envi (à l') loc. adv. (an-vi)
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1À qui mieux mieux, en rivalité.
Ils servent à l'envi la passion d'un homme
Corneille, Cinna, III, 1Un noyau vint frapper Harpagème au visage, Il leur dit de n'y plus retourner davantage ; Eux sans daigner l'ouïr, et jetant à l'envi, Cet agaçant noyau de plusieurs fut suivi
La Fontaine, le Florentin, sc. 8Esther a triomphé des filles des Persans ; La nature et le ciel à l'envi l'ont ornée
Racine, Esth. III, 9Tout vous livre à l'envi le rebelle Hippolyte
Racine, Phèdre, II, 2Ils se haïssent, mais ils aiment l'État ; ce sont des amants jaloux qui servent à l'envi la même maîtresse
Voltaire, Princ. de Babylone, 8De là sur l'Hélicon deux partis opposés Règnent, et l'un par l'autre à l'envi déprisés....
GILBERT, Le 18e s.
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Il se dit aussi des choses qui semblent rivaliser.
Et qu'ensuite à l'envi mille autres hyménées....
Corneille, Sert. I, 2Et tandis qu'à l'envi leur amour se déploie....
Racine, Iphig. II, 1
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Il se dit même d'une seule personne qui rivalise comme avec elle-même.
La flotte qu'à l'envi favorisait Neptune
Corneille, Pomp. III, 1
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2Loc. prépos. À l'envi de, en rivalisant avec.
Toutefois mon cœur à l'envi de Chimène adore ce vainqueur
Corneille, Cid, v, 4Et ses yeux qui brillaient sous son front assuré Éclataient à l'envi de son armet doré
Tristan L'Hermite, M. de Chrispe, I, 3
Étymologie
Bourguig. anvi, involontairement ; wallon, evis', malgré soi ; namur. evis (s muette) ; provenç. a envis, malgré soi ; du latin invitus, qui paraît composé de in, privatif, et vitus, formation contracte de vicitus, rattaché au sanscrit vaç, vouloir. L'historique montre la série des sens : à l'envi, malgré la volonté de, puis en rivalité de, ce qui est une sorte de lutte contre la volonté de quelqu'un. La dérivation par invicem est impossible, tant à cause de l'accent qui est sur in, qu'à cause du sens primitif d'envi.