1force s. f. (for-s')
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1La propriété qui fait que le corps d'un homme ou d'un animal a une grande puissance d'action. Être doué d'une grande force de corps. Avoir de la force. Une force d'Hercule. Un cheval d'une grande force. Je n'ai pas la force de travailler.
Les deux extrémités [du muscle] ont plus de force, parce que l'une soutient le muscle, et que par l'autre, c'est-à-dire par le tendon, qui est aussi le plus fort, s'exerce immédiatement le mouvement
Bossuet, Connaiss. II, 2- Je ne me soutiens plus, ma force m'abandonne Racine, Phèdre, I, 3
- Réparez promptement votre force abattue Racine, ib.
- Il donnera la force à vos bras languissants Voltaire, Zaïre, IV, 1
La force des hommes n'est estimée que vingt-cinq livres et celle des chevaux de cent soixante et quinze
Voltaire, Dict. phil. Force physique.La force de tout animal a reçu son plus haut degré quand l'animal a pris toute sa croissance ; elle décroît quand les muscles ne reçoivent plus une nourriture égale
Voltaire, ib. Force.Des hommes qui avaient employé toute la force de leur corps, qui en avaient même abusé, s'il est possible d'en abuser autrement que par l'oisiveté et la débauche
Buffon, Hist. nat. hom. t. IV, p. 357, dans POUGENSHercule eut en partage la force à qui rien ne résiste ; Hélène, la beauté qui triomphe de la force même
Paul-Louis Courier, Éloge d'Hélène.
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De toute sa force, autant que l'on peut, aussi bien que l'on peut.
Criant de toute sa force
Bossuet, Hist. II, 8La Senantes était à sa toilette, qui se coiffait de toute sa force en faveur de Matta
Hamilton, Gram. 4
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À forces égales, à force égale, à égalité de force ou de forces, en supposant que des deux côtés les forces sont égales.
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Être de force à, être assez fort pour. Il est de force à lutter contre trois hommes.
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Par extension. Être assez habile pour, ou, ironiquement, assez niais pour, et, généralement, être capable de. Il est de force à vous convaincre. Il est bien de force à faire cette bévue.
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Tour de force, action qui demande beaucoup de force ou d'adresse ; et fig. solution heureuse d'une grande difficulté.
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Tour de force, dans les beaux-arts, se dit, en mauvaise part, des effets plus difficiles qu'agréables.
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N'avoir ni force ni vertu, être d'une complexion délicate ; et fig. n'être bon à rien, capable de rien. C'est le soleil de janvier, il n'a ni force ni vertu.
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Dans les métiers, manœuvres ou opérations de force, celles qui exigent des efforts considérables et des appareils puissants.
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Travaux de force, travaux qui exigent l'emploi des forces musculaires.
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Au plur. Les forces du corps. Ce malade sent ses forces augmenter. Il fait plus que ses forces ne permettent.
C'était [se retirer] la résolution qu'il avait prise dans sa dernière maladie ; et, plutôt que de voir languir les affaires avec lui, si ses forces ne lui revenaient, il se condamnait, en rendant les sceaux, à rentrer dans la vie privée
Bossuet, Letellier.Peu à peu ils [Mentor et Télémaque] reprirent leurs forces
Fénelon, Tél. VIIICéson tomba aussitôt sur lui, et, se prévalant de ses forces, lui donna tant de coups de poings et de pieds...
VERTOT, Révol. rom. IV, p. 309
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2La force de l'âge, l'époque de la vie où l'on a le plus de force.
Racine, dans la force de son âge, né avec un cœur tendre, un esprit flexible, une oreille harmonieuse, donnait à la langue française un charme qu'elle n'avait point eu jusqu'alors
Voltaire, Comm. Corn. Attila, préface.
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La force du tempérament, ce qui, dans le tempérament, rend l'individu capable de résister à de grandes fatigues, d'exécuter de grands travaux.
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Être dans toute sa force, avoir la plénitude de sa vigueur.
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Être dans toute sa force, se dit des affaires politiques, judiciaires ou autres qui sont au plus haut point du débat, et qui préoccupent l'attention publique.
L'affaire contre M. de la Chalotais, aussi odieuse et aussi absurde que celle d'Urbain Grandier, était dans toute sa force
Duclos, Voy. Ital. Œuv. t. VII, p. 5, dans POUGENS
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3Puissance, supériorité.
- Pour te récompenser, ma force est trop petite Corneille, Cid, IV, 3
Il leur a paru [aux libertins] que c'était une contrainte importune de reconnaître qu'il y eût au ciel une force supérieure qui gouvernât tous nos mouvements et châtiât nos actions déréglées avec une autorité souveraine
Bossuet, Sermons, 3e dim. après Pâq. préambule.Quelle force vous peut arracher des mains toutes-puissantes de Dieu, que vous irritez par vos crimes, et dont vous attirez sur vous les vengeances ?
Bossuet, IV, Vêture, 1Souvenez-vous comment Moïse, ce serviteur de Dieu, brisa autrefois la force d'Amalec
Massillon, Car. Motifs de conv.Le grand vizir crut que son expédition était assez heureuse.... s'il ne mettait pas des avantages certains au risque d'une nouvelle bataille, qu'après tout le désespoir pouvait gagner contre la force
Voltaire, Russie, II, 1Cette soumission [du roi de Prusse] n'a point encore rassuré Napoléon ; à sa force, il ajoute la feinte, les forteresses que, par pudeur, il laisse à Frédéric, sa défiance en convoite encore l'occupation
Ségur, Hist. de Nap. I, 2La force la plus forte C'est un cœur innocent
Victor Hugo, F. d'aut. 37
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Avoir force, avoir une influence active.
Son exemple aurait force, et ferait qu'à l'envi Tous voudraient imiter le chef qu'ils ont suivi
Corneille, Toison d'or, I, 2
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Ressources que procurent le bien, le crédit, le pouvoir, le talent, la position, etc. Ce personnage prend tous les jours une nouvelle force. Les forces d'un parti.
Je suis toujours étonné que vous ne sentiez pas votre force et que vous ne traitiez pas tous les polissons qui vous attaquent comme vous avez fait Aliboron
D'Alembert, Lett. à Voltaire, 4 août 1767
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Les forces humaines, ce que l'homme en général est en état de faire ou de supporter. Les forces humaines ne vont pas jusque-là. Cela est au-dessus des forces humaines.
Il [Davoust] s'écriait que des hommes de fer pouvaient seuls supporter de pareilles épreuves ; qu'il y avait impossibilité matérielle d'y résister ; que les forces humaines avaient des bornes, qu'elles étaient toutes dépassées
Ségur, Hist. de Napol. X, 6
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4Force se dit des États que l'on compare à un corps vivant.
Le royaume d'Israël reprenait ses forces
Bossuet, Hist. I, 6L'empire reprend quelque force sous Justinien
Bossuet, ib. III, 7Les grands hommes font la force d'un empire
Bossuet, III, 6- Dans sa force première Athènes se relève ;Ses braves sont armés de leurs longs javelots MILLEV., Élég. II
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Il se dit aussi de la puissance d'un peuple, d'un État, de ses ressources, de ce qui le rend florissant. Les forces comparées de la France et de l'Angleterre. La force militaire d'un empire.
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5La force d'une armée, ce qui la rend considérable, redoutable.
Vitellius avance avec sa force unie
Corneille, Othon, I, 3
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La force d'un régiment, d'un bataillon, le nombre effectif d'hommes qui s'y trouvent.
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La force d'une place de guerre, ses moyens de défense, ses fortifications, sa garnison.
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Être en force, être en état de se défendre ou d'attaquer. L'ennemi se montre en force sur notre flanc gauche.
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Au plur. Les forces, les troupes d'un État, d'un souverain.
- Je me vis en déroute avec toutes mes forces Corneille, Attila, I, 1
J'ai des forces assez pour tenir la campagne
Racine, Théb. I, 3Ses vœux tardifs n'étant pas exaucés, il envisage l'énormité de ses forces, il revient sur les souvenirs de Tilsitt et d'Erfurt, il accueille des renseignements inexacts sur le caractère de son rival
Ségur, Hist. de Nap. I, 5Alexandre et, sous lui, Barclay de Tolly, son ministre de la guerre, dirigeaient toutes ces forces ; elles étaient partagées en trois armées
Ségur, ib. IV, 1
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Terme de marine. Force ou forces navales, réunion indéterminée de bâtiments de guerre.
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La flotte d'un pays.
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Ligne de force, la ligne dans laquelle les plus forts vaisseaux sont placés en tête de la ligne, en tactique navale. La ligne de contre-force se forme, au contraire, en plaçant les plus forts vaisseaux à la queue de la ligne.
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6Supériorité physique de force ; pouvoir de contraindre. Repousser la force par la force. L'empire de la force. On a nommé la guerre le jeu de la force et du hasard. Force majeure, force à laquelle on ne peut résister. Cas, événement de force majeure. Céder à la force majeure. Il y eut force majeure.
- Parlez, la force en main et hors de leur atteinte Corneille, Nicom. I, 1
- Patience et longueur de tempsFont plus que force ni que rage La Fontaine, Fabl. II, 11
Je sais.... Que jamais par la force on n'entra dans un cœur
Molière, Mis. IV, 3À quoi la force doit-elle servir qu'à défendre la raison ?
Bossuet, Reine d'Angl.- La force tenait lieu de droit et d'équité Boileau, Art p. IV
- La force fonde, étend et maintient un empire SAURIN, Spart. III, 4
Enfin, sans toutes ces causes de haine, la position de la Prusse entre la France et la Russie obligeait Napoléon à y être le maître, il ne pouvait y régner que par la force ; il ne pouvait y être fort qu'en l'affaiblissant
Ségur, Hist. de Nap. I, 2Il est juste que l'homme ressente qu'il y a une force majeure à laquelle il faut céder
Bossuet, 2e serm. Purification, 2
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Force publique, réunion des forces individuelles organisées par la constitution pour maintenir les droits de tous et assurer l'exécution de la volonté générale.
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Force armée, corps de troupe requis pour faire exécuter la loi, ou les mesures des agents de l'autorité, lorsqu'il y a résistance. La force armée dissipa les attroupements.
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Force est demeurée à la loi, les magistrats chargés de l'exécution de la loi ont triomphé de ceux qui voulaient l'enfreindre.
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Agir de force, agir par la force.
- Voyez s'il faut agir de force ou d'industrie Corneille, Sophon. II, 2
- Il faut agir de force avec de tels esprits Corneille, Héracl. I, 1
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Force ouverte, l'emploi patent de la force.
- Oui, si sa cruauté s'obstine à votre perte,J'irai, pour l'empêcher, jusqu'à la force ouverte Corneille, Héracl. I, 4
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Faire force à, contraindre, contenir.
Et parce que la force qu'elle se faisait en cela était très grande et qu'elle ne pouvait la supporter plus longtemps....
D'URFÉ, Astrée, I, 1- Faites un peu de force à votre impatience Corneille, Pomp. v, 4
Venez, madame.... montrer.... La force qu'on vous fait pour me donner la main
Corneille, Sert. III, 3- Je veux bien néanmoins, pour te plaire une fois,Faire force à l'amour qui m'impose ses lois Molière, l'Ét. IV, 5
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7Violence. Employer la force. Céder à la force.
- .... Force n'a point de loi ;S'accommoder à tout est chose nécessaire La Fontaine, Fianç.
- J'essaierai tour à tour la force et la douceur Racine, Brit. III, 5
- C'est lui, seigneur, c'est lui dont la coupable audaceVeut la force à la main m'attacher à son sort Racine, Mithr. I, 2
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À la force ! signifie à la violence !
On enlève madame ; ami, secourez-nous ; à la force ! aux brigands ! au meurtre ! accourez tous
Corneille, la Veuve, III, 10Je sais qu'un vieux respect que la pudeur embrasse Veut qu'au seul nom d'amour nous fassions la grimace, Et que, lorsqu'un amant prétend nous en conter, Nous criions à la force avant que d'écouter
Thomas Corneille, le Berger extravag. IV, 3
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8Maison de force, maison où l'on enferme les gens de mauvaises mœurs qu'on veut corriger.
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La Force, une des prisons de Paris où l'on enfermait les prévenus ; elle est démolie.
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9Il est bien force, force m'est, force lui est de, il est nécessaire, indispensable.
....Sans pouvoir attendre le reste de son armée, ce lui fut force de hasarder la bataille
Malherbe, le XXXIIIe liv. de T. Live, ch. 8Pour ingrat que soit un homme, c'est force que l'objet excite sa mémoire, et qu'en dépit de lui, quand il voit le présent, il se ressouvienne de l'auteur
Malherbe, Traité des bienf. de Sénèque, I, 12- Mais il me fut bien force....Que ma discrétion expiât mon péché Régnier, Sat. VIII
Il m'a été force de manquer aux principales obligations de la vie civile
Guez de Balzac, liv. VII, lett. 31- Force lui fut de quitter la maison La Fontaine, Mazet.
Il est donc force, en toute façon, que le peuple croisse ; ainsi fait-il, ayant repos, biens et chevances
Paul-Louis Courier, Lett. VI
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10Aptitude à concevoir, à combiner, à réfléchir, à imaginer. Avoir une grande force de tête, de conception.
Craignez d'un vain plaisir les trompeuses amorces, Et consultez longtemps votre esprit et vos forces
Boileau, Art p. IÔ si l'esprit divin, esprit de force et de vérité, avait enrichi mon discours de ces images vives et naturelles qui représentent la vertu et qui la persuadent tout ensemble
Fléchier, Tur.
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Absolument. Ce penseur a de la force.
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La force de la mémoire, la ténacité de la mémoire. Il a une grande force de mémoire.
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11Habileté, talent, expérience qu'on a dans un art, dans un exercice, dans une science. Il est de première force sur le violon, au pistolet, aux échecs. Ces deux écoliers sont de la même force.
J'aurai la joie de pouvoir parler de vous avec l'honneur qui est dû à un homme de votre force
Bossuet, Projet de réunion des prot. Lettre IX
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Ironiquement. De même force, se dit de gens ou de choses qui ne valent pas mieux les unes que les autres.
- Venez, Pradon et Bonnecorse,Grands écrivains de même force,De vos vers recevoir le prix Boileau, Épigr. XVII
Tout ce que dit Diodore de Sicile, sept siècles après Hérodote, est de la même force dans tout ce qui regarde les antiquités et la physique
Voltaire, Dict. phil. Diodore et Hérodote.
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Ironiquement. Un fou de sa force, un homme aussi fou que lui.
Dorante, sais-tu bien qu'il n'y a point de fol aux Petites-maisons de ta force ?
Marivaux, Fausses confid. II, 3
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12Il se dit de l'énergie morale. Il lui manque la force d'âme.
L'entretien.... où, m'ayant ouvert votre cœur, j'y vis tant de résolution, de force et de générosité que vous achevâtes de gagner le mien
Voiture, Lett. 34Il [Pierre le Grand] a eu cette force dans l'âme, qui met un homme au-dessus des préjugés de tout ce qui l'environne et de tout ce qui l'a précédé
Voltaire, Russie, Anecdotes.Mais, me direz-vous, la force peut-elle se donner ? oui, sans doute, et plus facilement que toute autre vertu ; car elle ne tient qu'à l'habitude
Mme de Genlis, Ad. et Théod. t. I, lett. 16, p. 117, dans POUGENSLa véritable force, qui vient de la grandeur d'âme, est de savoir vaincre ses passions, et non de s'y livrer
Mme de Genlis, Théât. d'éduc. Ennemi génér. I, 5Dans ce désastre désormais irrémédiable, où il fallait à chacun toute sa force
Ségur, Hist. de Nap. IX, 12
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Avoir la force de, être assez ferme pour ; n'avoir pas la force de, n'être pas assez ferme pour.
Le roi n'a pas la force de lui rien refuser
MAINTEN., Lett. à Mme de St-Géran, 16 déc. 1697Je n'avais pas la force de reprendre l'autorité
Fénelon, Tél. XII- Je n'ai pu de ma main te conduire au supplice,Je n'en eus pas la force Voltaire, Orphel. II, 1
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13Il se dit de la puissance d'action et d'impulsion des agents physiques. La force de la poudre à canon. La force d'une machine à vapeur. La force d'un ressort. La force d'une chute d'eau.
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Impulsion qu'a reçue le corps lancé, poussé. La force d'un boulet de canon.
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On dit de même : la force d'un coup.
- De la force du coup pourtant il s'abattit La Fontaine, Fabl. VIII, 27
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Terme de marine. Faire force de rames, ramer à toutes forces.
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Faire force de voiles, augmenter la surface de la voilure déjà déployée pour donner plus de prise au vent, et, par là, plus de vitesse au navire.
Ruyter, se voyant en liberté d'agir parce que M. du Quesne ne l'occupait point, voulut décider de cette journée par la défaite de notre avant-garde ; il fit pour cela force de voiles pour nous envelopper, et courut jusques par mon travers,
Mém. de Villette, p. 23, dans JAL
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Fig. Faire force de voiles, faire tous ses efforts pour réussir en quelque affaire.
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Faire force de vent, forcer de voiles.
Comme la barque longue faisait force de vent sur nous, et que même elle nous le gagnait, nous crûmes que nous ne ferions que mieux de nous jeter à terre dans l'île de Rais
Retz, Mém. p. 312, éd. d'Amsterd. 1717, dans JAL
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14Impétuosité. La force de l'eau, du courant.
[Par l'obéissance] vous trouverez de la consistance au milieu de l'inconstance des choses humaines ; les flots n'auront point de force pour vous abattre, ni les abîmes pour vous engloutir
Bossuet, Panég. St Benoît, 2
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La force du pouls, le plus ou moins de force avec laquelle l'artère soulève le doigt qui la presse.
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Le cœur bat avec force, les pulsations en sont fortes et rapides.
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15Force se dit aussi de la puissance de résistance. La force d'une poutre, d'un drap, d'une toile.
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Terme d'architecture. Forces ou jambes de forces, pièces de bois qu'on met sur les tirants pour porter l'entrait et lui servir de jambes.
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Il se dit aussi des arcs-boutants et contre-forts en maçonnerie.
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16Terme de mécanique. Toute cause de mouvement. Force centripète. Force centrifuge. Deux forces appliquées en un même point. La résultante des forces.
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Force mouvante ou motrice, celle qui produit un mouvement.
S'il est bien prouvé que ce qu'on appelle force motrice est le produit de la simple vitesse par la masse, sera-t-il moins aisé de parvenir à connaître ce que c'est que cette force ?
Voltaire, Physique, Mesure des forces, II, 1
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Force morte, celle qui est actuellement neutralisée.
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Autrefois force vive, action de forces combinées avec leur vitesse comme dans le choc.
Quoiqu'il parût s'être renfermé dans l'astronomie, il se mêla de la célèbre question des forces vives ; il fut le premier de l'académie qui osât se déclarer contre M. Leibnitz
Fontenelle, Louville.Si la force n'est autre chose que le produit d'une masse par la vitesse, ce n'est donc précisément que le corps lui-même agissant ou prêt à agir avec vitesse
Voltaire, Physique, Mesure des forces, II, 2Cette querelle était une suite de celle qui divisa si longtemps les mathématiciens sur les forces vives et sur les forces mortes
Voltaire, Comment. hist. sur les œuvres de l'auteur de la Henriade
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Aujourd'hui force vive d'un corps, le produit de sa masse par le carré de sa vitesse.
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Fig. Les forces vives de la nation, la partie la plus vigoureuse et la plus saine de la nation.
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Force d'inertie, celle en vertu de laquelle un mobile tend à conserver l'impulsion reçue, et aussi la résistance qu'il oppose à ce qui doit le mettre en mouvement quand il est en repos.
Il faut considérer tout corps se mouvant dans une courbe comme mû par deux puissances, dont l'une est celle qui lui ferait parcourir des tangentes et qu'on nomme la force centrifuge ou plutôt la force d'inertie, d'inactivité, par laquelle un corps suit toujours une droite, s'il n'en est empêché ; et l'autre force qui retire les corps vers le centre, laquelle on nomme la force centripète, et qui est la véritable force
Voltaire, Newton, III, 4
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Fig. Force d'inertie, résistance passive qui consiste surtout à ne pas obéir. Ils opposèrent la force d'inertie aux mesures de l'autorité.
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17Au sens métaphysique, les forces, les substances qui sont causes ; ce qui est à la fois substance et cause des phénomènes. L'esprit est une force. L'âme, la monade sont des forces.
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18Forces de la nature, nom que l'on donne aux diverses propriétés de la matière telles que la gravitation, la chaleur, l'électricité, le magnétisme, l'affinité chimique, la vie.
L'on ne connaît les forces qui animent l'univers, que par le mouvement et par ses effets ; ce mot même de forces ne signifie rien de matériel, et n'indique rien de ce qui peut affecter nos organes, qui cependant sont nos seuls moyens de communication avec la nature
Buffon, Min. t. IX, p. 5, dans POUGENSLa force n'est autre chose que le principe des changements
Bonnet, Œuv. mél. t. XVIII, p. 86, note 5, dans POUGENSLeibnitz définit la force, le principe qui a en soi la raison suffisante de l'actualité de l'action
Bonnet, ib. p. 77
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Équivalence des forces, voy. ÉQUIVALENCE.
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19Par extension, en parlant des choses, intensité, énergie, efficacité. La force de la chaleur. La force d'un acide, d'un poison. Ce vin a beaucoup de force, c'est-à-dire il est très tonique. Cette eau-de-vie a beaucoup de force, c'est-à-dire elle est très spiritueuse.
Si ce charme a force contre nous
Régnier, Élég. IVCela est si vrai, qu'ayant fait cet hiver un effort pour en échapper avant ce terme, la force du charme me ramena de quarante lieues loin
Voiture, Lett. 34Que de ses mots savants les forces inconnues Transportent les rochers, font descendre les nues
Corneille, l'Illus. comique, I, 1- Le printemps par malheur était lors en sa force La Fontaine, Fiancée
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La force de la séve, l'abondance et la vigueur de la séve.
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Fig. et familièrement. C'est la force du bois, se dit quand quelque chose se fait par la seule impétuosité de la nature.
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Qualité du son appelée aussi intensité.
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20En parlant des choses intellectuelles et morales.
- Mais, au lieu de goûter ces grossières amorces,Sa vertu combattue a redoublé ses forces Corneille, Cinna, V, 3
- Je sais quelle est ta flamme et quelles sont ses forces Corneille, Pomp. V, 4
- L'esprit le mieux fondé n'a jamais trop de forces Corneille, Sert. II, 2
- Je tâche avec respect à vous faire connaîtreLes forces d'un amour que vous avez fait naître Corneille, Rod. IV, 3
- Il me faut essayer la force de mes pleurs Corneille, Poly. III, 2
Les lois de l'Église perdent leur force
Pascal, Prov. 6Saint Ascole, qui en était évêque [de Thessalonique], la défendit par la seule force de ses prières
Fléchier, Hist. de Théod. I, 78- Seconde mes soupirs, donne force à mes pleurs Racine, Théb. I, 6
- J'ai vu vos sentiments, j'en ai connu la force Voltaire, Tancr. I, 6
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La force du sang, mouvements secrets de la nature entre personnes unies par les liens du sang.
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21Il se dit du discours, du style, des expressions, pour signifier l'action puissante exercée sur l'esprit. La force du style.
La force de l'éloquence n'est pas seulement une suite de raisonnements justes et vigoureux, qui subsisteraient avec la sécheresse ; cette force demande de l'embonpoint, des images frappantes, des termes énergiques
Voltaire, Dict. phil. Force.On a dit que les sermons de Bourdaloue avaient plus de force, ceux de Massillon plus de grâce
Voltaire, ib.
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Dans la force, dans toute la force du mot, complétement, sans réserve.
- Êtes-vous voyageur dans la force du mot ? COLLIN D'HARLEV., Chât. en Esp. II, 4
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22Il se dit du raisonnement, des preuves pour exprimer l'action par laquelle ils s'imposent à l'esprit.
- J'en ai senti la force et connu l'équité Racine, Andr. II, 4
La force du raisonnement consiste dans une exposition claire des preuves exposées dans leur jour, et une conclusion juste
Voltaire, Dict. phil. Force.
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23La force d'un sujet, les qualités solides que renferme le sujet sur lequel on travaille.
Corneille, qui ne produisait ses beautés que quand il était animé par la force de son sujet
Voltaire, Comm. Corn. Rem. Hor.
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En un sens analogue, la force de la situation, en parlant d'une situation dramatique.
La force de la situation a fait apparemment passer tous ces défauts, qui aujourd'hui seraient relevés sévèrement dans une pièce nouvelle
Voltaire, Comm. Corn. Rem. Rodogune
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24Force se dit, en peinture et en sculpture, du caractère et de la vigueur manifestés dans les formes ; en parlant du coloris, de l'emploi intelligent de couleurs vigoureuses ; en parlant d'un tableau entier, de l'effet vigoureux que produit l'opposition habile des ombres et des lumières.
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25Ce qu'il y a de fort, de contraignant dans les choses, et quelquefois de nécessaire ou d'inévitable. La force des choses. La force de l'habitude. La force de l'évidence.
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La force de la vérité, le pouvoir que la vérité a sur l'esprit des hommes.
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Terme de législation. Force de chose jugée, autorité d'une décision administrative ou judiciaire rendue en dernier ressort, et contre laquelle il ne reste aucun moyen ordinaire de se pourvoir.
Combien de fois s'est-on plaint que les affaires n'avaient ni de règle ni de fin ; que la force des choses jugées n'était presque plus connue....
Bossuet, Letellier.
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Force de loi, autorité équivalente à celle d'une loi.
Il s'introduisit une coutume ayant force de loi en France, en Allemagne, en Angleterre, de faire grâce de la corde à tout criminel condamné qui savait lire ; tant un homme de cette érudition était nécessaire à l'État
Voltaire, Dict. phil. Clerc.Un long usage donne force de loi
Diderot, Opin. des anc. phil. Hobbisme
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26Il s'emploie pour exprimer une forte quantité.
Il faut mêler pour un guerrier à peu de myrte et peu de roses Force palme et force laurier
Malherbe, IV, 5Force gens croient être plaisants qui ne sont que ridicules
Guez de Balzac, liv. VI, lett. 4- Peu de jasmin d'Espagne et force serpolet La Fontaine, Fabl. IV, 4
- Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons,J'ai dévoré force moutons La Fontaine, Fabl. VII, 1
Je mets aussi sur la scène Des trompeurs, des scélérats, Des tyrans et des ingrats, Mainte imprudente pécore, Force sots, force flatteurs
La Fontaine, ib. IX, 1- Ainsi que force monde accourus d'aventure Molière, l'Ét. V, 14
- Voir cajoler sa femme et n'en témoigner rienSe pratique aujourd'hui par force gens de bien Molière, Sgan. 17
- La renommée n'en dit pas force bien Molière, D. Juan, III, 5
Voilà monsieur le marquis qui en dit force mal [de l'École des femmes]
Molière, Critique, 6
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27Nom que les mineurs de la Loire donnent à la mofette.
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28À force, loc. adv. Beaucoup, extrêmement. Travailler à force. Étudier à force.
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29À force de, loc. prép. Par beaucoup de.
- Auguste chaque jour, à force de bienfaits,Semble assez réparer les maux qu'il vous a faits Corneille, Cinna, I, 2
À force de se faire admirer, on deviendrait insupportable
MÉRÉ, dans BOUHOURS Nouv. rem.- À force de façons il assomme le monde Molière, Mis. II, 5
- À force de sagesse on peut être blâmable Molière, ib. I, 1
Il ne se conserve qu'à force de verser le sang
Fénelon, Tél. IIIÀ force de médecins et de saignées la maladie de Candide devint sérieuse
Voltaire, Candide, 22Il semble qu'à force de livres on est devenu ignorant
Voltaire, Lett. Mme du Deffant, 8 août 1770Il obligea à force de mérite le roi, qui ne l'aimait pas, à l'employer
Voltaire, Louis XIV, 9
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À force de bras, sans autre aide que les bras. Ils montèrent le canon à force de bras.
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À force de rames, en forçant de rames.
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À force de reins, par la force des reins.
Neptune frappait la terre et on en voyait sortir un cheval fougueux ; il ne marchait point, il sautait à force de reins
Fénelon, Tél. XVII
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On dit de même : à la force du poignet.
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30À toute force, loc. adv. Par toute sorte de moyens.
- Un pâtre, à ses brebis trouvant quelque mécompte,Voulut à toute force attraper le larron La Fontaine, Fabl. VI, 1
- Il veut à toute force être au nombre des sots La Fontaine, Coupe.
Il veut rentrer à toute force dans la conversation
Mme de Sévigné, 511Ils voulaient m'emmener à toute force
Mme de Sévigné, 577
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À toute extrémité.
- À toute force enfin elle se résolut La Fontaine, Fabl. IV, 22
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À tout prendre, absolument parlant. On pourrait à toute force lui accorder ce qu'il demande.
Il se pourrait à toute force que Pépin eût donné aux papes l'exarchat de Ravenne
Voltaire, Mœurs, 12N'est-ce pas que les Anglais ont besoin de la mer, dont les Français peuvent à toute force se passer ?
Voltaire, Louis XV, 35
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31De force, loc. adv. Avec effort. Faire entrer de force une chose dans une autre.
On attache les membres du martyr à deux arbres rapprochés de force
Chateaubriand, Mart. XVIII
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Par la contrainte. Il lui fit signer de force cet acte.
Il ne faut rien de force et cependant il ne faut rien de lenteur
Pascal, dans COUSIN- Et tâchons d'ébranler, de force ou d'industrie,Ce malheureux dessein qui nous a tous troublés Molière, Tart. IV, 2
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Prendre une ville de force, s'en emparer par une attaque.
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Prendre une femme de force, la violer.
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De gré ou de force, soit qu'on veuille ou qu'on ne veuille pas. Il faudra bien de gré ou de force qu'il paye le dommage.
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32Par force, à force ouverte, de vive force, loc. adv. En employant la force, la violence, par une violence manifeste.
- Il entre avec douceur, mais il règne par force Corneille, Hor. III, 4
- Contre un si grand rival j'agis à force ouverte Corneille, Nicom. III, 8
- Trop heureux si bientôt la faveur d'un divorceMe soulageait d'un joug qu'on m'imposa par force Racine, Brit. II, 2
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Malgré qu'on en ait.
Les Maures ont appris par force à vous connaître
Corneille, Cid, II, 7Et, vertueux par force, espèrent par envie ôter aux jeunes gens les plaisirs de la vie
Molière, l'Ét. I, 2
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Emporter une place de vive force, l'emporter par une attaque brusque.
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Fig. Attaquer de vive force les préjugés.
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24Ajoutez :
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En force, se dit d'une figure où la vigueur se manifeste.
Il [l'Amour, de Bouchardon] allonge sa main gauche, autant qu'il est possible à une figure debout, en force, et qui n'est, par conséquent, que médiocrement inclinée
J. DUMESNIL, Hist. des amat. français, I, 283
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33Force employé pour unité de force, cheval de vapeur.
On lit dans le Messager de Cronstadt... Cette machine, qui est de 1400 forces nominales, est le moteur le plus puissant....
Journ. offic. 10 oct. 1874, p. 6938, 2e col.On lit dans l'Invalide russe :....Par le peu de puissance de la machine du Pérovsky (40 forces seulement), qui rend ce vapeur peu propre à remonter un fleuve aussi rapide que l'Amou-Daria
Journ. offic. 11 oct. 1874, p. 6956, 1re col.
Étymologie
Provenç. forsa, forza ; espagn. fuerza ; portug. força ; ital. forza ; du bas-latin forcia, fortia, dérivé du latin fortis, fort. Ce qui empêche d'y voir le pluriel neutre fortia, c'est que les noms ainsi dérivés de pluriels neutres ont un sens collectif qui manque ici : biblia, bible, mirabilia, merveille, etc.