estropier v. a. (è-stro-pi-é)
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1Priver de l'usage d'un membre par coups ou blessures.
- Se faire estropier sur les pas des Césars Boileau, Sat. VIII
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Par extension, en parlant des maladies. Un rhumatisme l'a estropié.
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Fig.
Chose qui ne peut être révoquée sans estropier la puissance publique
Bossuet, Var. 10
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2Estropier un nom, les mots d'une langue, les défigurer en prononçant ou en écrivant.
Ils prennent par où ils peuvent les termes de l'art qu'ils attrapent, et ne manquent jamais de les estropier et de les mettre hors de place
Molière, Critique, sc. 6Le marquis : Tiens, ce que les Anglais ont de mieux, c'est qu'ils parlent français, encore ils l'estropient. - Le baron : Et nous l'estropions nous-mêmes pour la plupart
BOISSY, Français à Lond. sc. 1- Ribaudier en personneEstropiait alors un discours en latin Voltaire, 3 emper.
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Estropier une pensée, un passage, en altérer le sens, l'expression.
Va, va-t'en faire amende honorable au Parnasse D'avoir fait à tes vers estropier Horace
Molière, Fem. sav. III, 5Certains passages de Dictys de Crète que Scaliger avait estropiés
Voltaire, Goût.Voltaire dans ses derniers jours ne pouvait voir sans un véritable chagrin qu'on se permît ainsi d'estropier nos belles tragédies
Marmontel, Élém. littér. t. IX, p. 53, dans POUGENS
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Estropier un vers, en altérer la mesure.
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Estropier une sonate, une chanson, la jouer mal, la chanter mal.
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3Terme de peinture. Estropier une figure, n'en pas observer les proportions.
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4S'estropier, v. réfl.
Quoi ! ces dieux qui s'estropient les uns les autres
Fontenelle, Dial. Ésope, Homère.
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Fig.
Étymologie
Espagn. et portug. estropear ; ital. stroppiare, storpiare, estropier, stroppio, obstacle, empêchement. Origine inconnue. Diez propose par conjecture le latin ex-torpidare, rendre roide, engourdi. Muratori fait mention de turpis, laid. Tout cela est incertain. Estropier est récent et venu de l'italien.