envelopper v. a. (an-ve-lo-pé)
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1Mettre autour d'une chose quelque objet qui la couvre. Envelopper des étoffes, des habits, des marchandises. S'envelopper la tête d'un linge, le corps d'un manteau.
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Il se dit de la chose qui enveloppe. La toile qui enveloppe ces marchandises.
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Par extension.
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Fig.
- Et vous ne deviez pas envelopper d'un crimeCe que votre victoire ajoute à votre estime Corneille, Nicom. II, 2
- Dans un coin du jardin sous un épais nuageJe l'enveloppe encor d'un sommeil assez doux Corneille, Tois. d'or, v, 6
- Et dans une embrassade on leur a, pour conclure,Fait vite envelopper toute la procédure Molière, Mis. IV, 1
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2Environner, entourer. Envelopper l'ennemi.
- César, de tant d'objets en même temps frappé,Le laisse entre les mains qui l'ont enveloppé Racine, Brit. v, 8
- Mais les prêtres bientôt nous ont enveloppés ;On nous a fait sortir Racine, Athal. II, 2
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3Prendre comme dans un filet.
Admirables sans doute pour envelopper une dupe
La Bruyère, IX.Je savais bien que vous aviez une manière particulière de raisonner, et d'envelopper si adroitement ceux à qui vous aviez affaire dans des arguments dont ils ne prévoyaient point la conclusion, que vous les ameniez où il vous plaisait
Fontenelle, Dial. III, Morts anc. et mod.
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4Comprendre dans. Envelopper quelqu'un dans une accusation.
Créon bannit médée, et ses ordres précis Dans son bannissement enveloppaient ses fils
Corneille, Médée, III, 2- Et m'envelopperait dans le juste courrouxQu'elle aurait pour le roi, qu'elle prendrait pour vous Corneille, Tois. d'or, IV, 1
- Dans sa ruine même il peut l'envelopper Corneille, Cinna, I, 1
Voulant perdre Poppée, il enveloppa dans sa ruine Valérius
PERROT D'ABLANCOURT, Tacite, Annales, dans RICHELET- Je veux dans mon exil n'envelopper que moi QUIN., Arm. II, 1
Pour l'envelopper dans sa perte
Bossuet, Hist. II, 1Une condition qui l'enveloppe dans la condamnation générale
Massillon, Car. Samar.
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5Obscurcir, voiler.
Tout à coup une noire tempête enveloppa le ciel
Fénelon, Tél. VI
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Par extension. Une nuit obscure enveloppe son esprit.
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6Cacher, déguiser, dissimuler. On a enveloppé cette vérité de fables ridicules.
L'allégorie que pouvaient envelopper ces absurdités est entièrement perdue
Raynal, Hist. phil. II, 12
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7V. n. Terme de chasse. Quand on est en défaut, on enveloppe avec des chiens au-dessus et au-dessous de l'endroit où le défaut a commencé.
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8S'envelopper, v. réfl. Mettre autour de soi quelque chose qui entoure. S'envelopper dans son manteau.
- Dans ce sac ridicule où Scapin s'enveloppe,Je ne reconnais plus l'auteur du Misanthrope Boileau, Art p. III
À peine la déesse eut achevé ce discours, qu'elle s'éleva dans les airs et s'enveloppa d'un nuage d'or et d'azur, où elle disparut
Fénelon, Tél. XXIV
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Fig.
- Un naturel bénin, doux, facile, arrêté,Qui, ne ressentant point en soi de grands obstacles,S'enveloppe et s'endort dans sa tranquillité Corneille, Imit. I, 25
S'il faut s'envelopper des ombres du mystère, C'est lorsqu'on craint surtout d'offenser la misère
Ducis, Abufar, I, 6
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S'obscurcir.
Une raison qui déjà s'enveloppe
Massillon, Car. Impén.
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Être compris, renfermé.
Tout cela s'enveloppe sous le nom de campagne
Pascal, dans COUSIN
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S'exprimer avec obscurité, avec ambages.
On leur reproche d'avoir provoqué les combats par une politesse insidieuse, de s'être enveloppés dans des discours indignes de la France
Raynal, Hist. phil. XVIII, 49
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7V. n. Ajoutez :
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On dit aussi, en termes de chasse, activement : envelopper un défaut.
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Étymologie
Bourguig. angliopai ; provenç. envelopar, envolopar, envolupar ; ital. inviluppare ; de in, et d'un radical qui se trouve dans l'ancien français voleper, anc. espagn. volopar, ital. viluppo (voy. DÉVELOPPER).