Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

fable dans le Littré

1 article· 28 citations· rimes· synonymes

fable s. f. (fa-bl')

  1. 1Ce que l'on dit, ce que l'on raconte. Inusité en ce sens, qui est le propre.

  2. 2Sujet de malins récits.

    • La science... Sert au peuple de fable, aux plus grands de risée Régnier, Sat. III
    • Il me laisse au milieu d'une terre étrangère,La fable de son peuple et la haine du mien Corneille, Médée, I, 5
    • Gardez-vous de l'homme malicieux, qui est toujours appliqué à faire le mal, de peur qu'il ne vous rende pour jamais la fable du monde Saci, Bible, Ecclésiastique, II, 35
    • Nous allons servir de fable et de risée à tout le monde Molière, Préc. sc. 19
    • Un prince sera la fable de toute l'Europe et n'en saura rien Pascal, Am.-propre, 1
    • Suis-je, sans le savoir, la fable de l'armée ? Racine, Iph. II, 7
    • Je ne prétends pas qu'une patience ridicule me rende la fable de la ville Hamilton, Gramm. 8
    • Par vous la piété devient la fable du monde, le jouet des impies Massillon, Carême, Injust.
  3. 3Récit imaginaire, c'est-à-dire d'imagination.

    • Non plus que si nos peines Étaient fables du peuple inutiles et vaines Régnier, Sat. IV
    • Et si l'enfer est fable au centre de la terre,Il est vrai dans mon sein Malherbe, V, 21
    • Après y avoir bien pensé, il m'a semblé que cela sent extrêmement sa fable et qu'il n'est pas possible qu'il y ait au monde un homme si petit ni si galant Voiture, Lett. 28
    • En une saison où l'histoire est si brouillée, j'ai cru que je vous pouvais envoyer des fables, et qu'en un lieu où vous ne songez qu'à vous délasser l'esprit, vous pourriez accorder à l'entretien d'Amadis quelques-unes de ces heures que vous donnez aux gentilshommes de votre province Voiture, Lett. 3
    • Tu ne trouveras plus ici, Alexandre, de fables ridicules à conter pour te vanter d'être le fils de Jupiter Fénelon, t. XIX, p. 238
  4. 4Récits mythologiques relatifs au polythéisme. Les dieux de la Fable.

    • En ce sens il s'écrit avec majuscule, et ne se dit qu'au singulier.

    • Il se dit aussi au singulier sans majuscule et au pluriel, pour exprimer tout récit ayant un caractère mythologique quelconque.

  5. 5Terme de poésie épique et dramatique. La suite des faits qui forment une pièce dramatique ou épique, en tant qu'elle est un travail d'imagination.

  6. 6Petit récit qui cache une moralité sous le voile d'une fiction et dans lequel d'ordinaire les animaux sont les personnages.

    • L'apologue est composé de deux parties, dont on peut appeler l'une le corps, l'autre l'âme ; le corps est la fable ; l'âme, la moralité La Fontaine, Fabl. Préface
    • Aristote n'admet dans la fable que les animaux La Fontaine, ib.
    • Les fables ne sont pas ce qu'elles semblent être ; Le plus simple animal nous y tient lieu de maître La Fontaine, ib. VI, 1
    • On doute que les fables d'Ésope, telles que nous les avons, soient toutes de lui, du moins pour l'expression ; on en attribue une grande partie à Planude, qui a écrit sa vie, et qui vivait dans le XIVe siècle Rollin, Hist. anc. Œuv. t. II, p. 626, dans POUGENS
    • Dans la plupart de ses fables il [la Fontaine] est infiniment au-dessus de tous ceux qui ont écrit avant et après lui, en quelque langue que ce puisse être Voltaire, Louis XIV, Écrivains.
  7. 7Mensonge, chose controuvée.

Remarque

Il est probable qu'au commencement du XVIIe siècle beaucoup prononçaient fâble ; car on fait un reproche de mettre à la rime périssable et fable. Au reste, aujourd'hui aussi, quelques personnes prononcent fâble.

Étymologie

Bourguign. faule ; wallon, fâve ; du lat. fabula, récit, fable, de fari, parler ; grec, φάναι,r dire, parler.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander