1fin s. f. (fin)
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1Celle des deux extrémités où une chose cesse d'exister, en parlant soit de l'espace, soit de la durée. L'espace n'a ni commencement ni fin.
- Je hais les pièces d'éloquenceHors de leur place et qui n'ont point de fin La Fontaine, Fabl. IX, 5
- Et vos ravissements ne prendraient point de fin Molière, Tart. I, 6
- Votre malheur par là trouve une heureuse fin Thomas Corneille, Ariane, III, 3
Toutes les choses de ce monde prennent fin
Mme de Sévigné, 265Vous n'en trouverez pas sitôt la fin
Mme de Sévigné, 407La censure tire à sa fin
Bossuet, Lett. quiét. 71- Le ciel sembla promettre une fin à ma peine Racine, Bérén. I, 4
Quoique Arsinoé fût plus âgée que Ptolémée, et trop vieille, quand il l'épousa, pour avoir des enfants, il l'aima tendrement et constamment jusqu'à la fin
Rollin, Hist. anc. Œuv. t. VII, p. 454, dans POUGENSAvant la fin de la journée, Ils [les œufs] montaient à plus d'un cent
La Fontaine, Fabl. VIII, 6Je suis l'homme qui accoucha d'un œuf ; il en avait pondu cent avant la fin de la journée
Voltaire, Lett. Caperonier, 1er juin 1768On sait, on croit du moins que cette princesse aimait la paix, au moins sur la fin de ses jours
D'Alembert, Lett. au roi de Prusse, 15 déc. 1780L'autorité de la Grande-Bretagne sur l'Amérique doit tôt ou tard avoir une fin, ainsi le veut la nature, la nécessité et le temps
Raynal, Hist. phil. XVIII, 44
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Les fins de lune, les époques mensuelles où la lune n'est plus visible.
J'observerai ce régime à toutes les fins des lunes
Mme de Sévigné, 378
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Mettre fin à, faire cesser.
- Attendant qui des deux mettra fin à ma peine Régnier, Élég. I
Pour mettre fin aux désordres
Bossuet, Hist. 1, 9Le carnage fut horrible et dans le camp et hors du camp et sur les vaisseaux ; la nuit seule y mit fin
Rollin, Hist. anc. Œuv. t. v, p. 208, dans POUGENS
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Mettre à fin, achever, accomplir.
Amadis de Gaule, sous le titre de damoisel de la mer, mit à fin ses plus belles aventures
Voiture, Lett. 46Un homme qui.... sait mettre noblement à fin les aventures les plus difficiles
Molière, Pourc. I, 4- Pourras-tu mettre à fin ce que je me propose ? Molière, l'Ét. I, 10
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Faire une fin, se fixer, et, en particulier, se marier.
Mlle de Lutzbourg, n'ayant rien vaillant que beaucoup d'esprit et d'adresse, voulut faire une fin comme les cochers, et fit si bien qu'elle l'épousa [des Alleurs]
Saint-Simon, 50, 94Il faut faire une fin, monsieur : je vais me rendre mari d'une certaine Lisette
Regnard, Attendez-moi sous l'orme, sc. 1- Mais après cinquante ans on est bien aise enfinDe vivre un peu tranquille ; il faut faire une fin COLLIN D'HARLEV., Optimiste, v, 2
- Et pour faire une fin je me fais procureur LEGRAND, Famille extravag, sc. dern.
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Familièrement. N'avoir ni fin ni cesse, ne pas cesser, ne pas finir. C'est un travail qui n'a ni fin ni cesse.
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Terme de musique. Fin se met ordinairement à la fin d'une reprise dans un morceau, pour indiquer qu'après avoir recommencé les reprises, comme il est indiqué, on doit finir le morceau à ce mot. Souvent, au lieu de fin, on met en italien fine.
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2Mort.
Au jour de sa transfiguration, il [Jésus] s'entretient de la fin tragique qu'il devait faire à Jérusalem
Bossuet, Serm. I, Quinq. 2- Par cette fin terrible et due à ses forfaits.... Racine, Athal. v, 8
Aussitôt que ce roi eut fait une fin digne de ses crimes
Fénelon, Tél. VIIITelle fut la fin de Socrate, la première année de la XCVe olympiade, et la soixante et dixième de son âge
Rollin, Hist. anc. Œuv. t. IV, p. 441, dans POUGENSSi vous renvoyez votre conversion à la fin, non-seulement vous ne pourrez plus le chercher [Jésus-Christ], mais quand vous le pourriez....
Massillon, Car. Impén. fin.Malheureusement pour eux ce monarque imprudent [Sébastien] eut une fin funeste
Raynal, Hist. phil. IX, 3
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Telle vie, telle fin, veut dire que les méchants finissent mal.
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Faire une bonne fin, une belle fin, mourir dans des sentiments de piété et de repentir.
M. de Saint-Hilaire a fait une très belle fin
Mme de Maintenon, Lett. d'Aubigné, 10 oct. 1685
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Fig.
Jamais je ne vis, en pareille matière, de vanité qui fit une bonne fin
Marivaux, Paysan parv. 1re part.
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Tirer à la fin, à sa fin, être près d'expirer.
Ses domestiques qui la voyaient tirer à sa fin
J.-J. Rousseau, Conf. II
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Fig.
Une mer pleine de monstres, des eaux croupissantes où la nature tirant à la fin venait comme rendre les abois
VAUGELAS, Q. C. 515
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Fin, au sens actif, extermination.
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Terme de chasse. Être sur ses fins, se dit du cerf las et près de se rendre, et aussi de la bête qui va mourir.
Lorsqu'on aperçoit les trappes tombées, on court aux fins de la bête ; un loup ou un renard, les reins à moitié cassés, montre aux chasseurs ses dents blanches
Chateaubriand, Amér. Chasse.
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Fig.
Une passion d'hiver est bien usée, et elle tire diantrement sur ses fins quand le mois de mars arrive
Dancourt, Retour des officiers, sc. 5
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3Ce qu'on se propose pour but, le terme d'une action.
- Pour obtenir nos fins, n'aspirons point si haut Rotrou, St Genest, V, 2
- À quelque heureuse fin que tendent ses projets,Jamais il ne fait bien au gré de ses sujets Rotrou, Vencesl. I, 1
Comment gagner les confidents d'amours.... Jusques au chien : tout y fait quand on aime ; Tout tend aux fins
La Fontaine, Mandr.Faites semblant de consentir à ce qu'il veut, vous en viendrez mieux à vos fins
Molière, l'Av. I, 7Ainsi l'on voit que, dans les ténèbres du monde, on les suit [les choses] par un aveuglement brutal, que l'on s'y attache, et qu'on en fait la dernière fin de ses désirs ; ce qu'on ne peut faire sans sacrilége, car il n'y a que Dieu qui doive être la dernière fin, comme lui seul est le vrai principe
Pascal, Lettre à Mme Périer, 1er avril 1648Elle [la Providence] se sert de nos opinions pour nous mener à ses fins
Mme de Sévigné, 456Ce qui est désiré pour l'amour de soi-même et à cause de sa propre bonté s'appelle fin
Bossuet, Connaiss. I, 18Ce n'est pas la fin qui sert au moyen, mais le moyen qui sert à la fin
Bourdaloue, 5e dim. après la Pentec. t. II, p. 461La plupart des hommes, pour arriver à leurs fins, sont plus capables d'un grand effort que d'une longue persévérance
La Bruyère, XIQuelle fin on doit se proposer en gouvernant les hommes
Fénelon, Tél. XXIVQue vous ne jouez ce nouveau personnage que pour aller plus sûrement à vos fins
Massillon, Carême, Resp. hum.Cette adresse avait son usage à plus d'une fin
J.-J. Rousseau, Ém. IIIl connaît les fins et les moyens
Buffon, Quadr. t. I, p. 3, dans POUGENSCombien d'œufs dont il ne sort point d'oiseau ! la nature est si riche qu'elle ne regarde point à ces petites pertes ; et ce qui ne sert pas pour une fin, sert pour l'autre
Bonnet, Consid. corps org. Œuv. t. v, p. 134, dans POUGENS.
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La fin justifie les moyens, se dit pour excuser des moyens coupables en considérant la bonté de la fin.
Il y a bien quelque chose à dire contre la délicatesse dans ce que vous me racontez là ; mais la fin de l'action en sanctifie les moyens, et je vous absous pour toutes celles de même nature
Voltaire, Dial. XXX
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Faire une chose à bonne fin, à mauvaise fin, la faire à bonne intention, à mauvaise intention.
C'est à bonne fin [que je le fais]
Bossuet, Lett. 253
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À ces fins, afin d'effectuer l'objet qu'on se propose.
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On dit, au singulier : à cette fin. Le peuple dit souvent à celle fin (celle pour icelle), que beaucoup dénaturent en à seule fin.
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À toute fin, pour servir en tout cas.
Je vous envoie à toute fin le procès-verbal
Bossuet, Lett. quiét. 486
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Un cheval à toute fin, un cheval de selle et d'attelage à la fois.
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N'étant à autre fin, se dit, dans les lettres des princes et ailleurs, pour exprimer qu'elles n'ont pas d'autre objet que celui qui y est énoncé.
Je pourrais finir ici ma lettre, n'étant à autre fin ; mais je veux vous demander....
Mme de Sévigné, 27 janvier 1687
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À telle fin que de raison (pour une fin telle que la raison indiquera), se dit, dans le style d'affaires, pour exprimer qu'on fait une chose sans savoir précisément à quoi elle servira, mais dans la prévision qu'elle pourra être utile. Faisons un état des lieux à telle fin que de raison.
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Dans le langage général, à telle fin que de raison, pour servir comme il conviendra, à tout événement.
Il me faut, de ce pas, aller faire mes plaintes au père et à la mère, et les rendre témoins, à telle fin que de raison, des sujets de chagrin et de ressentiment que leur fille me donne
Molière, G. Dand. I, 3Sauf à faire les choses à telle fin que de raison
Hamilton, Gramm. 10
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4Le but auquel un être tend par sa nature.
- Parlez au diable, employez la magie,Vous ne détournerez nul être de sa fin La Fontaine, Fabl. IX, 7
Il [l'homme] devient à lui-même son principe et sa fin
Fléchier, Serm. I, 99Pour peu qu'on examine la nature de l'homme, ses inclinations, sa fin, il est aisé de reconnaître qu'il n'est pas fait pour lui seul, mais pour la société
Rollin, Trait. des Ét. Disc. prél.Tout étant fait pour une fin, tout est nécessairement pour la meilleure fin
Voltaire, Candide, 1Vous avez très bien remarqué, madame, que la grande fin de l'homme est de réussir en société ; de bonne foi, est-ce par les sciences qu'on obtient ce succès ?
Voltaire, Jeannot et Colin.Il est, dans la nature, des fins que la raison ne saurait méconnaître ; mais c'est surtout dans la structure des animaux qu'on découvre le plus de fins particulières et frappantes
Bonnet, Contempl. nat. 3e part. ch. 28
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Il se dit aussi des choses.
Cette nation connut la vraie fin de la politique
Bossuet, Hist. III, 3Y eut-il jamais homme qui disposât mieux toutes choses à leur fin ?
Fléchier, Tur.Saint Paul nous dit en termes clairs et précis que Jésus-Christ était la fin de la loi
Rollin, Traité des Ét. 2e part. ch. 1, art. INous voudrions être la fin de toutes les voies et de tous les desseins de Dieu
Massillon, Myst. Soum.La fin est un effet qui a son principe
Bonnet, Essai analyt. âme, Œuvres, t. XIII, ch. 17, p. 256, dans POUGENS.
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5Terme de théologie. Les quatre fins de l'homme, la mort, le jugement, le paradis et l'enfer. Nicole a fait un traité des quatre fins de l'homme.
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6Terme de procédure. Fin et, plus souvent, fins désigne toute espèce de demande, prétention ou exception présentée au tribunal par les parties. Les conclusions des parties demandent qu'il plaise au tribunal adjuger les fins de la requête. Le prévenu demande à être renvoyé des fins de la plainte.
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Fin de non-recevoir, refus d'admettre une action judiciaire, en prétendant, par un motif pris en dehors de la demande elle-même et de son mal fondé, que celui qui veut l'intenter n'est pas recevable dans sa demande.
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Dans le langage général, fin de non-recevoir, refus pour des raisons extrinsèques. Répondre par des fins de non-recevoir. Opposer des fins de non-recevoir.
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Fin de non procéder, se dit de toute exception dilatoire, déclinatoire, etc.
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En matière criminelle, fins civiles, les demandes présentées par la partie civile et tendant seulement à une condamnation pécuniaire.
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7Terme de commerce et de banque. Fin courant, indique la fin du mois qui court, et fin prochain celle du mois prochain.
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On dit aussi : fin janvier, fin février, etc.
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8À la fin, loc. adv. Enfin, après tout.
Paissez, chères brebis, jouissez de la joie Que le ciel nous envoie ; à la fin sa clémence a pitié de mes pleurs
RACAN, Chant de bergers.- Sa présence à la fin pourrait être importune Racine, Athal II, 7
Je vous répéterai encore ce que j'ai mandé à M. le duc de Choiseul, c'est que la vérité est la fille du temps, et que son père doit la laisser aller à la fin dans le monde
Voltaire, Lett. Taulès, 21 mars 1768
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Familièrement. À la fin des fins, en fin finale, même sens que enfin.
- En fin finale, une certaine enflureLa contraignit d'allonger sa ceinture La Fontaine, Hermite.
À la fin des fins vous nous en direz quelque petit mot
Mme de Sévigné, 410
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9Sans fin, sans qu'il y ait de terme, de fin.
Vous ne savez que trop que rien n'échauffe tant la poitrine que d'écrire sans fin et sans cesse comme vous faites
Mme de Sévigné, 23 nov. 1688
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10En fin de compte, finalement.
Proverbes
La fin couronne l'œuvre
, c'est-à-dire, dans les entreprises, dans les affaires, on regarde le succès, et, s'il est bon, le reste est oublié. Cela se met aussi sur des ouvrages, sur des monuments, pour dire seulement : l'œuvre est finie. Qui veut la fin veut les moyens
, quand on veut une chose, il faut accepter les moyens ; on est responsable des moyens. En toute chose il faut considérer la fin
, il ne faut pas s'engager dans une affaire sans en prévoir l'issue.
Étymologie
Provenç. fin, fi ; espagn. fin ; portug. fim ; ital. fine ; du lat. finem.