Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

faubourg dans le Littré

1 article· 6 citations· rimes· synonymes

faubourg s. m. (fô-bour ; le g ne se prononce jamais : un fô-bour étendu ; Chifflet, Gramm. p. 213, le remarque aussi pour le XVIIe siècle ; au pluriel, l's ne se lie pas : des fô-bour étendus ; cependant quelques-uns la lient : des fô-bour-z étendus)

  1. 1Quartier d'une ville situé en dehors de son enceinte.

    • Tout est en feu jusque sur les bords de la rivière d'Oise ; nous pouvons voir de nos faubourgs la fumée des villages qu'ils [les ennemis] nous brûlent Voiture, Lett. 74
    • La ville et les faubourgs, tout le monde.

    • Assembler la ville et les faubourgs, exciter un grand concours de monde.

    • Fig. Le dehors.

      • Il [Lassay] n'y fut [à la cour] jamais que des faubourgs Saint-Simon, 33, 132
  2. 2Dans certaines grandes villes, quartier qui primitivement était un des faubourgs. À Paris, le faubourg Saint-Antoine, le faubourg Saint-Germain.

    • Il entra [à Paris] par le faubourg Saint-Marceau et crut être dans le plus vilain village de la Westphalie Voltaire, Candide, 22
    • Ces faubourgs aujourd'hui si pompeux et si grands, Que la main de la paix tient ouverts en tous temps, D'une immense cité superbes avenues, Où nos palais dorés se perdent dans les nues, Étaient de longs hameaux de remparts entourés, Par un fossé profond de Paris séparés Voltaire, Henr. VI
    • Autrefois à Paris, quand on disait le faubourg, cela voulait dire le faubourg Saint-Germain. Aujourd'hui le faubourg Saint-Germain se nomme quelquefois le noble faubourg, parce que beaucoup de familles appartenant à la noblesse y ont des hôtels.

    • Dans Mme de Sévigné, le faubourg est ordinairement le faubourg Saint-Jacques, où se retiraient les gens dans la dévotion, les jansénistes, etc.

  3. 3La population des faubourgs de Paris. Soulever les faubourgs.

  4. 3Fig. Préliminaire, préparation.

    • Ceux qui ne sont pas encore arrivés à la sagesse, mais sont logés aux faubourgs Malherbe, Lexique, éd. L. Lalanne.

Étymologie

Picard, forbou, forbourg ; bourguig. faubor ; wallon, fâborg ; bas-lat. foris burgum ; de foris, hors, et burgus, bourg. Cette étymologie est certaine pour toutes les formes où l'r se trouve : forborc, horsborc, forbou, etc. Mais faut-il aussi y rattacher fauxbourg, faubourg, fâborg ? Si on considère ces textes, on voit que fauxbourg est relativement récent ; et dans le bas-latin même, du Cange ne cite falsus burgus que dans une pièce de 1380 ; sans doute on peut concevoir que des fors-bourgs aient été aussi appelés des faux bourgs, des bourgs faux ; cependant, tant qu'on n'aura pas apporté des textes anciens qui donnent faux bourgs, il vaudra mieux croire que faubourg est une altération de forbourg, prononcé fôbourg (le parler vulgaire ayant quelquefois supprimé l'r), puis finalement pris pour faux bourg.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander