour pouvoir vous entendre et pour pouvoir durer avec vous
BARON, Homme à b. fort. I, 4Comme en revenant à nous, nous n'y trouvons que nous-mêmes, c'est-à-dire un cœur vide de vrais plaisirs, nous ne pouvons durer avec nous-mêmes
Massillon, Myst. Pentecôte.Un si aimable homme et une femme si merveilleuse ne duraient pas aisément ensemble
Saint-Simon, 66, 101Augicourt se contenta de dire qu'il l'avait bien servi [M. de Louvois], mais qu'il n'y avait plus moyen de durer avec lui
Saint-Simon, 134, 237
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Familièrement. Ne pouvoir durer en place, être agité, tourmenté.
Cette personne ne saurait durer en place
Mme de Sévigné, 507
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Ne pouvoir durer en sa peau, être agité, tourmenté par quelque désir.
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Ne pouvoir durer de froid, de chaud, au froid, au chaud, en être extrêmement incommodé.
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On dit, dans le même sens, faire feu qui dure.
- Buvez, mangez, dormez, et faisons feu qui dure Racine, Plaid. I, 1
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Durer se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
Étymologie
Provenç. et esp. durar ; ital. durare ; du latin durare, durer, durcir, de durus, dur.
Supplément
DURER. Ajoutez : - REM. Dans durer deux heures, durer n'est actif qu'en apparence ; il est neutre en réalité : Les deux heures que le dîner a duré, et non durées ; même remarque que pour coûter.