Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

fléchir dans le Littré

1 article· 38 citations· rimes· synonymes· conjugaison

fléchir v. a. (flé-chir)

  1. 1Donner une inflexion, ployer. Fléchir la tige d'un arbre.

    • On ne doit pas être surpris que le cuivre jaune ou laiton soit quelquefois sensiblement attirable à l'aimant, surtout après avoir été frappé ou fléchi et tordu avec force Buffon, Min. t. VIII, p. 83, dans POUGENS
    • Donner une direction courbe.

      • Ils [les canards sauvages] fléchissent leur vol, et se lancent obliquement sur la surface de l'eau, qu'ils effleurent et sillonnent Buffon, Ois. t. XVII, p. 176, dans POUGENS
  2. 2Il se dit de l'action des muscles qui font faire aux membres une inflexion, un angle. Les muscles qui fléchissent le pied sur la jambe, la jambe sur la cuisse.

    • Fléchir le genou, s'agenouiller.

    • Fig. Fléchir le genou, se soumettre.

      • Tout fléchissait le genou et était rampant devant eux [Cambyse et Smerdis] Rollin, Hist. anc. Œuv. t. II, p. 471
    • Fléchir les genoux devant les idoles, adorer les idoles.

    • On dit en ce sens : Fléchir le genou devant Baal.

  3. 3Fig. Toucher, attendrir, faire céder.

  4. 4V. n. Avoir une courbure.

    • M. Edwards observe que le bec de cette barge fléchit en haut, comme celui de l'alouette, caractère dont la plupart des barges portent quelque légère trace Buffon, Ois. t. XIV, dans POUGENS
  5. 5Plier, céder sous la charge. Cette poutre fléchit. Cette barre de fer rompra plutôt que de fléchir.

    • Les pièces de cette porcelaine ont toujours en dessous trois ou quatre traces de supports, qui ont été mis pour l'empêcher de fléchir dans la cuisson Raynal, Hist. phil. t. III, liv. 5, ch. 27
  6. 6Fig. Se soumettre, céder.

  7. 7Se relâcher de sa sévérité ou de sa fermeté. C'est un homme doux et qui fléchit aisément.

  8. 8Diminuer, devenir moindre.

    • Depuis quarante ans qu'elle [une liaison] dure, je puis la citer pour exemple d'une amitié que ni les années ni les événements n'ont fait varier ni fléchir Marmontel, Mém. V
  9. 9Ne plus combattre avec la même vigueur, commencer à céder. L'aile droite commençait à fléchir.

  10. 10Se fléchir, v. réfl. Être ployé.

    • Tout genou se fléchit devant lui [Jésus-Christ] dans le ciel, sur la terre et dans les enfers Bossuet, Sermons, Ascens. Préambule.
    • Fig.

      • Comme si c'était à la règle à se fléchir pour convenir au sujet Pascal, Prov. 5
  11. 11S'accommoder à, se prêter à.

    • D'autres fois, moins sublime, mais non moins estimable, l'homme s'occupe des arts qui peuvent pourvoir à ses besoins ou augmenter ses commodités ; sa raison se fléchit à tout Bonnet, Contempl. IV, 7
  12. 12Être touché, apaisé.

Étymologie

Pic. flékir, provenç. flechir ; anc. ital. fiettere ; du latin flectere, d'après Diez, par le changement, rare en français, de ct en ch, et par le changement plus fréquent de la 3e conjugaison en 4e. Mais en même temps il faut admettre pour le français que flechissant (XIIe s.), flechissable et flechissement (XIIIe et XIVe s.) indiquent une dérivation non de la conjugaison latine en ire, car alors on aurait flechant, flechable, flechement, mais une forme allongée par iscere (flexisco, comme florisco, pour je fleuris, fleurissant, etc.). Il faut noter l'analogie de flectere avec falx, la faux.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander