Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

entêter dans le Littré

1 article· 16 citations· rimes· synonymes· conjugaison

entêter v. a. (an-tê-té)

  1. 1Remplir la tête de vapeurs qui l'incommodent.

    • Les chèvrefeuilles ne m'entêtent point Mme de Sévigné, 144
    • Absolument. Le charbon en-tête.

  2. 2Fig. Porter à la tête des fumées d'orgueil, de vanité, etc. Sa grandeur l'en-tête.

    • Absolument. Les louanges entêtent.

  3. 3Prévenir d'une passion pour. Qui vous a entêté de cette personne ? Vous ne m'entêterez pas d'une pareille opinion.

    • Pourquoi m'avez-vous entêtée d'une chose que les gens qui m'estiment ne peuvent pas croire que je soutienne sérieusement ? Fontenelle, Mondes, 6e soir. P.
    • Lentulus s'était laissé entêter de je ne sais quelles prédictions qui promettaient, disait-on, l'empire à trois Cornelius VERTOT, Rév. rom. XII, p. 166
    • L'art d'entêter les hommes Lesage, Gil Blas, IX, 6
    • Si vous pouvez entêter cette fille jusqu'à l'obliger de vous épouser, vous serez à votre aise le reste de vos jours Lesage, Est. Gonzalez, ch. 4
    • L'archevêque Laud avait fait beaucoup de mal à Charles 1er en l'entêtant de la suprématie épiscopale Chateaubriand, Stuarts, 207
  4. 4Terme d'épinglier. Attacher la tête d'une épingle à la hanse, de manière qu'elle paraisse y avoir été soudée. Un ouvrier en-tête communément 8 à 9 milliers d'épingles en un jour.

  5. 5S'entêter, v. réfl. Prendre des préventions favorables et tenaces à l'égard de quelqu'un.

    • Écoutez, n'allez pas vous entêter de ce petit vilain-là La Fontaine, Coupe enchant. sc. 12
    • La dame s'était entêtée depuis peu du comédien Octave, premier acteur de la troupe du prince Lesage, Est. Gonzalez, ch. 26
    • Il se dit des choses comme des personnes.

      • Il n'est point à propos d'engager les filles dans des études dont elles pourraient s'entêter Fénelon, t. XVII, p. 4
      • Ne méprisez personne, ne vous entêtez de rien Mme de Maintenon, Lett. à Mme de Caylus, 1705, t. VI, p. 4, dans POUGENS
      • Quand les philosophes s'entêtent une fois d'un préjugé, ils sont plus incurables que le peuple même, parce qu'ils s'entêtent également et du préjugé et des fausses raisons dont ils le soutiennent Fontenelle, Oracl. I, 8
  6. 6Tenir fortement à sa volonté, à ses opinions. Il s'entête dans cette détermination.

    • Ce vice si commun de croire toujours une chose, parce qu'on l'a crue d'abord, ou de n'y acquiescer jamais, parce qu'on l'a une fois combattue ; de s'entêter qu'elle est, parce qu'on veut qu'elle soit ; de la contredire avec obstination, parce qu'on a intérêt qu'elle ne soit pas Bourdaloue, Carême, Sur la paix chrétienne

Étymologie

En 1, et tête ; provenç. entestar.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander