entre-choquer (s') v. réfl. (an-tre-cho-ké)
-
1Se choquer l'un l'autre. En courant ils se sont entrechoqués.
- Feront pions et chevaliersS'entre-choquer comme béliers Scarron, Virg. VI
On vit les cohortes s'entre-choquer
Bossuet, Hist. II, 9Les vagues qui s'entre-choquent dans une tempête
Fénelon, Tél. VIC'était un grand et terrible spectacle que de voir la mer couverte de trois cents galères prêtes à s'entre-choquer
Rollin, Hist. anc. Œuvres, t. IV. p. 61, dans POUGENS
-
2Se contredire, s'opposer l'un à l'autre. Ces deux hommes s'entre-choquent sans cesse.
Leurs hypothèses fragiles [des philosophes] s'entre-choquent librement ; leurs querelles ne peuvent avoir des conséquences pour l'État
D'HOLBACH, Essai. Préj. ch. 4, dans DUMARSAIS, Œuvres, t. VI
-
Avec ellipse du pronom personnel.
Quel envieux démon et quel charme assez fort Faisait entre-choquer deux volontés d'accord !
Corneille, la Suiv. v, 8
-
2V. a. Choquer des objets l'un contre l'autre.
Guerrier, il [le Germain] ne quitte jamais ses armes, et il les entrechoque lorsqu'une grave résolution est prise
DE LAVELEYE, Rev. des Deux-Mond. 1er août 1872, p. 516
Remarque
Gilbert l'a employé activement : Le bouchon saute en l'air ; Le vin brille, le verre entre-choque le verre, De tous les dons du ciel le vin est le plus cher, GILB. le Printemps. Lamartine l'a employé, activement aussi, au sens de pousser l'un contre l'autre. Ces emplois ne paraissent pas devoir être recommandés.
Étymologie
Entre, et choquer.