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un seul est le mot juste.

envoyer dans le Littré

1 article· 18 citations· rimes· synonymes· étymologie· traductions· conjugaison· prononciation (8)

envoyer v. a. (an-vo-ié ; plusieurs disent an-voi-ié)

  1. 1Mettre en voie, en chemin ; faire partir. Envoyer un courrier, un exprès. Ils se sont envoyé des présents.

    • Par extension. Envoyer quelqu'un aux honneurs, l'envoyer là où il trouvera des honneurs.

      • Prince que j'ai peine à quitter, à quelques honneurs qu'on m'envoie Corneille, Œdipe, III, 1
    • Envoyer à la mort, remettre quelqu'un à ceux qui doivent lui ôter la vie.

    • Fig. Envoyer à la mort, exposer à un péril mortel.

      • Prononcer mon nom serait m'envoyer à la mort Mme de Genlis, Théât. d'éduc. Zélie, v, 4
    • Fig. et familièrement. Envoyer promener, paître, coucher, c'est-à-dire renvoyer, congédier quelqu'un avec humeur, avec colère.

    • Envoyer quelqu'un au diable, à tous les diables, le repousser avec colère, avec impatience.

    • Envoyer dans l'autre monde, envoyer ad patres, faire mourir.

    • Absolument. J'enverrai ce soir chez lui.

  2. 2Faire porter. Envoyer une lettre, un ballot. Ils se sont envoyé un défi.

  3. 3Lancer. La lumière que le soleil nous envoie.

    • Terme de marine et de guerre. Envoyer un coup de canon. Envoyer une bordée. Il lui envoya un coup de fusil.

    • Par extension. Envoyer un coup de pied, un soufflet, donner un coup de pied, un soufflet.

    • Fig. Envoyer un mot piquant, adresser à quelqu'un un mot piquant.

  4. 4Envoyer se dit quelquefois familièrement pour jeter à bas, renverser. Il l'envoya d'un coup de pied au bas de l'escalier.

  5. 5Fig. Faire parvenir.

  6. 6Il se dit de ce que l'on attribue à une volonté divine. Dieu nous a envoyé de grandes tribulations.

    • Par extension, il se dit, dans le même sens, de la nature, du sort, etc.

      • N'ajoutons pas à tous les maux que la nature et la fortune peuvent nous envoyer la ridicule et inutile vanité de nous croire invulnérables Fontenelle, Bonh.
  7. 7Députer à une assemblée. Paris a envoyé un tel à l'assemblée.

    • On l'a envoyé en province, se dit d'un employé à qui on donne un emploi en province en échange d'un emploi qu'il occupait à l'administration centrale, à Paris.

  8. 8S'envoyer, v. réfl. Être envoyé. Les petits paquets s'envoient par la poste.

Remarque

1. Envoyer suivi d'un infinitif prend tantôt la préposition pour et tantôt ne la prend pas : j'envoyai mon fils au-devant de lui l'assurer.... ou pour l'assurer. Mais il faut dire d'une seule façon : j'envoyai mon fils au-devant de lui pour l'empêcher de venir. On pourra mettre l'infinitif sans préposition quand le régime d'envoyer, exprimé ou sous-entendu, fait lui-même l'action dont il s'agit : envoyer un commissionnaire demander ; envoyer faire des compliments ; envoyer dire. On mettra nécessairement pour si la personne envoyée ne fait pas expressément l'action. 2. Le futur régulier serait j'envoyerai ou j'envoierai ; une contraction ancienne, semblable à celle qui disait je lairrai au lieu de je laisserai, a prévalu, tandis que je lairrai est resté hors du bon usage. 3. On trouve dans Corneille envoyer des soupirs, pour les faire exhaler :

Étymologie

Norm. et Berry, envier ; bourguig. envié ; provenç. et espagn. enviar ; ital. inviare ; de in, en, et via, chemin (voy. VOIE).

Supplément

ENVOYER. - REM. Ajoutez : 4. Cette forme est évidemment incorrecte ; il faut l'envoya voir.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander