emblème s. m. (an-blê-m')
-
1Au sens propre, actuellement inusité, ouvrage de marqueterie, de mosaïque.
-
2Aujourd'hui, figure symbolique, avec une légende en forme de sentence. Des boucliers ornés d'emblèmes.
- Le Sphinx est son emblème et nous dit qu'il préfèreCe symbole du fourbe aux aigles de son père Voltaire, Triumv. II, 1
- Ces hommages publics, ces emblèmes, ces armes....Importunaient vos yeux où j'ai surpris des pleurs Casimir Delavigne, Paria, IV, 2
-
3Insigne. Les emblèmes de la royauté.
-
4Symbole. Le coq est l'emblème de la vigilance. Le vert est l'emblème de l'espérance.
- Que mes armes sans faste, emblème des douleurs.... Voltaire, Tancr. III, 1
Synonymes
EMBLÈME, DEVISE. L'un et l'autre est la représentation d'une vérité par un symbole sensible, accompagné d'une légende qui en exprime le sens. Ce qui distingue l'emblème de la devise, c'est que les paroles de l'emblème ont toutes seules un sens plein et achevé, ce qui n'est pas vrai des paroles de la devise qui ne s'entendent bien que lorsqu'elles sont jointes à la figure, BEAUZÉE. EMBLÈME, SYMBOLE., Selon Lafaye, le symbole et l'emblème diffèrent d'abord en ce que l'un est constant, primitif, traditionnel, d'une origine divine ou inconnue, et l'autre du choix ou de l'invention de quelqu'un qui l'imagine ou s'en sert à dessein en se fondant sur une liaison d'idées plus ou moins sensible. La religion a des symboles, les artistes ont des emblèmes. Le symbole est quelque chose de convenu, de généralement admis, l'emblème est le résultat d'une certaine œuvre et d'une création particulière. Le gouvernail, dit Marmontel, est le symbole de la navigation ; les poëtes et les peintres en ont fait l'emblème de l'administration d'un État.
Étymologie
Ἔμϐλεμα, marqueterie, de ἐμϐάλλειν, à mettre dans, de ἐν, et βάλλειν, jeter.
Supplément
EMBLÈME. Ajoutez : - REM. Ce mot est employé au féminin par Mme Cornuel dans la seule lettre d'elle qu'on ait conservée :