dégeler v. a. (dé-je-lé. La syllabe ge prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je dégèle ; je dégèlerai)
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1Faire fondre ce qui était gelé. Le vent du sud a dégelé la rivière.
Si l'on fait dégeler trop précipitamment des fruits, ils se pourrissent à l'instant
Buffon, Exp. sur les végét. 4e mém.
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2Familièrement, réchauffer.
Il fallut tous les fagots de la petite maison pour le dégeler
Hamilton, Gramm. 9
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Fig.
D'Antin obtint le gouvernement d'Orléanais ; il en fut si transporté qu'il s'écria qu'il était dégelé, que le sort était levé
Saint-Simon, 187, 243
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3V. n. La rivière dégèle.
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Impersonnellement. Il dégèle, le temps s'est mis au dégel. Il a dégelé cette nuit.
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Fig. et populairement, mourir. Le pauvre diable a dégelé cette nuit, est dégelé depuis hier ; par comparaison à un fruit gelé qui, se dégelant, se pourrit.
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4Se dégeler, v. réfl. Cesser d'être gelé. Les fontaines commencent à se dégeler.
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5En parlant d'une personne, se réchauffer.
Mon âge a de la froideur assez sans en chercher ailleurs ; à grand'peine puis-je dégeler au mois de juillet
Malherbe, Lexique, éd. L. Lalanne.
Remarque
Dégeler, pris neutralement et impersonnellement, ne se construit qu'avec l'auxiliaire avoir : il a dégelé cette nuit. Autrement il se construit avec l'auxiliaire avoir, quand on exprime l'action : ces pommes gelées ont dégelé sans se gâter ; avec l'auxiliaire être, quand on exprime l'état : ces pommes sont dégelées.
Étymologie
Dé.... préfixe, et geler ; bourguig. déjallai.