Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

fonder dans le Littré

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fonder v. a. (fon-dé)

  1. 1Établir les fondements d'une construction. Fonder un quai sur pilotis. Ceux qui fondèrent l'abbaye du mont Saint-Michel sur un roc.

    • Fonder une ville, être le premier à la bâtir.

      • Elle [Didon] a fondé une superbe ville Fénelon, Tél. III
      • Crotone fut fondée par Myscellus, chef des Achéens, la troisième année de la XVIIe olympiade Rollin, Hist. anc. Œuvres, t. III, p. 474, dans LACURNE
    • Familièrement et par plaisanterie. Fonder sa cuisine, pourvoir à ce qui regarde la subsistance.

      • La religion chrétienne est partout incorporée à l'État ; et, depuis le pape jusqu'au dernier capucin, chacun fonde son trône ou sa cuisine sur elle Voltaire, Dial. XXVI, 3
  2. 2Fig. Faire le premier établissement d'une chose. Fonder une académie, une colonie, un ordre religieux.

  3. 3Fig. Avec un nom de chose pour sujet, servir comme de fondement. Cet ouvrage fonda la réputation de tel écrivain.

  4. 4Léguer, donner un fonds pour l'établissement d'une œuvre religieuse, charitable, littéraire. Fonder une église, un couvent, une chapelle.

    • Il y a bien de la différence d'être fondé par un saint ou par un roi Mme de Maintenon, Lett. à Mme de la Viefville, 18 juin 1707
    • Je suis comme des gens qui fondent des hôpitaux, mais qui ne s'y font point recevoir Voltaire, Lett. Richelieu, 16 janv. 1771
    • Homme éloquent et le premier [Balzac] qui fonda un prix d'éloquence Voltaire, Louis XIV, Écriv. Balzac.
    • Les rois ne laissèrent pas de bâtir de magnifiques églises, de fonder de riches évêchés, de repousser des ennemis puissants, de faire des conquêtes importantes Raynal, Hist. phil. IV, 17
  5. 5Fig. Établir d'une façon permanente.

    • Fondez votre repos en me faisant heureux Rotrou, Vencesl. III, 3
    • Voilà ce qui doit fonder votre tranquillité Mme de Sévigné, 422
    • Sforce jugea qu'une telle conjoncture valait mieux que des droits ; quand on n'en a point à faire valoir, c'est par l'épée qu'on les fonde Duclos, Hist. Louis XI, Œuv. t. II, p. 300, dans POUGENS
    • Les Romains n'oublièrent rien pour faire regarder ces concessions comme des grâces passagères qui ne fondaient point de droit VERTOT, Révol. rom. X, p. 23
    • Vous avez fondé notre bonheur pour la vie en me laissant faire Marivaux, Jeux de l'am. et du has. III, 4
  6. 6Justifier, donner la raison de. Voilà sur quoi il fonde son opinion. Cela est fondé en raison.

    • Je pourrais fonder ce prologue Sur gens de tous états.... La Fontaine, Fabl. VII, 14
  7. 7Terme de droit. Fonder quelqu'un de procuration, lui donner sa procuration.

  8. 8Se fonder, v. réfl. Être fondé, être assis sur des fondements. La digue de Cherbourg se fonda avec de très grandes difficultés.

    • Fig. Tant cet empire eut de peine à se fonder !

  9. 9Fig. Être appuyé sur.

  10. 10Prendre ses motifs, ses raisons.

    • Il se fonde ordinairement sur nos pères Pascal, Prov. 6
    • Je suis obligé d'avertir que nos mystiques se fondent principalement sur une opinion de l'école, qui met l'essence de la charité à aimer Dieu, comme on parle, sans retour sur soi, sans attention à son éternelle béatitude Bossuet, Ét. d'orais. III, 8
    • Le peuple, dans tous les temps et dans toutes les difficultés, ne se fonde que sur Moïse Bossuet, Hist. II, 3
    • Il se fonda sur les anciennes prophéties Bossuet, ib. 9
    • Voilà ce qui rend la conception de Marie non-seulement si glorieuse, mais si sainte, et sur quoi saint Augustin s'est fondé Bourdaloue, Myst. Concept. de la Vierge, t. II, p. 2

Étymologie

Provenç. fondar, fonzar ; espagn. fundar ; ital. fondare ; du latin fundare, de fundus, fond.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander