enragé, ée part. passé. (an-ra-jé, jée)
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1Qui est affecté de la rage. Un chien enragé.
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Fig. Un chien enragé, un fort méchant homme.
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Populairement. Il a mangé de la vache enragée, c'est-à-dire il a beaucoup souffert de privations et de fatigues ; locution prise peut-être de ce que, disant : c'est de la vache, pour de la mauvaise viande, on aura dit de la vache enragée, pour de la très mauvaise viande.
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2Fig. Très irrité.
- ....Rustan est enragé de voirQue vous nous commandez avec tant de pouvoir MAIR., Solim. III, 2
Il a été enragé qu'on ne l'ait pas fait chef d'escadre
Mme de Sévigné, 177Le chevalier est bien enragé de n'être point brigadier
Mme de Sévigné, 256Ils sont enragés à force d'être devenus méchants
Mme de Sévigné, 326
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Être enragé contre quelqu'un, être très animé contre lui.
Toutes les dames de la cour étaient enragées contre elle
Mme de Sévigné, 419
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3Qui tient à une chose avec une sorte de rage.
Il faut être bien enragée pour aimer la vie autant qu'on fait
Mme de Sévigné, 140
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4Très violent, excessif, en parlant des personnes.
- Savez-vous sous quel joug cet hymen nous a mis ?De nos plus enragés et mortels ennemis Rotrou, Antig. II, 4
Bavard enragé, laissez-nous
BEAUMARCHAIS, Mar. de Figaro, I, 3
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Il se dit aussi des choses.
- Je suis du tout en proie à ma peine enragée Régnier, Dial.
- L'instinct enragé qui meut ses passionsNe mettra plus de borne à vos prétentions Rotrou, Vencesl. III, 7
Il fait une dépense enragée
Mme de Sévigné, 589Il a fait ici un temps enragé depuis trois jours : les arbres pleuvaient dans le parc, et les ardoises dans le jardin
Mme de Sévigné, Lett. 8 janvier 1676Maudit sonneur, qui fait un bruit enragé
La Bruyère, Théophr. 25
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Une musique enragée ou d'enragé, musique bruyante et discordante ; se dit aussi du tapage.
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5Substantivement. Un enragé, une enragée, une personne atteinte de la rage.
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Fig. Celui, celle qui se livre à des actions violentes ou folles.
- Tandis qu'Achillas même, épouvanté d'horreur,De ces quatre enragés admire la fureur Corneille, Pomp. II, 2
Comment ! ces enragés Gisent-ils déjà morts l'un par l'autre égorgés ?
Rotrou, Antig. I, 2- Sers-toi d'une enragée et d'une furieuse Rotrou, Herc. mour. II, 2
- Hé bien ! ne voilà pas mon enragé de maître ? Molière, l'Ét. v, 7
Mon maître est un vrai enragé, d'aller se présenter à un péril qui ne le cherche pas
Molière, Don Juan, III, 3- L'enragé qu'il était, né roi d'une provinceQu'il pouvait gouverner en bon et sage prince,S'en alla follement, et pensant être Dieu,Courir comme un bandit qui n'a ni feu ni lieu Boileau, Sat. VIII
Votre monsieur le marquis aime la musique et la danse comme un enragé
Dancourt, Opéra de village, sc. 2
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Crier comme un enragé, jeter les hauts cris.
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