Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

entêtement dans le Littré

1 article· 16 citations· rimes· synonymes

entêtement s. m. (an-tê-te-man)

  1. 1Action de se porter à la tête, d'affecter la tête. L'entêtement par des parfums.

  2. 2Fig. État d'un esprit, d'un cœur, d'une âme entêtée.

    • J'aime la poésie avec entêtement Molière, Fem. sav. III, 2
    • Une fausse gloire, un faux esprit de réforme, une fausse religion, un entêtement de parti, et les aveugles passions qui l'accompagnent Bossuet, Var. Avert. V, § 35
    • Ç'a été autrefois mon entêtement comme il est le vôtre ; mais il y a trois choses à considérer... La Bruyère, V
    • De là les entêtements en faveur des uns, de là les déchaînements bizarres contre les autres BOURDALOUE, Homél. sur l'aveugle-né, Domin. t. IV, p. 478
    • Un temps a été que les Latins étaient modernes, et alors ils se plaignaient de l'entêtement que l'on avait pour les Grecs qui étaient les anciens Fontenelle, Digr. anc. mod. Œuvr. t. IV, p. 196, dans POUGENS
    • Connaissant l'entêtement qu'il avait pour le nom d'érudition Hamilton, Gramm. 4
    • Les deux entêtements de cette dernière [dame] étaient la danse et la parure Hamilton, ib. 7
    • Elle commençait à revenir de l'entêtement qui l'avait séduite en sa faveur Hamilton, ib. 11
    • Tel est aujourd'hui l'entêtement du siècle, de s'y faire des plans de religion Massillon, Myst. Visit.
    • On ne revient guère de l'entêtement de la naissance Massillon, Av. Dispos.
    • La folle opiniâtreté que produit l'entêtement BAYLE, Lett. à Constant, 4 juill. 1697
    • Je n'ai pas l'entêtement des grandes alliances Marivaux, l'Épreuve, sc. 1
    • Il se dit de celui qui est un objet d'entêtement.

      • Si, à votre âge, vous êtes si vif et si impétueux, quel nom, Théobald, fallait-il vous donner dans votre jeunesse, et lorsque vous étiez la coqueluche et l'entêtement de certaines femmes ? La Bruyère, V
  3. 3Attachement excessif d'une personne à ses opinions. Rien n'égale l'entêtement de cette femme.

    • Outre que l'entêtement est partout vicieux, il ne laisse jamais le cœur dans une disposition paisible, parce qu'il est toujours impatient et violent Bourdaloue, Pensées, t. I, p. 380
    • Rien ne ressemble plus à la vive persuasion que le mauvais entêtement La Bruyère, XII
    • La faiblesse a mille fois plus d'inconvénients que l'entêtement Mme DE GENLIS, Ad. et Théod. t. I, lett. 26, p. 116, dans POUGENS

Étymologie

Entêter.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander