enfermer v. a. (an-fèr-mé)
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1Mettre en un lieu fermé. Enfermer quelqu'un dans sa chambre, un cheval à l'écurie. Il fut enfermé dans une forteresse.
Dans un même sépulcre enferme-nous tous deux
Voltaire, Scythes, IV, 6Sa femme se déshonora avec tant d'éclat, que le baron, de concert avec sa famille, la fit enfermer dans un couvent
Mme DE GENLIS, Veillées du chât. t. II, p. 375, dans POUGENS
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Fig. Enfermer le loup dans la bergerie, enfermer quelqu'un dans l'endroit même où il peut faire le plus de mal, et presque toujours lorsque l'on croit se garantir par là de tout inconvénient. Se dit aussi d'une plaie, d'un ulcère qu'on ferme, tout en laissant dans le corps des humeurs qui avaient pris leur cours par là.
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Absolument. Enfermer, mettre dans une prison, dans un cloître, dans un appartement qui sert de lieu de réclusion.
Il ignore qu'au même instant son oncle travaille à le faire enfermer
Diderot, Père de famille, II, 12Ô ces femmes ! voulez-vous donner de l'adresse à la plus ingénue, enfermez-la
Beaumarchais, Barbier, I, 4
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Il signifie aussi mettre dans une maison d'aliénés.
- Si l'effet suit la cause, il est à présumerQu'avant qu'il soit un mois, il faudra t'enfermer Thomas Corneille, Geôlier de soi-même, I, 5
- Elle est folle à tel point qu'on ne peut l'exprimer ;Travaillez au plus tôt à la faire enfermer Regnard, Ménechm. v, 3
- Mon procureur fera cette expédition ;C'est un homme admirable et qui par son adresseAurait fait enfermer les sept Sages de Grèce,S'il eût plaidé contre eux.... Gresset, Méchant, II, 3
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2Serrer. Enfermer le sucre, le pain, le vin.
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3Enfermer son chagrin, le contenir, ne pas s'y abandonner. Enfermer sa honte, la cacher.
- Dans la nuit du tombeau j'enfermerai ma honte Racine, Iphig. II, 1
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4Entourer, clore. Les coteaux qui enferment ce vallon retiré.
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Il se dit aussi de personnes qui en enveloppent une autre.
- Près d'être enfermé d'eux, sa fuite l'a sauvé Corneille, Hor. III, 6
- Le reste impatient, dans sa noble colère,Enferme la victime Corneille, Héracl. v, 7
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5Contenir, avoir en soi.
- Ce corps n'enferme point une âme si commune Corneille, Médée, III, 3
- Quand ce peuple insolent qu'enferme AlexandrieFit quitter au feu roi son trône et sa patrie Corneille, Pomp. I, 3
- En ce vase chétif tout Hercule est enclos,Je puis en une main enfermer ce héros Rotrou, Herc. mour. v, 2
Quand elle [l'histoire grecque] commence, celle du peuple de Dieu, à la prendre seulement depuis Abraham, enfermait déjà quinze siècles
Bossuet, Hist. I, 8- Son cœur n'enferme point une malice noire Racine, Brit. v, 3
[Dieu] qui fait même de ses serviteurs les maîtres du monde et de tout ce que le monde enferme
Massillon, Car. Lazare.
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6Supposer, contenir comme conséquence.
Je ne parle point du premier [objet] ; je traite particulièrement du second, et il enferme le troisième
Pascal, Pensées, I, art. 2Enfin toutes sortes d'hommes, excepté les Dominicains, entendent par le mot suffisant ce qui enferme tout le nécessaire
Pascal, Prov. IIOn peut bien dire des choses fausses en les croyant véritables ; mais la qualité de menteur enferme l'intention de mentir
Pascal, Prov. X
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7S'enfermer, v. réfl. Se mettre en un lieu fermé. S'enfermer dans un cloître.
J'irai m'enfermer dans des murs plus terribles pour moi que pour les femmes qui y sont gardées
Montesquieu, Lettr. pers. 155
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S'enfermer dans une place, s'établir, pour la défendre, dans une place qui va être assiégée.
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Fig.
- Ma flamme par Hector fut jadis allumée,Avec lui dans la tombe elle s'est enfermée Racine, Andr. III, 4
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8Fermer la porte sur soi pour s'isoler. Ils se sont enfermés deux heures.
- Cléopatre s'enferme en son appartement Corneille, Pomp. III, 1
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9S'impliquer.
Ces trois choses ne se séparent jamais et s'enferment l'une l'autre
Bossuet, Hist. II, 6
Étymologie
En 1, et fermer ; bourguig. enfromai.