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un seul est le mot juste.

fraise dans le Littré

6 articles· 8 citations· rimes· synonymes

1fraise s. f. (frê-z')

  1. 1Fruit du fraisier.

    • Fraise en grappes, nom donné parfois au fruit de l'arbousier.

  2. 2Par extension, tache naturelle qui affecte la forme d'une fraise. Il a une fraise à la joue.

  3. 3C'est l'arbousier.

    • Arbre à fraises, l'arbutus unedo, BAILLON, Dict. de botan. p. 247

Étymologie

Wallon, fréve ; du latin fragum, fraise, par l'intermédiaire d'un type fragea.

2fraise s. f. (frê-z')

  1. Petit outil pour évaser l'entrée d'un trou percé dans du métal ou dans du bois, dit aussi frase.

    • Plaque fort mince pour fendre les roues des montres et des pendules.

    • Lime ronde d'horloger.

    • Roue dentée pour couper les métaux et même les bois.

Étymologie

Peut-être ainsi dit par comparaison de forme avec une fraise.

3fraise s. f. (frê-z')

  1. Terme de boucherie. Le mésentère du veau, de l'agneau. Manger de la fraise.

Étymologie

Wallon, frase ; namur. frâze ; Hainaut, frasse ; provenç. fresza ; bas-lat. frassa. Origine inconnue ; il est donc permis de conjecturer. Pourrait-on le rapprocher du bas-latin fractillum qui a signifié frange, et suppose une forme fractia, de même sens ? Alors la fraise serait dite ainsi par assimilation avec une frange.

4fraise s. f. (frê-z')

  1. 1Sorte de collet double et à godrons qu'on portait au seizième siècle et au commencement du dix-septième.

    • Il avait une fraise avec un chapeau pointu Hamilton, Gramm. 3
    • Mignard aurait peint les courtisans avec des fraises et des collets montés Fénelon, t. XXI, p. 283
    • Philippe d'Orléans [le régent] se plaisait quelquefois à mettre une fraise, et c'était alors Henri IV embelli Voltaire, Louis XV, 3
    • Fig.

      • Jamais clocher ne s'est trouvé avec une telle fraise [balustrade] Mme de Sévigné, 443
  2. 2Terme de chasse. La forme des pierrures de la tête d'un cerf.

  3. 3La fraise du dindon, la chair rouge qui lui pend sous le bec.

    • La fraise du dindon qui s'enfle et rougit dans certains moments d'amour ou de colère Buffon, Ois. t. XIII, p. 164, dans POUGENS
  4. 4Terme de fortification, tiré de la comparaison avec la fraise, collerette. Palissades plantées dans le talus extérieur du parapet et inclinées à l'horizon.

    • Garnir les endroits faibles avec des fraises, Campagne de Rocroy, dans RICHELET, au mot garnir
  5. 5Terme de construction. Pieux autour des piles des ponts pour servir de contre-garde.

Étymologie

Il est probable que c'est le même mot, par assimilation de forme, que fraise 3. Ce qui tend à confirmer cette étymologie, c'est que, au XVe siècle, le verbe est fraser (voy. FRAISER 1, à l'historique), conforme à frase du XIVe, fraise de veau. On l'a rapproché du bas-latin fresium, espagnol friso, freso, italien fregio, qui veulent dire frange, et on l'a tiré du latin phrygium, ouvrage de broderie, proprement ouvrage phrygien ; suivant Diez, ces mots, voulant dire proprement ce qui est bouclé, tiennent au germanique : frison, frisle, frisé ; anglais, frizle. Mais l'assimilation de fregium, fregio, avec fraise du français est très douteuse ; l'a étant dans le français frase, fraser, et l'e dans les autres.

5fraisé, ée part. passé (frè-zé, zée)

  1. 1Garni d'une fraise, d'une collerette.

    • L'homme ne se plaît pas d'être toujours fraisé Régnier, Sat. V
  2. 2Garni de palissades en fraise. Un bastion fraisé.

6fraisé, ée part. passé (frè-zé, zée)

  1. Pâte fraisée.

    • Chaux fraisée, chaux qu'on a humectée d'un peu d'eau jusqu'au point d'en pouvoir former des pelotes dans la main sans qu'elle s'y attache ; elle sert dans la savonnerie.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander