excuser v. a. (èk-sku-zé)
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1Donner les raisons qui peuvent disculper quelqu'un d'une faute, d'un manquement.
Je ne vois pas comment on pourrait l'excuser [Dieu] de tromperie, si en effet ces idées [des objets extérieurs] étaient produites par d'autres causes que par des choses corporelles
Descartes, Médit. VI, 9- Je vous excusai fort sur votre intention Molière, Mis. III, 5
- Je ne m'étais chargé dans cette occasionQue d'excuser César d'une seule action Racine, Brit. I, 2
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Excuser une chose sur, la rejeter sur.
- Le monsieur sur la vue excuse ce défaut Régnier, Sat. x.
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Excuser à, suivi d'un nom de personne ou de chose personnifiée, excuser envers, auprès de.
Vous m'excuserez à lui si je ne lui écris, car le messager part
Malherbe, Lett. à Peiresc, 13 févr. 1611- Non, je te connais mieux, tu veux que je te prie,Et qu'ainsi mon pouvoir t'excuse à ta patrie Corneille, Hor. II, 5
Ne viens point m'excuser l'action de cette infidèle
Molière, B. gent. III, 9
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2Recevoir, admettre les raisons que quelqu'un allègue pour se disculper. Après l'avoir entendu, on ne peut s'empêcher de l'excuser.
Vous m'excuserez sur l'humaine faiblesse
Molière, Tart. III, 3
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3Excuser un juré, recevoir comme valables les motifs qui l'empêchent de siéger. Le président l'excusa comme malade.
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Se dit aussi dans les assemblées délibérantes pour les membres qui ne peuvent pas venir siéger.
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4Servir d'excuse, avec un nom de chose pour sujet.
- Rien n'excuse à présent votre cœur obstiné Voltaire, Orphel. v, 4
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5Pardonner, tolérer, par indulgence. Il faut excuser ce léger oubli.
- J'ai tant et si longtemps excusé tes excuses Régnier, Élég. II
- Je veux bien excuser son heureuse imprudence Racine, Iphig. IV, 10
- Excuse les transports de ce cœur offensé Voltaire, Zaïre, III, 7
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6Excuser quelqu'un de faire une chose, le dispenser de la faire. Il m'a invité à dîner, je l'ai prié de m'en excuser.
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Absolument. Être indulgent.
Le rat [de ville].... Va, vient, fait les honneurs, le priant d'excuser
André Chénier, Fable.
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Excusez-moi, vous m'excuserez, formules de civilité usitées quand on veut se dispenser de faire une chose, ou quand on contredit une personne pour laquelle on a de la déférence. Vous resterez avec nous ?- Excusez-moi, je ne le puis. Vous m'excuserez, si je ne vous accompagne pas plus loin.
- Monsieur, excusez-moi, je n'y puis rien comprendre Racine, Plaid. II, 2
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Absolument. Excusez.
- Ah ! seigneur, excusez, si, vous connaissant mal.... Corneille, Nicom. I, 3
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Ironiquement. Excusez, excusez du peu, se dit pour exprimer son étonnement de l'outre-cuidance, de l'impertinence, de l'avidité de quelqu'un, etc.
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7S'excuser, v. réfl. Présenter ses excuses, ses raisons pour se disculper.
Elle s'excusa sur ce qu'elle n'avait jamais vu le roi
Vaugelas, Q. C. liv. IV, dans RICHELET- Tu sais bien t'excuser, et n'admets point d'excusesPour les faiblesses du prochain Corneille, Imit. II, 3
- Mais si pour s'excuser il nomme sa complice.... Corneille, Cinna, III, 1
- Tout l'Érèbe entendit cette belle homicideS'excuser au berger qui ne daigna l'ouïr,Non plus qu'Ajax, Ulysse et Didon son perfide La Fontaine, Fabl. XII, 24
- Et vous vous excusez de m'avoir fait heureux ! Racine, Mithr. IV, 2
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S'excuser sur une personne ou une chose, rejeter la faute sur cette personne ou cette chose.
Vous excuserez-vous sur les suites inséparables d'une naissance illustre ?
Massillon, Carême, Mélange.
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8S'excuser de faire une chose, s'en dispenser.
Encore que les raisons pour lesquelles je l'avais prise [la résolution de publier un livre] fussent très fortes, mon inclination, qui m'a toujours fait haïr le métier de faire des livres, m'en fit incontinent trouver assez d'autres pour m'en excuser
Descartes, Méth. VI, 1On dit que M. le prince s'est excusé de servir cette campagne ; je trouve qu'il fait fort bien
Mme de Sévigné, Lett. du 26 févr. 1676Lorsque Mendose le voulut mener chez elle, il trouvait toujours quelque prétexte pour s'en excuser
Lesage, Diab. boit. 13
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Absolument.
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9Être excusé.
- Une telle action ne saurait s'excuser Molière, Mis. I, 1
Étymologie
Provenç. escusar ; espagn. excusar ; ital. scusare ; du latin excusare. Il faut revenir sur l'étymologie donnée à accuser : excuser, accuser, c'est tirer de cause, mettre en cause ; causa paraît donc bien être dans le mot. Mais, d'autre part, causa se rattache à cudere, frapper, pousser, dont le fréquentatif cusare est admis par les étymologistes latins comme radical de accusare et excusare ; causa se rapportant, pour la forme, à cudere, comme clausa à cludere, et, pour le sens, signifiant ce qui pousse, et figurément affaire juridique.